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Jérémie 36
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Plan du commentaire biblique de Jérémie 36

Le volume des prophéties de Jérémie brûlé par Jéhojakim

Dans ce chapitre est retracée en traits frappants l’incrédulité de Jéhojakim. Ce récit est placé presque immédiatement avant le tableau de la ruine de Jérusalem (chapitre 39), sans doute pour rappeler l’une des causes les plus décisives de cette catastrophe, déjà signalée plus haut (chapitre 22) : l’exemple d’endurcissement donné à Israël par ses chefs.

Nous apprenons par ce chapitre que ce fut seulement dans la quatrième année de Jéhojakim, au moment où Nébucadnetsar, vainqueur de Ninive, menaçait toute l’Asie occidentale, que Jérémie se mit, par l’ordre de Dieu, à rédiger les prophéties qu’il avait prononcées pendant les 23 années précédentes. La lecture publique de ces avertissements solennels, présentés sous une forme condensée, devait être un dernier essai de faire rentrer le peuple en lui-même et de le sauver. En accomplissant cette tâche, Jérémie n’obéit donc point à un désir personnel. Il se conforma à la volonté de l’Éternel expressément manifestée.

  • Jérémie dicte ses prophéties à Baruc, versets 1 à 7
  • Baruc en fait lecture au peuple et aux chefs dans le temple, versets 8 à 19
  • les chefs les communiquent au roi qui détruit le volume, versets 20 à 26
  • Jérémie en fait une seconde rédaction, sur un nouvel ordre de Dieu, versets 27 à 32
1 Dans la quatrième année de Jéhojakim, fils de Josias, roi de Juda, la parole de l’Éternel fut adressée à Jérémie en ces mots : 2 Prends un volume, et y écris toutes les paroles que je t’ai dites contre Israël, contre Juda et contre toutes les nations, depuis que je t’ai parlé, dès le temps de Josias jusqu’à aujourd’hui.

Un volume. On écrivait sur de longues bandes de parchemin, qui s’enroulaient autour d’un cylindre. Les Juifs se servent encore aujourd’hui de rouleaux semblables dans les synagogues.

Contre toutes les nations : comparez Jérémie 25.19-27.

Dès le temps de Josias jusqu’à aujourd’hui, c’est-à-dire durant 23 ans (Jérémie 25.1, note).

3 Peut-être que, lorsque la maison de Juda entendra tout le mal que j’ai dessein de leur faire, ils se détourneront chacun de sa mauvaise voie, et je pardonnerai leur iniquité et leur péché.

Et je pardonnerai… Même maintenant, la situation n’est pas encore désespérée, tant il y a de patience en Dieu.

4 Jérémie appela donc Baruc, fils de Nérija ; et Baruc écrivit sous la dictée de Jérémie, dans le volume, toutes les paroles que l’Éternel lui avait dites. 5 Puis Jérémie donna cet ordre à Baruc : Je suis empêché, et ne puis entrer dans la maison de l’Éternel.

Je suis empêché… Était-ce par la maladie ou par quelque souillure légale, telle que l’attouchement d’un mort, etc. ? En tout cas, Jérémie n’était pas en prison (versets 19 et 26).

6 Tu iras donc, toi, et tu liras, dans le volume que tu as écrit sous ma dictée, les paroles de l’Éternel aux oreilles de ceux qui seront dans la maison de l’Éternel au jour du jeûne, ainsi que de tous ceux de Juda qui seront venus de leurs villes.

Au jour du jeûne. Ce n’était pas le jeûne ordinaire, qui se célébrait dans le septième mois (Lévitique 16.29), tandis que la solennité mentionnée ici eut lieu dans le neuvième (verset 9). Ce jeûne extraordinaire se justifiait suffisamment par la gravité circonstances. Qui l’avait ordonné ? Assurément pas le roi, qui était trop endurci pour avoir recours à un pareil moyen. C’étaient donc probablement les prêtres qui avaient pris l’initiative de cette mesure.

7 Peut-être que leur supplication arrivera devant l’Éternel et qu’ils se détourneront chacun de sa mauvaise voie ; car grande est la colère et l’indignation que l’Éternel a exprimée contre ce peuple.

Arrivera, littéralement : tombera. On dépose une requête aux pieds du souverain.

8 Et Baruc, fils de Nérija, fit tout ce que Jérémie le prophète lui avait commandé, lisant dans le livre les paroles de l’Éternel, dans la maison de l’Éternel.

Ce verset indique sommairement l’exécution de l’ordre donné à Baruc. Le récit détaillé suit.

9 Dans la cinquième année de Jéhojakim, fils de Josias, roi de Juda, au neuvième mois, comme on avait appelé à un jeûne devant l’Éternel tout le peuple de Jérusalem et tout le peuple des villes de Juda pour venir à Jérusalem, 10 Baruc lut dans le livre les paroles de Jérémie aux oreilles de tout le peuple, dans la maison de l’Éternel, dans la chambre de Guémaria, fils de Saphan, secrétaire, dans le parvis supérieur, à l’entrée de la porte neuve de la maison de l’Éternel.

L’appartement de Guémaria était situé tout près du temple, dans l’un des édifices où se trouvaient les portes qui ouvraient sur le parvis supérieur, appelé aussi parvis des prêtres. Les différents parvis qui entouraient le temple s’élevaient en gradins ; celui des prêtres, d’où on entrait dans le temple même, était le plus élevé. Le peuple était rassemblé dans le parvis plus extérieur, situé un peu plus bas. C’était de là qu’il entendait la lecture.

La porte neuve : voir Jérémie 26.10.

Guémaria était peut-être le frère d’Achikam, fils de Saphan (Jérémie 26.24).

Secrétaire : l’un des secrétaires d’État.

Guémaria lui-même n’était pas présent (verset 12) ; mais il avait mis cette pièce à la disposition de Baruc.

11 Michée, fils de Guémaria, fils de Saphan, entendit d’après le livre toutes les paroles de l’Éternel,

On voit que Michée, aussi bien que son père Guémaria, appartenait au parti favorable au prophète ; il désirait que les paroles de Jérémie fussent aussi entendues des chefs.

12 et il descendit dans la maison du roi, dans la chambre du secrétaire ; et tous les chefs y étaient assis, Élisama, le secrétaire, Délaïa, fils de Sémaïa, Elnathan, fils d’Acbor, Guémaria, fils de Saphan, Sédécias, fils de Hanania, et tous les chefs.

Ces hommes étaient les hauts dignitaires civils et militaires du royaume.

Elnathan : voir Jérémie 26.22.

13 Et Michée leur rapporta toutes les paroles qu’il avait entendues quand Baruc lisait dans le livre aux oreilles du peuple ; 14 alors tous les chefs envoyèrent vers Baruc Jéhudi, fils de Néthania, fils de Sélémia, fils de Cuschi, pour lui dire : Prends le volume dans lequel tu as lu aux oreilles du peuple, et viens. Baruc, fils de Nérija, prit le volume et vint vers eux,

Jéhudi, personnage inconnu.

15 et ils lui dirent : Assieds-toi, s’il te plaît, et lis le nous. Et Baruc le leur lut.

Assieds-toi : invitation amicale.

16 Et à l’ouïe de toutes ces paroles, s’étant communiqué leur effroi les uns aux autres, ils dirent à Baruc : Nous ne manquerons pas de rapporter au roi toutes ces paroles-là.

S’étant communiqué leur effroi : ils ont foi aux menaces de Dieu (verset 29), et ils en tremblent.

Nous ne manquerons pas… Le roi sur qui pesait la plus grande part de responsabilité dans le parti qui allait être pris, ne devait pas ignorer ce suprême avertissement.

17 Puis ils interrogèrent Baruc en ces mots : Déclare-nous maintenant comment tu as écrit toutes ces paroles sorties de sa bouche !

Ils veulent connaître exactement le degré d’autorité qu’ils doivent attribuer à cet écrit. Ils admettent bien que Jérémie avait prononcé autrefois ces prophéties, mais ils désirent apprendre si c’est simplement Baruc qui les a rédigées de mémoire, ou s’il a écrit sous dictée.

18 Baruc leur dit : Il me dictait de sa bouche toutes ces paroles, et je les écrivais avec de l’encre dans le livre. 19 Alors les chefs dirent à Baruc : Va, et te cache, toi et Jérémie, et que personne ne sache où vous êtes !

Ces personnages connaissaient assez le caractère vindicatif du roi pour mesurer le danger que couraient Jérémie et Baruc, quand il serait instruit du contenu du livre (verset 26).

20 Puis ils entrèrent chez le roi dans la cour, laissant le volume dans la chambre d’Élisama, le secrétaire ; et ils rapportèrent toutes ces paroles au roi.

C’est, également cette connaissance qu’ils ont des sentiments du roi qui les engage à laisser le volume dans la salle où ils se trouvaient.

21 Et le roi envoya Jéhudi pour prendre le volume ; et quand Jéhudi l’eut pris dans la chambre d’Élisama, le secrétaire, il le lut au roi et à tous les chefs qui se tenaient devant lui. 22 Or le roi était assis dans l’appartement d’hiver, au neuvième mois, et le brasier était allumé devant lui.

Le brasier. On était au neuvième mois, soit en décembre. Ce brasier était sans doute un mortier de pierre ou un bassin de métal rempli de charbons ardents et que l’on plaçait au milieu de l’appartement, comme cela se fait encore aujourd’hui dans le Midi ; comparez Jean 18.18.

23 Et aussitôt que Jéhudi eut lu trois ou quatre colonnes, le roi coupa le livre avec le canif et le jeta au feu dans le brasier, jusqu’à ce que tout le volume fût consumé par le feu qui était dans le brasier.

Le texte était écrit par colonnes. À peine le roi eut-il entendu lire les premiers paragraphes qu’il détruisit tout le volume.

24 Et le roi et tous ses serviteurs qui entendirent toutes ces paroles-là n’en furent point effrayés et ne déchirèrent point leurs vêtements ;

Les serviteurs particuliers de la personne du roi partagent son endurcissement, tandis que les dignitaires protestent et s’affligent (verset 25).

25 et pourtant Elnathan et Délaïa et Guémaria avaient supplié le roi de ne pas brûler le volume, mais il ne les avait pas écoutés. 26 Puis le roi commanda à Jérahméel, fils du roi, et à Séraïa, fils d’Azriel, et à Sélémia, fils d’Abdéel, de saisir Baruc, le secrétaire, et Jérémie, le prophète ; mais l’Éternel les cacha.

Fils du roi : un prince du sang royal.

Le roi se venge du livre sur l’auteur, après s’être vengé de l’auteur sur le livre. Aucun roi de Juda n’avait encore poussé si loin peut-être le mépris insolent pour la parole de Dieu.

Les cacha. Dieu ne permit pas que ceux qui les cherchaient, pussent découvrir le lieu où ils s’étaient retirés.

27 Alors la parole de l’Éternel fut adressée à Jérémie, après que le roi eut brûlé le volume et les paroles que Baruc avait écrites sous la dictée de Jérémie, en ces mots : 28 Va prendre un autre volume, et y écris toutes les premières paroles qui étaient dans le premier volume, que Jéhojakim, roi de Juda, a brûlé. 29 Et tu diras à Jéhojakim, roi de Juda : Ainsi a dit l’Éternel : Toi, tu as brûlé ce volume et tu as dit : Pourquoi y as-tu écrit que le roi de Babylone viendra certainement, qu’il détruira ce pays et qu’il en exterminera les hommes et les bêtes ? 30 C’est pourquoi l’Éternel parle ainsi touchant Jéhojakim, roi de Juda : Il n’aura pas un des siens assis sur le trône de David, et son cadavre sera jeté dehors, le jour à la chaleur et la nuit à la gelée.

Il n’aura pas un des siens assis… Jéhojachin, fils de Jéhojakim, ne régna que trois mois, et même pendant ce temps il ne fut pas assis sur le trône de son père. Car à ce moment tout le pays était au pouvoir des Chaldéens et Jérusalem elle-même était assiégée. Sédécias, qui lui succéda, n’était ni son fils, ni son frère, mais son oncle.

31 Je punirai donc sur lui, sur sa race et sur tous ses serviteurs leur iniquité, et je ferai venir sur eux, sur les habitants de Jérusalem et sur les hommes de Juda tout le mal que je leur ai annoncé sans qu’ils aient écouté. 32 Et Jérémie prit un autre volume et le donna à Baruc, fils de Nérija, secrétaire, qui y écrivit, sous la dictée de Jérémie, toutes les paroles du livre que Jéhojakim, roi de Juda, avait brûlé, et plusieurs paroles semblables y furent encore ajoutées.

Le nouveau volume que le prophète dicta, et qui comprenait un plus grand nombre de prophéties que le premier, ne peut être le recueil des prophéties que nous possédons ; voir l’introduction.