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Ezéchiel 9
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Ezéchiel 9

La vision continue. Au spectacle du péché actuel succède celui du châtiment prochain : et d’abord l’extermination de la population idolâtre de Jérusalem, accompagnée d’une promesse de salut en faveur des habitants qui protestent contre l’infidélité générale.

1 Puis il cria d’une voix forte à mes oreilles : Approchez, vous, préposés à la ville, chacun son instrument de destruction à la main !

Préposés. Cet ordre est adressé aux êtres célestes qui ont reçu charge de surveiller la ville de Jérusalem et qui en conséquence ont mission de punir les rebelles et de protéger les fidèles ; comparez sur ce double rôle des anges Genèse 3.24 ; Genèse 19.1 et suivants ; Zacharie 1.20-21 ; et dans le Nouveau Testament Matthieu 13.41 ; Apocalypse 15.1 ; Apocalypse 16.1.

2 Et voici, six hommes vinrent par le chemin de la porte supérieure qui regarde au nord, chacun ayant en main son instrument. pour frapper, et il y avait au milieu d’eux un homme vêtu de lin portant une écritoire à la ceinture. Et ils vinrent se placer à côté de l’autel d’airain.

Les anges, agents de la justice divine, étaient tout prêts, n’attendant que l’appel de leur Maître.

Le nombre sept n’est nullement emprunté à la notion persane des sept Amschaspands ou assesseurs divins. Car ce nombre a sa valeur propre dans la religion israélite où il est toujours l’expression d’une totalité divine.

Le septième est expressément distingué des six autres. Il est mentionné à part ; il a un vêtement spécial, tel que celui que portait le souverain sacrificateur lorsqu’il entrait dans le Lieu très saint au jour solennel des expiations (Lévitique 16.4 ; Lévitique 16.23) ; c’est lui qui forme le centre de la troupe. Enfin il remplit une fonction qui va, non à la destruction, mais au salut. Il s’agit donc d’un ange supérieur en dignité aux six autres. Une distinction semblable se retrouve Zacharie 1.8 ; Zacharie 1.10 entre l’homme qui se tient à cheval dans le bosquet de myrtes et les anges, ses messagers, qui viennent lui faire leur rapport. Zacharie désigne expressément cet homme, au verset 12 comme l’Ange de l’Éternel. Ce passage parallèle parle fortement en faveur de l’interprétation qui reconnaît dans le septième ange d’Ézéchiel ce personnage divin et mystérieux. Le rôle de miséricorde qu’il lui attribue s’accorde bien avec la fonction d’intercesseur de l’Ange de l’Éternel (Zacharie 1.12 ; comparez Ésaïe 53.9).

La porte supérieure : celle qui conduisait de la partie septentrionale du parvis extérieur dans le parvis intérieur ; ainsi la même dont il était parlé Ézéchiel 8.3 ; Ézéchiel 8.5 (Plan, lettre F) ; elle est appelée supérieure, peut-être parce que le parvis intérieur était élevé de huit degrés au-dessus de l’autre. Les deux autres portes du même parvis étaient sans doute moins fréquentées.

Une écritoire sur sa hanche. Encore aujourd’hui les écrivains orientaux portent leur écritoire engagée, comme un poignard, au côté gauche de leur large ceinture. La plume, qui est un roseau taillé, se porte dans la gaine ; l’encre est contenue dans le petit réservoir placé au côté de la gaine.

Près de l’autel d’airain. C’était l’autel des holocaustes (Plan, lettre D), placé en face de l’entrée du temple où l’Éternel allait se placer pour leur donner ses ordres.

3 Et la gloire du Dieu d’Israël monta de dessus le chérubin sur lequel elle se tenait, vers le seuil de la maison. Et l’Éternel appela l’homme vêtu de lin qui avait une écritoire à la ceinture.

La gloire de l’Éternel avait jusqu’à ce moment plané sur les chérubins (chapitre 1), en sa place ordinaire, au-dessus du Lieu très saint (Lévitique 16.2). Pour accomplir l’acte judiciaire qui va suivre, l’Éternel se transporte au seuil de la maison (Plan, lettre C), en face des anges qui sont chargés de l’exécution et qui se tiennent près de l’autel.

Le chérubin. Ézéchiel désigne par ce terme collectif tout l’ensemble du chariot vivant, décrit chapitre 1. Il est remarquable que Jéhova se rend au seuil du temple sans s’y faire transporter par les chérubins. L’Éternel est indépendant de ce chariot céleste, qui n’est que la représentation sensible de son action partout présente.

4 Et l’Éternel lui dit : Passe par le milieu de la ville, par le milieu de Jérusalem, et marque d’un Thau sur le front les hommes qui soupirent et qui gémissent de toutes les abominations qui s’y commettent.

Marque d’un Thau. Le mot Thav (d’où Thau) signifie un signe ; et l’on avait donné ce nom à la dernière lettre de l’alphabet hébreu, lettre qui sous sa forme la plus ancienne avait la figure d’une croix (d’où notre signe T). Comme ce signe est le plus simple de tous, il était employé, ainsi qu’il l’est encore aujourd’hui, pour servir de marque, spécialement pour remplacer la signature de ceux qui ne savaient pas écrire leur nom. On peut comparer ici, pour l’emploi de ce terme, Job 31.35 (thavi, mon écrit), et, pour l’idée de sceau ou de marque, Exode 12.13 ; Exode 12.22 ; Apocalypse 7.3 ; Apocalypse 14.1 ; Apocalypse 13.16.

Les hommes qui soupirent. Au milieu d’une génération livrée au vertige de la mondanité et de la révolte, il y a des âmes recueillies qui prennent à cœur la cause de Dieu et souffrent de toutes ces profanations, lors même que leur zèle ne peut s’exprimer que par des larmes. Le Seigneur les voit et les compte (2 Timothée 2.19).

Grâce au signe apposé sur leur front, ces fidèles se trouvaient désormais placés sous la protection spéciale de Dieu (Apocalypse 7.2 ; Malachie 3.16 ; Malachie 3.17).

5 Et aux autres il dit, moi l’entendant : Passez dans la ville après lui et frappez ! Que votre œil n’épargne point, et n’ayez point de pitié. 6 Tuez vieillard, jeune homme, jeune fille, enfant, femme, jusqu’à extermination ; mais quiconque porte la marque du Thau, ne le touchez pas ; et commencez par mon sanctuaire !
Et ils commencèrent par les vieillards qui étaient devant la maison.

Commencez par mon sanctuaire. C’est-à-dire par les sacrificateurs qui se trouvaient dans le parvis ; ainsi les vingt-cinq hommes de Ézéchiel 8.16. Les grands jugements de Dieu ont pour prélude les actes par lesquels il épure son église (1 Pierre 4.17).

7 Puis il leur dit : Souillez la maison et remplissez de morts les parvis. Sortez !
Et ils sortirent et frappèrent dans la ville.

Souillez… La présence d’un cadavre suffisait pour souiller une maison ; à plus forte raison le temple.

8 Et pendant qu’ils frappaient, comme je restais seul, je tombai sur ma face et criai, disant : Ah ! Seigneur Éternel, vas-tu détruire tout ce qui reste d’Israël en répandant ton courroux sur Jérusalem ?

Seul : le seul d’entre les prêtres actuellement présent dans le parvis. Ce trait exprime d’une manière saisissante la corruption du sacerdoce à ce moment-là. Mais les versets 4 et 11 rappellent qu’il existait de nombreuses exceptions à l’infidélité générale.

Ézéchiel joue ici un rôle semblable à celui d’Abraham (Genèse 18.23), tandis que Jérusalem a pris maintenant la place de Sodome.

9 Et il me dit : Le péché de la maison d’Israël et de Juda est extrêmement grand. La terre est remplie de sang et la ville est pleine d’injustices ; car ils disent : L’Éternel a abandonné le pays, l’Éternel ne voit rien !

Car ils disent : voir Ézéchiel 8.12, note.

10 Et moi aussi, mon œil n’épargnera point et je n’aurai point de compassion. Je ferai retomber leurs œuvres sur leurs têtes.

Et moi aussi… : Puisque vous dites : Il ne voit rien, je vous laisserai aussi écraser comme si je ne le voyais pas.

11 Et voici, l’homme vêtu de lin, qui avait une écritoire à la ceinture, vint rendre compte en disant : J’ai fait comme tu m’as commandé.