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Ezéchiel 43
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1 Puis il me conduisit à la porte, la porte tournée du côté de l’orient.
1 à 12

Au moment où la description du temple et des bâtiments contenus dans son enceinte est terminée, et avant de passer au détail des différentes cérémonies qui s’y célébreront, le prophète nous fait voir Dieu lui-même venant consacrer par sa présence le nouvel édifice qu’il promet d’habiter à toujours. Ce morceau n’interrompt qu’en apparence la suite des chapitres 40 à 48 ; bien plus, il en forme le centre, en même temps qu’il est en lui-même un des points culminants de la prophétie d’Ézéchiel. C’est le pendant de l’entrée de l’Éternel dans le tabernacle (Exode 40.34, et suivants) et dans le temple de Salomon (1 Rois 8.10 et suivants) aussi bien que la contrepartie de l’abandon du temple par l’Éternel, décrit chapitres 8 à 11.

1 et 2

De l’enceinte extérieure qu’il vient de mesurer, le prophète est ramené par le même personnage qui l’a conduit jusqu’ici, à la porte orientale du parvis extérieur (Figure 1, B), pour pouvoir assister à l’entrée de la gloire de l’Éternel dans son temple. Dieu arrive, non plus du nord, et comme un ennemi (Ézéchiel 1.4), mais de l’orient et comme la véritable lumière du peuple dont il est le roi.

La porte orientale était la porte d’honneur du temple, et conduisait directement au sanctuaire. On pourrait supposer que Dieu revient de l’orient où il était allé habiter parmi les exilés (voir Ézéchiel 11.23, note). Néanmoins, il est fait ici absolument abstraction du retour de la captivité, qu’Ézéchiel envisage, non pas comme le rétablissement définitif d’Israël, mais comme un temps de triage, un séjour dans le désert des peuples (Ézéchiel 20.35, note).

2 Et voici, la gloire du Dieu d’Israël venait par le côté de l’orient. Sa voix était comme la voix des grandes eaux et la terre était éclairée de sa gloire. 3 Telle l’image que j’avais vue venant pour détruire la ville, tel l’aspect de l’image que je vis, et les choses qu’on voyait étaient comme l’image que j’avais vue près du fleuve Kébar, et je tombai sur ma face.

Dans cette apparition, Ézéchiel reconnaît la présence glorieuse du même Dieu qui lui est apparu chapitres 1 et 8. Il a soin, ici comme là, d’accumuler les expressions propres à témoigner qu’il n’a pas vu Dieu lui-même, mais seulement son image ; comparez Ézéchiel 8.2, note.

Pour détruire la ville : L’annonce de la destruction, venant de la part de l’Éternel, équivaut à la destruction elle-même (comparez Jérémie 1.10, note).

4 Et la gloire de l’Éternel entra dans la Maison par le chemin de la porte tournée du côté de l’orient. 5 Et l’Esprit m’enleva et me transporta dans le parvis intérieur, et voici, la gloire de l’Éternel remplissait la Maison. 6 J’entendis qu’on me parlait du dedans de la Maison, et un homme se tenait debout à côté de moi.

Transporté dans le parvis intérieur, devant le temple, le prophète entend d’abord une voix, mais il ne comprend pas les paroles. Alors il s’aperçoit qu’un homme, sans doute son conducteur, se tient à côté de lui. Intermédiaire et pour ainsi dire traducteur de la parole divine, cet homme est chargé de lui en formuler le sens. Le discours qui suit est donc bien celui de Dieu, de là le je ; mais le il dans : il me dit au verset 7, se rapporte à l’homme du verset 6.

7 Il me dit : Fils d’homme, c’est le lieu de mon trône ! Le lieu où je poserai mes pieds ! Où j’habiterai au milieu des enfants d’Israël à jamais ! Et la maison d’Israël ne souillera plus, ni elle ni ses rois, le nom de ma sainteté, par leurs prostitutions et leurs, hauts-lieux, par les cadavres de leurs rois,

Le lieu de mon trône… Dans ce verset se concentre l’idée mère de ces neuf chapitres (comparez Ézéchiel 48.35). Dieu a désormais ici-bas une habitation parfaite ; il en prend possession pour toujours (Jean 14.23 ; Apocalypse chapitres 21 et 22).

Ne souilleront plus. Il interviendra en Israël une purification si radicale qu’une rechute ne sera plus possible. L’habitation de Dieu en Israël pourra donc être permanente ; ce Dieu saint ne sera plus contraint d’abandonner son peuple, comme jadis.

Les cadavres de leurs rois : Cette expression obscure signifie peut-être : les idoles que leurs rois avaient installées dans le temple (voir chapitre 8). Les faux dieux seraient appelés cadavres à cause de leur nature inerte et souillée et par opposition au Dieu vivant. D’après une autre explication, il s’agirait ici de rois enterrés dans l’enceinte du temple, bien que ce fait ne soit mentionné nulle part. Les sépulcres des rois se trouvaient sur la colline du temple, il est vrai, mais dans la cité de David (1 Rois 2.10 ; 1 Rois 11.43, et depuis Manassé dans le jardin d’Uzza (2 Rois 21.18 ; 2 Rois 21.26), qui devait se trouver immédiatement au nord du temple, mais non pas dans son enceinte.

Leurs hauts-lieux… En plaçant ces abominations dans le temple, ils en ont fait sortir l’Éternel, dont le sanctuaire abandonné n’a plus été que les hauts-lieux d’Israël.

En mettant leur seuil… Ces mots respirent un vif sentiment d’indignation causé par l’insolence de cette intrusion ajoutée au sacrilège ; ils se sont conduits avec lui comme pairs et compagnons : Au moment où, moralement, ils étaient le plus éloignés de moi, ils ont voulu être mes voisins !

Et je les ai exterminés… Cette brusque conclusion peint l’impatience qu’éprouve l’Éternel à quitter un sujet pénible dont le souvenir est encore si présent à son cœur qu’il ne peut y revenir sans s’émouvoir.

8 en mettant leur seuil auprès de mon seuil et leurs poteaux auprès de mes poteaux, de sorte qu’il n’y avait que la paroi entre eux et moi, souillant ainsi le nom de ma sainteté par les abominations qu’ils commettaient, et je les ai exterminés dans ma colère ! 9 Maintenant ils éloigneront de moi leurs prostitutions et les cadavres de leurs rois, et j’habiterai au milieu d’eux à jamais.

Le contraste de ton est frappant. Reprenant, après la parenthèse du verset 8, son affirmation du vertset 7, l’Éternel regarde avec apaisement vers l’avenir et son langage devient aussi doux que cette perspective lui est agréable. Combien les entrailles de Dieu sont humaines !

10 Quant à toi, fils d’homme, fais connaître à la maison d’Israël cette Maison, afin qu’ils soient confus de leurs péchés, et qu’ils en mesurent les dimensions.
10 et 12

Par quoi cette fidélité future sera-t-elle amenée ? Par la connaissance que le prophète doit donner au peuple de l’ensemble et des détails du nouveau temple, ainsi que des règles du nouveau culte qui y sera célébré, qui seront pour lui tout autant de symboles. Seulement le prophète doit agir prudemment, en conformité avec les dispositions morales du peuple. La révélation du don divin aura deux stages : tout d’abord (verset 10), le prophète doit faire connaître l’ensemble du temple, ses grandes lignes, afin qu’Israël, à la vue de ce monument saint que lui élève l’amour patient de son Dieu, soit confus de leurs péchés.

Et qu’ils en mesurent les dimensions. Le mot en n’est pas dans l’hébreu. Les dimensions peuvent être celles de la Maison, dans le sens de l’impression générale d’harmonie et de grandeur qu’Israël éprouvera au premier coup d’œil jeté sur l’édifice ; ou bien celles des péchés d’Israël qui, par le contraste des dons de la grâce divine, lui apparaîtront dans toute leur étendue. Peut-être l’expression se rapporte-t-elle à la fois au temple et aux péchés par une espèce de jeu de mots.

11 Et, s’ils sont confus de tout, ce qu’ils ont fait, apprends-leur la forme de cette Maison, son ordonnance, ses issues et ses entrées : toute sa configuration ; tous ses règlements, tous ses rites et toutes ses lois ; mets-les leur sous les yeux par écrit et qu’ils gardent tous ses rites et tous ses règlements, et les pratiquent.

Si cette contemplation préliminaire et générale produit son effet, si Israël est amené par cette vue à la repentance envers ce Dieu qui lui rend le gage de sa présence, alors il lui sera donné connaissance du plan d’intérieur (la forme) et de détail (l’ordonnance) du temple, de ses issues et de ses entrées et (en un mot) de toute sa configuration. Le prophète a déjà été initié à ces choses (chapitres 40 à 42). Il restera encore à faire connaître à Israël tous les règlements, les rites et les lois du temple, c’est-à-dire toutes les règles du nouveau culte qui y sera célébré. Le prophète va recevoir immédiatement communication de cette seconde partie de la révélation (Ézéchiel 43.12-46.24).

Et qu’ils gardent… De même que la vue de l’ensemble est destinée à amener les Israélites à la repentance, celle des actes symboliques du nouveau culte les portera à la sainteté.

12 C’est ici la loi de la Maison : Son territoire tout à l’entour, au sommet de la montagne est Saint des saints. Voilà, telle est la loi de la Maison.

Avec ce verset commence déjà la série des lois et règlements, mais il est aussi bien la conclusion de ce qui précède que l’introduction à ce qui suit. C’est ici la loi des lois qui est, à cause de son importance, enchassée comme un joyau précieux dans les mots : C’est ici… voilà…

Saint des saints. Dans le caractère même du temple interviendra un changement considérable, qui montre bien la nature toute symbolique et spirituelle de la description du prophète : Son territoire, tout à l’entour, au sommet de la montagne, c’est-à-dire tout ce qui est contenu dans son mur d’enceinte (Ézéchiel 42.15 et suivants), lequel comprend tout le sommet de la montagne, tout cela sera Saint des saints. Les attributs de la plus haute sainteté, résultant de la présence immédiate de Dieu, ne sont plus seulement accordés à une partie restreinte du sanctuaire, mais à tout ce que renferme l’enceinte sacrée. Il en résulte que les ordonnances qui vont suivre et qui découlent de cette loi fondamentale de la Maison revêtiront un caractère tout nouveau de sainteté.

13 Et voici les mesures de l’autel, en coudées, la coudée, étant d’une coudée et d’un palme : Le cheneau a une coudée [de hauteur] et une coudée de largeur et le rebord qui est sur son pourtour a un empan. Tel est le socle de l’autel.
13 à 27 l’autel des holocaustes

Jusqu’ici nous avons vu Ézéchiel parcourir et mesurer le nouveau temple (chapitres 40 à 42), puis assister à la rentrée de Dieu dans ce temple (Ézéchiel 43.1-5). L’Éternel a déclaré vouloir y habiter dorénavant et soutenir un rapport nouveau et intime avec Israël, mais il faut qu’à son tour Israël, sensible au don qui lui est fait, rentre en rapport avec son Dieu ; pour cela il devra observer le code du nouveau temple (versets 6 à 11), dont la loi suprême est que tout y est Saint des saints (verset 12). Mais avant que le peuple puisse y célébrer le nouveau culte, l’autel des holocaustes doit être inauguré (versets 13 à 27). Suivent des règlements :

  • sur l’accès du prince et du peuple au sanctuaire, Ézéchiel 44.1-9
  • sur le service des lévites, Ézéchiel 44.10-14
  • sur le service et les droits des sacrificateurs, Ézéchiel 44.15-31
  • sur la portion du pays limitrophe du sanctuaire qui doit échoir aux sacrificateurs, aux lévites et au prince, Ézéchiel 45.1-8
  • sur les obligations et les droits du prince, Ézéchiel 45.9-17
  • sur les sacrifices à offrir aux jours de sabbat et de nouvelles lunes, aux fêtes et à chaque jour de l’année, Ézéchiel 45.18-46.15
  • sur la succession du prince, Ézéchiel 46.16-18
  • enfin un appendice sur les cuisines du temple, Ézéchiel 46.19-24.
13 à 17 description de l’autel

voyez la Figure 7.

Il n’a été fait jusqu’ici mention qu’en passant de l’autel (Ézéchiel 40.47) qui apparaît dans notre passage comme le centre du nouveau culte, de même que matériellement parlant il occupe le centre du sanctuaire (comparez Ézéchiel 40.47, note et Figure 1, O). Déjà les autels des patriarches étaient pour ainsi dire leurs lieux de culte et l’Éternel y habitait (Genèse 25.1 ; comparez Genèse 28.16-22). Plus tard, les Israélites, de retour de l’exil, s’occupent avant tout de rebâtir l’autel, malgré les menaces des peuples du pays, afin de pouvoir commencer à célébrer le culte (Esdras 3.3).

Il n’est pas difficile de se représenter l’autel du nouveau temple, bien qu’on ne voie pas si le prophète reçoit simplement communication de ses dimensions ou si l’autel est mesuré devant lui. Il est évident qu’il s’agit d’une construction formée de parallélépipèdes superposés, diminuant de surface de la base jusqu’au sommet. Ces étages sont au nombre de quatre : le socle, le petit cadre, le grand cadre et le Harel, de hauteurs inégales, mais chacun également en retraite d’une coudée de chaque côté sur le précédent. Le socle a une coudée d’élévation au-dessus du sol, le petit cadre deux coudées au-dessus du socle, le grand cadre quatre coudées au-dessus du petit, enfin le Harel quatre coudées au-dessus du grand cadre. Quant à la largeur et à la longueur de ces différents étages de l’autel, qui forment des carrés réguliers d’après le verset 16, elle est de douze coudées pour l’Ariel et de quatorze coudées pour le cadre autour du Harel, d’où l’on peut facilement conclure qu’elle est de seize, dix-huit, et vingt coudées pour les trois étages inférieurs. On obtient ainsi une construction en gradins, d’aspect régulier, mesurant dix coudées de hauteur au dessus du socle, et au socle même vingt coudées de longueur. Ces proportions sont celles de l’autel bâti par Salomon (2 Chroniques 4.1).

D’une coudée et d’un palme : voyez Ézéchiel 40.5.

Le cheneau, Figure 7, C et Y, proprement le sein, devait être pratiqué dans la partie du socle dépassant d’une coudée le cadre inférieur. C’était dans ce cheneau que le sacrificateur versait le reste du sang des animaux sacrifiés, après qu’il en avait auparavant mouillé avec le doigt les cornes de l’autel (Lévitique 8.15 ; comparez verset 20).

Le rebord (B-D et Z-a) dont il est question ici (comparez Exode 27.5) n’était vraisemblablement pas en pierre, mais en bois ou en métal, il exhaussait le pourtour (A-B et Z-A’) (proprement la lèvre) du cheneau, sans doute pour empêcher le sang de rejaillir et les vêtements flottants du sacrificateur de se souiller. Cet appendice avait un empan de hauteur, soit une demi-coudée ou environ 28 centimètres.

Tel est… Avec le verset 13 est terminée la description du socle (A-B-C-Y-Z-A’), en hébreu le dos de l’autel ; ce qui suit contient celle de l’autel proprement dit.

14 Du cheneau du sol au cadre inférieur il y a deux coudées, et la largeur est d’une coudée ; et du petit cadre au grand cadre il y a quatre coudées et la largeur est d’une coudée.

Le cheneau du sol : C’est le cheneau du verset 13, ainsi appelé pour le distinguer de celui du cadre (verset 17).

Le petit cadre, ou cadre inférieur (C-E-X-Y).

La largeur (E-F).

Le grand cadre (F-G-V-W).

15 Le Harel a quatre coudées et de l’Ariel s’élèvent les quatre cornes.

Cette dernière partie est l’autel primitif et dans la forme la plus simple.

Le Harel (H-J-L-N-O-Q-R-T). Il y a peut-être dans ce nom symbolique qui signifie montagne de Dieu, allusion à des passages tels que Ésaïe 2.2 ; Ésaïe 66.20. Il faut distinguer le Harel qui, selon nous, désigne tout le cube supérieur, toute la masse du sommet de l’autel, de l’Ariel (N-O). L’Ariel (foyer de Dieu, voyez Ésaïe 29.1, note) est la surface carrée et plane du sommet de l’autel. C’est sur l’Ariel que les victimes étaient consumées et que s’élevaient les quatre cornes (M-N et O-P). C’est sur les cornes que l’on faisait aspersion d’une partie du sang des victimes (verset 20 ; Lévitique 8.15) et il suffisait de les saisir pour être à l’abri de toute injuste vengeance.

16 L’Ariel a douze coudées de longueur sur douze coudées de largeur, il forme un carré parfait.
16 et 17

Pour terminer la description de l’autel, il reste encore au prophète à donner les dimensions en largeur de ses différents étages. Il le fait pour l’étage supérieur seulement, car, d’après ce qu’il a dit dans les versets précédents, il est facile de conclure aux dimensions des étages inférieurs.

17 Le cadre a des quatre côtés quatorze coudées de longueur sur quatorze coudées de largeur et le rebord qui est autour a une demi coudée, il a tout autour un cheneau d’une coudée, et ses degrés sont tournés vers l’orient.

Le cadre (H-J-L-I et T-R-Q-U). C’est là le cadre du Harel (verset 15) appelé ici et verset 20 cadre tout court, parce qu’il constitue une partie probablement bien connue de l’autel primitif. Il faut donc le distinguer des deux cadres, le petit et le grand, mentionnés verset 14, qui ne sont que des parties accessoires ou des embellissements de la construction (A-G-V-A’) qui supporte l’autel proprement dit (H-M-P-T). Peut-être tous ces encadrements étaient-ils en bois. Celui-ci courait tout autour de l’Ariel qu’il dépassait d’une coudée, ce qui lui donne quatorze coudées de longueur sur autant de largeur. Il était muni comme le socle (verset 13) d’un chéneau (J-L et Q-R) et d’un rebord (J-K et S-R) destinés sans doute à empêcher que les cendres, les débris de bois et des victimes ne tombassent de l’autel.

Les degrés : non pas un escalier en pierre, ce qui eût surchargé l’édifice et nécessité une description spéciale, mais bien une échelle ou un escalier volant. Il n’est pas parlé de degrés dans l’autel de Salomon, et nous savons qu’ils étaient interdits dans le culte mosaïque (Exode 20.26). Du reste, l’autel de l’Exode, haut de trois coudées seulement (Exode 27.1), pouvait être facilement accessible au moyen d’un plan incliné.

18 Il me dit : Fils d’homme, ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Voici les règlements de l’autel le jour où il sera construit afin d’y offrir l’holocauste et d’y faire l’aspersion du sang :
18 à 27 rituel de l’inauguration de l’autel

La cérémonie décrite ici est analogue à celles qui furent célébrées lors de l’inauguration de l’autel des holocaustes du tabernacle (Lévitique 8.10 et suivants) et du temple de Salomon (1 Rois 8.62 et suivants ; 2 Chroniques 7.4 ; comparez Esdras 3.1-13) et qui durèrent aussi sept jours. Cependant, sans compter les omissions, peut-être non intentionnelles (onction d’huile par sept fois sur l’autel, libations, offrande des parties grasses consumées sur l’autel dans les sacrifices d’expiation), notre passage diffère de celui du Lévitique, qui est le plus détaillé, en deux points essentiels : Là il s’agit en première ligne de la consécration d’Aaron et des sacrificateurs, la purification de l’autel ne venant qu’en seconde ligne ; ici l’autel seul est consacré et les sacrificateurs sont représentés comme déjà investis de leurs fonctions (verset 19). C’est l’autel qui occupe toute l’attention du prophète, car il s’agit pour lui, non pas de fonder, mais de figurer un état de choses nouveau. Une autre différence à noter consiste en ce que l’importance est ici accordée essentiellement aux sacrifices d’holocaustes. Les victimes d’expiation ne sont qu’un taureau le premier jour (verset 19 et un bouc (verset 22), victime d’ordre inférieur, les six autres jours, tandis que dans le passage cité du Lévitique, elles avaient été d’un taureau et d’un bélier tous les sept jours de l’inauguration, plus un bélier spécialement pour la consécration des sacrificateurs. D’autre part, l’holocauste devra être d’un taureau et d’un bouc chaque jour (versets 23 et 24), tandis que dans le Lévitique, il avait été d’un taureau seulement. Cette différence est caractéristique pour la signification du nouveau culte, qui est surtout un culte d’holocaustes.

Le jour où il sera construit. La cérémonie est prescrite à l’avance comme Exode 29.37 et suivants.

L’aspersion du sang au pied de l’autel, accompagnait tous les holocaustes (Lévitique 1.5).

19 Tu donneras aux sacrificateurs Lévites qui sont de la race de Tsadok et qui s’approchent de moi, a dit le Seigneur l’Éternel, pour me servir, un jeune taureau en sacrifice pour le péché.
19 à 22 cérémonies d’expiation

Tu donneras, c’est-à-dire tu feras donner ; façon de parler plus vivante.

Aux sacrificateurs Lévites… Voyez Ézéchiel 40.46 et Ézéchiel 44.15 et suivants, note.

20 Tu prendras de son sang et tu le mettras sur les quatre cornes de l’autel et sur les quatre angles du cadre et sur le rebord tout autour, et tu feras l’expiation de l’autel et sa propitiation.

Du cadre…, le cadre supérieur (verset 17). Dans le rite mosaïque, il n’est fait mention que de l’aspersion du sang sur les cornes.

L’expiation et la propitiation : deux, notions voisines, la première exprimant plutôt le côté négatif, la faute enlevée, la seconde le côté positif, le bon plaisir de Dieu venant reposer sur le coupable réconcilié. Du reste cette expression d’expiation et de propitiation de l’autel est remarquable ; il semble que ce soit lui qui porte les péchés du peuple.

21 Et tu prendras le taureau victime du péché et on le brûlera dans le lieu réservé de la Maison, en dehors du sanctuaire.

On le brûlera… Dans le rite mosaïque les restes de la victime pour le péché étaient brûlés hors du camp, quoique dans son voisinage immédiat (Exode 29.11 ; Lévitique 9.11, etc)., ce qui représentait sans doute l’éloignement du souvenir même de la souillure du peuple.

Le lieu réservé (en hébreu le miphkad) : situé dans l’espace de cinquante coudées, mentionné Ézéchiel 45.2, tout autour de l’enceinte du sanctuaire. Il est à remarquer qu’une des portes de Jérusalem, voisine du temple, s’appelait la porte de Miphkad (Néhémie 3.31).

22 Et le second jour tu présenteras un jeune bouc sans défaut pour le péché et on fera l’expiation de l’autel comme on l’a faite par le taureau. 23 Quand tu auras achevé de faire l’expiation, tu présenteras un jeune taureau sans défaut et un bélier du troupeau sans défaut.
23 et 24 l’holocauste
24 Tu les présenteras devant l’Éternel : les sacrificateurs jetteront sur eux du sel et les offriront en holocauste à l’Éternel.

Le sel est le symbole de la sincérité ou pureté morale. D’après Lévitique 2.13 on devait mettre du sel sur toutes les oblations, et nous savons, par le Talmud, qu’il y avait un grenier à sel dans le temple ce qui peut faire supposer qu’on en saupoudrait toutes les victimes ; comparez Marc 9.49.

25 Pendant sept jours, tu offriras un bouc en sacrifice pour le péché, chaque jour, et on offrira aussi un taureau et un bélier du troupeau sans défaut.
25 et 26 récapitulation de ce qui précède

Pendant sept jours. On voit clairement que la cérémonie d’inauguration ne devait durer en tout que sept jours.

Un bouc… chaque jour…, expression légèrement incorrecte dans sa concision, puisque le premier jour (verset 19) c’est un taureau, et non pas un bouc, comme les six autres jours, qui devait être la victime d’expiation. Il faut donc se représenter l’holocauste (fin verset 25) comme offert immédiatement après le sacrifice d’expiation (début verset 25) et cela chaque jour, dès le premier jour, ainsi du reste que c’était l’usage (Lévitique 9.1 et suivant).

26 Pendant sept jours on fera la propitiation de l’autel, on le purifiera et on le consacrera.

On le purifiera : Cette expression résume celles de faire l’expiation et de faire la propitiation (voyez plus haut).

On le consacrera : proprement on remplira sa main, formule employée ailleurs, mais toujours en parlant des sacrificateurs aux mains desquels, au moment de leur consécration, on remettait les portions des victimes et les instruments du culte (Lévitique 8.27 ; Exode 28.41). Ici elle signifie sans doute revêtir l’autel de son caractère sacré pour le mettre en état de répandre sur le peuple les grâces qui y sont attachées.

27 Et ils achèveront les jours, et le huitième jour et dorénavant les sacrificateurs offriront sur l’autel vos holocaustes et vos sacrifices de reconnaissance, et je prendrai plaisir en vous, a dit le Seigneur l’Éternel.

Dorénavant ; il semble tout d’abord d’après ce verset, qu’à partir de ce huitième jour, on n’offrira plus sur l’autel que des holocaustes, qui sont des sacrifices d’adoration et de consécration à l’Éternel, avec des sacrifices de reconnaissance pour ses bienfaits. Le service de l’autel, dans lequel se concentre le culte, semble se résumer lui-même dans ces deux espèces de sacrifices. Cela ne doit pas être pris trop exclusivement, car il est fait mention encore des sacrifices d’expiation, chapitre 45, mais aux deux grandes époques de fête de l’année seulement. Il a bien encore des victimes pour le péché. Cependant, l’élément de la consécration et de la reconnaissance est désormais prépondérant. Les sacrifices d’expiation, chapitre 45, sont offerts d’une manière générale et collective, pour le sanctuaire et pour le peuple, et lorsqu’un sacrifice individuel est prévu, il s’agit d’holocaustes et de sacrifices de reconnaissance, Ézéchiel 46.12. Les seuls péchés mentionnés sont ceux de l’homme borné ou ignorant, Ézéchiel 45.20. Il n’en saurait être autrement au sein d’un peuple où l’Éternel habite à jamais, verset 9, et qui garde ses lois, verset 11. Comparez Ézéchiel 37.21-28. Ainsi s’expliquent en particulier les dernières paroles du verset : Je prendrai plaisir en vous.