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Job 40
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Plan du commentaire biblique de Job 40

Chapitres 40 et 41 Second discours de l’Éternel

Voilà Job replacé dans l’attitude qui seule convient à l’homme vis-à-vis de Dieu. Maintenant l’Éternel peut insister plus outre et chercher à faire sentir à Job une seconde faute dans laquelle il est tombé, quand il a mis en doute la justice divine. Tel sera le sujet de son second discours. Après l’avoir humilié en lui demandant : Comprends-tu cet univers, toi qui prétends juger mes voies ? Il va lui proposer de gouverner le monde à sa place.

Plusieurs estiment que ce nouveau discours de Dieu s’arrêtait primitivement à Job 40.9 et que les deux longues descriptions, fort belles du, reste, qui suivent (hippopotame et crocodile), sont une adjonction postérieure. Nous ne le pensons pas ; ces deux tableaux ne sont point des hors d’œuvre : Toi qui es incapable de dompter ces animaux, comment réprimerais-tu le mal spirituel et ferais-tu régner la justice dans un monde où s’agitent de bien autres puissances que les monstres du Nil ?

1 L’Éternel adressa la parole à Job du milieu du tourbillon, et dit :
1 à 9 Premier morceau

Exposition du sujet spécial qu’il reste à traiter : la justice. C’est ici que, pour se justifier, Dieu, semble-t-il, aurait dû mettre Job au courant de la scène céleste. Mais non ! Il faut croire sans comprendre.

Voir Job 38.1.

2 Voyons, ceins tes reins comme un homme ; Je t’interrogerai, et tu m’instruiras.

Ibidem, Job 38.3.

3 Veux-tu donc anéantir mon droit, Me condamner pour te justifier !

Me condamner pour te justifier ? Toute solution qui sacrifie la justice de Dieu à celle d’un homme est fausse. Il en faut attendre une autre.

4 As-tu un bras pareil à celui de Dieu ? Peux-tu, comme lui, faire tonner ta voix ?

De l’idée de la justice, l’auteur passe à celle de la force : il ne suffit pas de connaître le bien, il faut encore être en état de le faire triompher sur le mal.

5 Orne-toi de majesté et de grandeur ; Revêts-toi de splendeur et de magnificence ! 6 Donne un libre cours aux accès de ta colère, Regarde tous les hautains et abaisse-les !

Regarde tous les hautains et abaisse-les ! D’un regard j’abaisse les orgueilleux ; fais-en autant !

7 Regarde tous les hautains, humilie-les ; Ecrase sur place les méchants. 8 Cache-les tous dans la poussière, Cache leurs visages dans l’obscurité.

Dans l’obscurité : des enfers.

9 Alors, moi aussi, je te louerai De ce que ta droite te procure du secours.

Alors, moi aussi, je te louerai : si je te vois étendre ton sage empire sur les vivants et sur les morts.

10 Voici l’hippopotame, que j’ai fait en même temps que toi ; Il mange de l’herbe comme le bœuf.
10 à 19 L’hippopotame

Voici l’hippopotame. D’après ce qui suit, c’est bien ainsi, et non par éléphant, qu’il faut rendre le mot hébreu behémoth, pluriel intensif de behéma : bétail : l’animal colossal. Mais en même temps, le mot de behémoth ressemble au nom égyptien de l’hippopotame : P-éhé-moû : le bœuf d’eau, en italien bomarino.

Que j’ai fait en même temps que toi. Il n’est pas le représentant d’une autre création que celle à laquelle tu dois toi-même la vie. D’autres entendent : que j’ai fait pour vivre à tes côtés, et non pas au fond des déserts ou sur des monts inaccessibles ; ou bien encore : que j’ai fait aussi bien que toi.

Il mange de l’herbe (versets 14 et 15), bien que vivant dans l’eau. Il n’est pas carnassier, et cependant qu’il est redoutable !

11 Voici, sa force est dans ses reins, Sa vigueur dans les muscles de son ventre.

Voici, sa force est dans ses reins. Il peut faire chavirer les barques du Nil avec leur cargaison.

Sa vigueur dans les muscles de son ventre : qui est au contraire le côté faible de l’éléphant.

12 Il raidit sa queue comme un cèdre, Les nerfs de ses cuisses sont entrelacés.

Il raidit sa queue comme un cèdre. Quand il dresse sa queue, elle présente la forme d’un tronc de cèdre, car elle est épaisse à son origine et s’amincit rapidement.

Il n’y a rien de mou en lui.

13 Ses os sont des tubes d’airain, Ses côtes comme des barres de fer. 14 C’est le chef-d’œuvre de Dieu ; Son créateur lui a fourni sa faux,

Il est le chef-d’œuvre de Dieu, littéralement : les prémices des voies de Dieu, comme si Dieu avait en sa faveur donné libre carrière à sa force créatrice encore toute fraîche. Ici, comme Job 39.20, il est parlé de Dieu à la troisième personne.

Sa faux : ses incisives énormes.

On a parfois traduit tout autrement : Son créateur (seul) approche de lui son épée, c’est-à-dire peut le faire mourir.

15 Car des montagnes [entières] produisent son fourrage, Tandis que tous les animaux des champs se jouent près de lui.

Car… Il a besoin d’une grande faux pour assouvir sa faim.

Se jouent près de lui. Il est inoffensif.

16 Il se couche sous les lotus, Dans la retraite des roseaux et des marais.

Lotus : lotus sylvestris, arbuste aux branches épineuses dont le fruit rappelle le pruneau.

17 Les lotus le couvrent de leur ombre, Les saules de là rivière l’environnent.

Les saules de la rivière. Comparez Lévitique 23.10.

L’environnent. Il est là qui surnage, endormi, ayant narines, yeux et oreilles sur la même ligne horizontale au-dessus de l’eau.

18 Si un fleuve s’emporte, il ne s’effraie pas, Il reste calme, quand un Jourdain monte jusqu’à sa gueule.

Un Jourdain, non pas le Jourdain, car il n’y a pas d’hippopotames en Palestine, mais une rivière aussi considérable que le Jourdain.

19 Peut-on l’attaquer face à face, Le prendre dans des filets pour lui percer le nez ?

Pour lui percer le nez : comme on fait aux chameaux.

20 Tireras-tu le crocodile à l’hameçon ? Lui presseras-tu la langue avec ta ligne ?
40.20 à 41.26 Le crocodile

Et d’abord, jusqu’à Job 41.2, l’impuissance de l’homme à réprimer cet immense saurien.

Tireras-tu le crocodile… ? L’ensemble de la description qui va suivre montre que le mot, léviathan, employé dans l’original et que nous avons conservé dans Job 3.8, sans le traduire (voir note à ce passage), doit être rendu ici par crocodile. Qu’il s’agisse ici du crocodile, c’est ce qu’on peut conclure de ce qui arrive encore et arrivait sans doute du temps de Job sur les bords du Nil : tous les jours cette bête vorace, bien loin de se laisser prendre, brise et détruit tous les engins de pêche qu’on tend au travers du fleuve. Ayant ouvert un de ces monstres, j’y trouvai deux gros hameçons, l’un dans son estomac, l’autre planté dans la peau épaisse de son gosier (Hasselquist, disciple de Linné).

Lui presseras-tu la langue…? Pourras-tu le traiter comme un poisson dont la langue est maintenue immobile par la ficelle de la ligne avec laquelle tu l’attires au bord ?

21 Lui mettras-tu un jonc dans le nez ? Lui perceras-tu la joue avec un crochet ?

Procédés auxquels on a recours pour garder des poissons vivants dans l’eau du Nil, jusqu’à ce qu’on trouve à les vendre.

22 T’adressera-t-il de nombreuses supplications ? Te dira-t-il de douces paroles ? 23 Fera-t-il alliance avec toi ? Le prendras-tu pour esclave à toujours ?

Sera-t-il tout heureux d’entrer à ton service avec la vie sauve ? Comparez Job 39.12.

24 Joueras-tu avec lui comme avec un oiseau ? Le mettras-tu à l’attache pour tes jeunes filles ? 25 Des associés en feront-ils commerce ? Le partageront-ils entre les Cananéens ?

Le crocodile est-il un article de commerce ?

Des associés, membres d’une corporation de chasseurs, ou bien de pêcheurs (Luc 5.7 ; Luc 5.10).

Les Cananéens : les trafiquants par excellence (Ésaïe 23.8 ; Sophonie 1.11 ; Zacharie 14.21).

26 Couvriras-tu sa peau de dards, Sa tête de harpons ? 27 Porte ta main sur lui ! Si tu songes à l’attaquer, tu ne recommenceras pas. 28 Voici, on est trompé dans son attente ; N’est-on pas atterré à son seul aspect ?