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Job 29
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Job 29

Chapitre 29

Ici, comme dans les deux chapitres suivants, nous avons une sorte de monologue. Job n’interrompt sa méditation que pour parler de temps en temps à Dieu ; mais il ne se tourne plus vers ses amis, qui sont réduits depuis un certain temps au silence.

Il se souvient du temps où il était estimé de chacun (versets 2 à 10), à cause des vertus (versets 11 à 17), qui auraient dû, semble-t-il, lui assurer une longue prospérité (versets 18 à 25).

1 Job continua son discours sentencieux et dit : 2 Qui me rendra les mois d’autrefois, Les jours où Dieu me gardait,
2 à 10 description de son bonheur passé

Où Dieu me gardait. Maintenant Dieu me garde dans un sens bien différent (Job 13.27).

3 Alors que, sa lampe brillant sur ma tête, En pleines ténèbres, je marchais à sa lumière ?

En pleines ténèbres : quand par exception, il se présentait des afflictions, des obscurités, des doutes.

4 Que ne suis-je de nouveau aux jours de mon automne, Quand Dieu veillait en ami sur ma tente,

Aux jours de mon automne : de la pleine vigueur de l’homme fait ; le printemps désignerait l’enfance ; l’été, la jeunesse.

5 Quand le Puissant était encore avec moi, Que mes enfants m’entouraient ;
5 et 6

Après la communion avec Dieu, sa plus grande joie, c’était sa belle et nombreuse famille ; puis Job rappelle (verset 6) l’abondance dans laquelle il vivait et il la dépeint par des images hardies.

6 Quand mes pieds baignaient dans la crème, Que près de moi le rocher distillait des ruisseaux d’huile, 7 Quand, montant vers la ville, je me rendais à la porte, Que je me préparais à m’asseoir sur la place publique !
7 à 10 considération dont il était entouré même en dehors de sa famille

Il habitait la campagne, au milieu de vastes propriétés. De là il se rendait au chef-lieu pour prendre part aux assemblées des notables, qui avaient lieu sur la place entre la porte et l’intérieur de la ville (Ruth 4.1).

8 À ma vue, les jeunes gens se cachaient, Les vieillards se levaient et restaient debout,

Les jeunes gens se cachaient : se retiraient en arrière, parce qu’il ne convenait pas qu’ils fussent au premier rang en présence d’un pareil personnage.

Les vieillards restaient debout, jusqu’à ce qu’il fût assis.

9 Les princes retenaient leurs discours Et mettaient la main sur leur bouche. 10 La voix des chefs restait muette, Leur langue était collée à leur palais. 11 Car l’oreille qui m’entendait me disait heureux ; L’œil qui me voyait me rendait témoignage,
11 à 17 cause de tant de prospérité et d’honneurs

Je ne pouvais parler, me montrer nulle part, qu’on n’eût le sentiment que j’étais vraiment un béni de l’Éternel. Et pourquoi béni ? Voir versets 12 et 13.

12 Parce que je sauvais le pauvre qui poussait des cris, L’orphelin et l’homme privé de secours. 13 La bénédiction de celui qui allait périr était sur moi ; Je faisais tressaillir de joie le cœur de la veuve.

Qui allait périr, au moment où j’intervenais en sa faveur.

14 Je m’étais revêtu de la justice et elle s’était vêtue de moi ; Ma droiture me servait de manteau et de turban.

Job avait pris la justice pour vêtement ; mais il était lui-même tellement pénétré de justice, que cette vertu, figurée ici comme une personne, le prenait, lui, pour vêtement. En d’autres termes Job et la justice se confondaient, ne faisaient qu’un.

15 J’étais les yeux de l’aveugle, Les pieds du boiteux. 16 Je servais de père aux pauvres, J’examinais avec soin la cause de celui qui m’était inconnu. 17 Je brisais la mâchoire du violent, Et de ses dents j’arrachais la proie.

Du violent : de l’homme sans cœur, qui faisait tort aux malheureux.

18 Aussi je me disais : Je mourrai dans mon nid, Mes jours seront aussi nombreux que le sable.
18 à 25 cela étant, Job avait le droit de s’attendre à une prospérité durable

Dans mon nid : en paisible possession de tous les biens que je viens de rappeler.

Que le sable. Plusieurs traduisent : que ceux du phénix, oiseau merveilleux qui se brûlait avec son nid après cinq cents ans de vie. Mais ce serait ici le seul passage où le mot ainsi rendu n’aurait pas son sens habituel de sable. Puis la fable du phénix est-elle aussi ancienne que notre livre ?

19 Ma racine sera ouverte à l’eau, La rosée passera la nuit dans mon branchage.

Ma racine, pensais-je, sera ouverte à l’eau. Il faut, pour qu’une plante prospère, que rien n’empêche l’eau de pénétrer dans ses racines. Or on ne voyait guère ce qui pouvait arrêter le bonheur de Job.

20 Ma gloire me restera toujours jeune ; Mon arc se renouvellera dans ma main.

L’arc est le symbole de la force.

21 On m’écoutait et on attendait ; On faisait silence pour [entendre] mon conseil.

À partir de ce verset, Job en revient avec complaisance à la description de la confiance qu’on avait en lui et des honneurs qu’on lui rendait.

On attendait : on était désireux de savoir mon opinion sur les principales questions en jeu.

22 Quand j’avais parlé, on n’ajoutait rien, Ma parole descendait sur eux comme une rosée. 23 On s’attendait à moi comme à la pluie, Ils ouvraient la bouche comme pour une pluie de printemps.

Ils ouvraient la bouche. Dans les pays secs, la pluie joue le rôle d’un bienfaiteur. Comme la terre, fendue par la sécheresse semble s’entrouvrir pour recevoir la pluie du printemps (la dernière pluie avant la moisson), ainsi on attendait, la bouche entrouverte, pour voir ce que je dirais.

24 Je leur souriais, quand ils étaient découragés ; Et ils recueillaient les rayons de mon visage. 25 Quand j’allais chez eux, je m’asseyais à leur tête ; Je trônais comme un roi au milieu de sa troupe, Comme quelqu’un qui console des affligés.

Quand j’allais chez eux : verset 7.

Comme un roi au milieu de sa troupe, de ses gardes : le premier, sans contestation possible. Cette image guerrière est suivie d’une autre comparaison, plus paisible, et qui en même temps renferme peut-être un reproche à l’adresse des amis qui l’ont si mal consolé.