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Ezéchiel 7
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Ezéchiel 7

Imminence du châtiment

Prophétie annonçant et décrivant en cinq strophes la fin du royaume de Juda. Très vif au début, le ton de ce discours devient de plus en plus calme et solennel.

1 Et la parole de l’Éternel me fut adressée en ces mots :

1 à 4 Première strophe la fin est là

2 Et toi, fils d’homme, ainsi a dit le Seigneur, l’Éternel, au pays d’Israël : C’est la fin ! La fin vient aux quatre coins de la terre !

De la terre : évidemment, dans le sens restreint : la terre de Juda. Le malheur doit l’envahir des quatre côtés à la fois.

3 Maintenant, la fin vient pour toi ; je donnerai cours à ma colère sur toi, je te jugerai d’après ta conduite et je ferai retomber sur toi toutes tes abominations.

Je donnerai cours : Dieu s’était jusqu’alors contenu.

Je ferai retomber sur toi… Le châtiment n’est que le péché lui-même revenant sur celui qui l’a commis.

4 Et mon œil ne t’épargnera point et je n’aurai point de pitié, car je ferai retomber sur toi ta conduite, et tes abominations seront au milieu de toi, et vous saurez que je suis l’Éternel.

Seront au milieu de toi : resteront attachés à toi par le fait du châtiment dont tu ne pourras te débarrasser.

5 Ainsi a dit le Seigneur, l’Éternel : Un malheur ! Un malheur unique ! Voici, il est là !

5 à 9 Deuxième strophe répétition des mêmes menaces, terminées par le même refrain

Un malheur unique. Le peuple unique, Israël, a aussi un sort unique, soit dans ses malheurs, soit dans ses délivrances (verset 9).

6 Une fin vient ; c’est la fin ; elle s’éveille contre toi, voici, il est là !

Elle s’éveille. Il y a en hébreu un jeu de mots : hakketz (la fin), hékitz (s’éveille). Comparez Psaumes 78.65-66.

7 Ton tour est venu, habitant du pays ; le temps vient, le jour est proche. On entend un bruit, mais ce n’est pas le cri de joie sur les montagnes.

Ton tour. Le sens du mot hébreu est incertain. Selon quelques-uns : ton aurore ; selon d’autres : ton sort, ta destinée. Le premier de ces deux sens est tout à fait invraisemblable ; le second se rapproche de celui que nous avons adopté (verset 10). Chaque peuple est jugé à son tour.

Le cri de joie sur les montagnes est celui des vendangeurs ou du peuple qui célèbre une fête. Le prophète oppose les chants de cette bande joyeuse aux cris féroces de l’ennemi.

8 Maintenant, je vais répandre mon courroux sur toi, j’assouvirai sur toi ma colère ; je te jugerai d’après ta conduite et je ferai retomber sur toi tes abominations. 9 Et mon œil n’épargnera point et je n’aurai point de pitié ; je ferai retomber sur toi ta conduite ; tes abominations seront au milieu de toi, et vous saurez que c’est moi, l’Éternel, qui frappe.

Mon, œil n’épargnera point : comparez versets 3 et 4. On s’était habitué depuis des siècles en Israël aux miséricordes du Seigneur ; il fallait dire et répéter que sa grâce était décidément épuisée.

10 Voici le jour ; voici, il vient, ton tour est arrivé, la verge fleurit, la fierté éclot !

10 à 13 Troisème strophe : L’instrument du châtiment est prêt

La verge : les Chaldéens ; la fierté : celle de ce peuple vainqueur.

Fleurit, éclot : L’ennemi choisi a atteint le point culminant de sa force ; il est donc prêt à exécuter le jugement de Dieu sur Juda (comparez Ésaïe 10.5 ; Jérémie 51.20).

11 La violence s’élève et devient la verge de l’impiété. Il ne restera rien d’eux, ni de leur foule, ni de leur richesse, et ils n’auront plus d’éclat.

L’impiété : celle d’Israël. Le verset 10 et le début du 11 montraient la verge levée ; la fin du verset 11 décrit l’effet terrible de ses coups : Tout ce qui était élevé en Israël, est anéanti.

12 Le temps vient, le jour arrive. Que l’acheteur ne se réjouisse point et que le vendeur ne s’afflige point, car le courroux plane sur toute leur multitude.

L’acheteur, le vendeur. L’acquéreur n’a pas lieu de se réjouir, ni le vendeur de s’affliger, puisque le premier n’entrera point en possession de sa nouvelle propriété et que le second aurait été en tout cas dépouillé par l’ennemi. Comparez 1 Corinthiens 7.9-31.

13 Car le vendeur ne recouvrera point ce qu’il a vendu, quand même il serait encore en vie ; car la vision contre toute leur multitude ne sera point révoquée, et par son péché personne ne maintiendra sa vie.

Car le vendeur… Ce verset fait allusion à l’année du jubilé (chaque 50e année, Lévitique 25.13) dans laquelle les biens vendus faisaient retour à leurs propriétaires primitifs. Cette restitution ne pourra plus avoir lieu, même si ce propriétaire était encore en vie, parce que le reste du peuple aura été transporté en exil. Cette parole ne contredit point Jérémie 32.15, qui se rapporte à une tout autre époque, aux temps qui suivront le retour de la captivité.

Par son péché… Le péché ne sera plus comme auparavant un moyen de réussir et de s’enrichir ; car le jugement aura tout balayé.

14 On sonne la trompette, et tout est prêt, mais personne ne marche au combat, car ma colère est contre toute leur multitude.

14 à 22 quatrième strophe les détresses du moment suprême

On sonne du cor dans la ville pour appeler le peuple à la défense ; personne ne court aux remparts. Il ne reste plus de défenseurs.

15 Au dehors, l’épée ; au dedans, la peste et la famine. Celui qui est aux champs mourra par l’épée, et celui qui est dans la ville, la peste et la famine le dévoreront.

Au dehors de la ville, le glaive de l’ennemi ; au dedans, peste et famine.

16 Et si quelques fugitifs d’entre eux échappent, ils seront sur les montagnes comme les colombes des vallées, tous gémissant, chacun pour son péché.

Les montagnes. C’est là que les fugitifs trouvent les retraites les plus inaccessibles.

Comme les colombes. Le chant de cet oiseau a un accent particulièrement plaintif ; comparez Ésaïe 38.14 ; Ésaïe 59.11.

17 Toutes les mains sont lâches et tous les genoux se fondent en eau.

Se fondent en eau : cette image indique l’absence de toute consistance, de toute force (Josué 7.5 ; Ésaïe 13.7 ; Psaumes 22.15).

18 Et ils sont vêtus de sacs et la frayeur les enveloppe ; la confusion est sur tous les visages, et toutes les têtes sont chauves.

Sacs habits de deuil de toile très grossière.

Chauves : comparez Ézéchiel 5.1. Se raser la tête était chez les Israélites un signe de deuil (Michée 1.16).

19 Ils jetteront leur argent dans les rues, et leur or sera pour eux de l’ordure. Leur argent et leur or ne les pourront délivrer au jour de la colère de l’Éternel. Ils n’en rassasieront point leur âme et n’en rempliront point leurs entrailles ; car c’est là ce qui les a fait tomber dans le péché.

Ils jetteront… Ils jetteront comme inutiles tous ces objets de leur cupidité qui les avaient fait pécher si souvent, dans lesquels ils avaient mis leur orgueil et dont ils s’étaient même fait des dieux ; comparez Ésaïe 2.20.

20 Des joyaux dont ils se paraient, ils tiraient leur orgueil ; ils en fabriquaient leurs images abominables, leurs idoles ; c’est pourquoi je leur changerai tout cela en ordure. 21 Et je le livrerai au pillage, aux mains des étrangers, en proie aux impies de la terre, afin qu’ils le souillent.

Afin qu’ils le souillent : en s’en servant pour des usages profanes, impurs d’après la loi.

22 Et je détournerai d’eux mon visage, et on profanera mon trésor. Des violents y entreront et le profaneront.

Mon trésor. Ce mot signifie proprement secret et peut désigner ou le sanctuaire dans lequel le peuple n’osait pénétrer, ou l’appartement dans lequel était renfermé le trésor du temple. La relation avec ce qui précède parle plutôt en faveur du second sens. Après les richesses privées vient le tour du trésor du temple, c’est-à-dire de Dieu même.

23 Prépare les chaînes ; car la terre est pleine de crimes, de meurtre, et la ville est pleine de violences.

23 à 27 Cinquième strophe le dernier coup la captivité du peuple et la destruction du royaume

Les chaînes : celles de l’exil ; comparez Ézéchiel 4.8. Les captifs étaient littéralement conduits enchaînés (Jérémie 39.7 ; Jérémie 40.1 ; Jérémie 40.4).

24 Et je ferai venir les plus méchants d’entre les peuples pour posséder leurs maisons et pour faire cesser l’orgueil des forts et profaner leurs lieux saints.

Leurs lieux saints. Il ne s’agit pas des hauts lieux auxquels est déjà attachée la profanation, mais du temple et de ses parvis (verset 22). Dieu n’envisage plus le temple comme son sanctuaire ; ce n’est plus que le leur. À eux de le garder, s’ils le peuvent ; comparez Luc 13.35.

25 La destruction vient, et ils chercheront la paix ; mais il n’y en aura point.

La destruction ; il y a proprement l’achèvement.

26 Malheur viendra sur malheur, nouvelle sur nouvelle. Ils chercheront des visions auprès des prophètes ; et la loi fera défaut au sacrificateur et le conseil aux anciens.

Une mauvaise nouvelle n’attendra pas l’autre. Dans ces circonstances, on s’adressera aux trois organes ordinaires de la sagesse divine ; aux prophètes, mais ils n’auront plus de visions ; aux sacrificateurs, interprètes ordinaires de la loi, mais ils n’y trouveront plus de directions pour le cas actuel ; aux anciens formant le conseil suprême de l’État, mais leur sagesse sera à bout d’expédients.

27 Le roi mènera deuil, et le prince se vêtira de désolation, et les mains du peuple du pays trembleront de frayeur. Je les traiterai d’après leur conduite et je les jugerai selon leurs mérites, et ils sauront que je suis l’Éternel.

Et ainsi la nation tout entière sera réduite au désespoir et n’aura plus qu’à attendre le coup fatal, salaire de ses fautes. L’ensemble de la nation est désigné par le roi, le prince, qui sont ici les chefs de famille et la masse du peuple.

Ils sauront. Ce refrain, qui revient à plusieurs reprises, diversement modifié, dans ces discours, a dans ce contexte un caractère plutôt menaçant (comme Ézéchiel 6.10) que réjouissant (comme Ézéchiel 6.7). Ces incrédules reconnaîtront, mais trop tard, que c’était le Tout-Puissant qui les avait avertis. Cependant cette reconnaissance tardive elle-même pourra les conduire encore à une repentance et à une conversion véritables.