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Ezéchiel 23
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Ezéchiel 23

Le procès des deux sœurs criminelles

Une fois encore, avant de prononcer le mot qui doit précéder la ruine (chapitre 24), le prophète remet devant les yeux de Jérusalem le tableau de ses crimes, semblables à ceux de Samarie, qui en a déjà porté la peine, et il lui annonce le même sort. Ce tableau a beaucoup d’analogie avec celui du chapitre 16, et tous deux sont le développement de celui qu’avait déjà esquissé en quelques traits Jérémie 3.6-10 ; mais il se distingue surtout par deux traits du précédent : le sort de Juda y est mis en parallèle avec celui de Samarie ; et l’exécution de son châtiment futur est attribuée à ceux-là mêmes auprès desquels Juda a cherché son salut (les Chaldéens).

Le prophète, dans ce discours, se sert fréquemment d’images propres à exciter le dégoût ; mais il le fait dans un esprit de sainteté ; car son but n’est autre que de produire l’horreur des péchés qu’il décrit au moyen de ces expressions figurées. Comparez les précédentes remarques dans l’introduction du chapitre 16.

Voici la marche du discours :

  • Israël et Juda se sont détournés de l’Éternel dès leur séjour en Égypte, versets 1 à 4
  • Samarie a continué à marcher dans cette voie, et cela en cherchant son appui auprès des Assyriens, et Dieu l’a détruite par eux, versets 5 à 10
  • Malgré cet exemple, Jérusalem a fait pis encore ; elle a recherché la faveur des Assyriens, puis celle des Chaldéens ; elle s’est même en dernier lieu retournée vers l’Égypte, versets 11 à 21
  • Dieu la punira par les Chaldéens, versets 22 à 35
  • Puis le prophète réunit encore une fois les deux sœurs dans un tableau unique qui retrace de nouveau leurs débordements, versets 36 à 44
  • et qui prépare la description de l’exécution capitale de ces deux criminelles pour le double crime de meurtre et d’adultère, versets 45 à 49.
1 Et la parole de l’Éternel me fut adressée en ces mots : 2 Fils d’homme, il y a eu deux femmes, filles d’une même mère.

Deux femmes. Les deux peuples des dix tribus et de Juda, séparés plus tard, n’en formaient encore qu’un seul en Égypte ; mais le prophète les considère déjà comme distincts, tout en rappelant leur unité primitive par ces mots : filles d’une même mère.

3 Elles se prostituèrent en Égypte. Dans leur jeunesse elles se sont prostituées ; là on a pressé leurs mamelles ; là on a porté la main sur leur sein virginal.

L’influence corruptrice de l’idolâtrie égyptienne sur le peuple de Dieu avait déjà été indiquée plusieurs fois (comparez Ézéchiel 16.26 et Ézéchiel 20.7).

4 Voici leurs noms : Ohola, la plus grande, et Oholiba, sa sœur. Elles furent à moi et enfantèrent des fils et des filles ; et voici leurs noms : Ohola, c’est Samarie, et Oholiba, c’est Jérusalem.

Voici leurs noms : dans l’allégorie qui va suivre.

Ohola signifie : sa tente, à elle ; Oholiba : ma tente en elle. Ces deux noms rappellent ce contraste : que le peuple des dix tribus, après s’être séparé du sanctuaire de Jérusalem, s’était élevé un sanctuaire à lui, celui de Béthel, dont il est si souvent parlé dans Amos et dans Osée, et où l’on adorait Dieu sous l’image égyptienne du veau d’or ; tandis que le peuple de Juda continuait à adorer l’Éternel dans son sanctuaire, à Jérusalem.

La plus grande, non l’aînée, comme quelques-uns traduisent ; comparez Ézéchiel 16.46. Le royaume du nord, comprenant dix tribus, était plus grand que celui de Juda.

Elles furent à moi : en vertu des grands faits de la sortie d’Égypte et de la législation du Sinaï.

Elles enfantèrent… Allusion à la multiplication du peuple en Égypte et plus tard en Canaan. Le prophète ne s’assujettit pas servilement à l’ordre chronologique des faits.

Leurs noms : cette fois-ci, leurs vrais noms.

5 Et Ohola me fut infidèle ; elle aima avec passion ses amants, les Assyriens ses voisins,
5 à 10 conduite et châtiment de Samarie
5 et 6

Israël se laissa séduire par la puissance et le luxe des Assyriens ; il rechercha leur alliance, ce qu’il ne pouvait faire sans abandonner sa confiance en l’Éternel et sans s’associer au culte des dieux du peuple étranger. Comparez ce qui est dit de l’ambassade de Ménahem auprès du roi assyrien Phul, 2 Rois 15.19, et de celle du roi Osée auprès de Salmanasar, 2 Rois 17.3 ; comparez Osée 8.9.

6 vêtus de pourpre, gouverneurs et chefs, tous beaux jeunes hommes, cavaliers bien montés,

Gouverneurs et chefs: gouverneurs de province et magistrats locaux (Néhémie 2.16 ; Néhémie 12.40, etc).

7 et elle leur prostitua ses amours. Ils étaient tous l’élite des fils de l’Assyrie ; et avec tous ceux qu’elle aimait avec passion, elle se souilla de toutes leurs infamies.

C’est cette fausse politique et cette apostasie religieuse qu’Ézéchiel réunit dans l’image de la prostitution.

8 Et elle n’avait point abandonné ses prostitutions de l’Égypte, où on l’avait déshonorée dans sa jeunesse, où l’on avait porté la main sur son sein virginal, et où on s’était livré avec elle à des débordements d’impudicité.

On pourrait appliquer ce trait au culte du veau d’or, qui rappelait le culte du bœuf Apis. Mais il est plus probable qu’Ézéchiel fait allusion aux traités d’alliance si souvent contractés avec les souverains égyptiens.

9 C’est pourquoi je l’ai livrée à ses amants, aux fils de l’Assyrie qu’elle avait aimés avec passion ;
9 et 10 Israël a été puni par où il avait péché
10 ils ont découvert sa nudité ; ils ont pris ses fils et ses filles ; ils l’ont égorgée avec l’épée, et elle devint célèbre chez les femmes : justice en avait été faite.

Découvert sa nudité : en emmenant tous les habitants du pays en captivité.

Égorgée avec l’épée : par la destruction du royaume.

Elle devint célèbre… Toutes les autres nations entendirent parler de sa chute et s’en moquèrent.

11 Et sa sœur Oholiba l’a vu, et elle s’est corrompue plus qu’elle dans ses amours, et ses prostitutions ont dépassé les prostitutions de sa sœur.
11 à 21 l’infidélité de Juda dépasse encore le crime de Samarie, malgré le châtiment exemplaire de celle-ci
12 Elle a aimé avec passion les fils d’Assur, gouverneurs et chefs, ses voisins, élégamment vêtus, cavaliers bien montés, tous beaux jeunes hommes ;

Depuis Achaz, Juda rechercha à prix d’argent l’alliance d’Assur ; voir 2 Rois 16.7 et Ésaïe 7.1 et suivants.

13 et je vis qu’elle se souillait ; toutes deux suivaient le même train. 14 Et elle ajouta encore à ses prostitutions. Elle vit des hommes dessinés sur le mur, des images de Chaldéens peints au vermillon,
14 à 16

Après que les Assyriens eurent succombé dans la lutte avec les Chaldéens, ce fut à ceux-ci que Juda adressa ses hommages.

Des hommes dessinés sur le mur. Les Assyriens et les Babyloniens couvraient les murailles de leurs palais de peintures représentant des scènes de guerre, de triomphe, de chasse, encore aujourd’hui admirablement conservées. Les ambassadeurs envoyés de Jérusalem à Ninive et à Babylone racontaient avec admiration à leur retour ce qu’ils avaient vu dans ces villes ; et les rois qui, comme Sédécias, s’étaient eux-mêmes rendus à Babylone, imitaient sans doute dans leurs propres palais ces peintures brillantes.

15 la ceinture aux reins, la tête couverte d’amples turbans, tous paraissant de grands seigneurs ; c’étaient des portraits des fils de Babel ; la Chaldée était leur patrie.

De grands seigneurs. Le mot schalischim désigne soit les trois guerriers qui occupent ensemble un chariot de guerre, soit les personnages de la haute aristocratie qui forment le troisième degré dans l’État après le monarque.

16 Elle se passionna d’eux à cette vue, et envoya des messagers vers eux en Chaldée ; 17 et les fils de Babel vinrent vers elle au lit des amours et la souillèrent par leurs prostitutions, et elle se souilla avec eux, puis son âme se détacha d’eux.
17 et 18

Par ces relations politiques et, assurément aussi, commerciales avec Babylone, l’idolâtrie chaldéenne avait facilement pénétré dans le peuple de Juda.

18 Et elle fit voir à découvert ses prostitutions ; elle découvrit sa nudité, et mon âme se détacha d’elle comme mon âme s’était détachée de sa sœur. 19 Elle a multiplié ses prostitutions, se rappelant les jours de sa jeunesse où elle s’était prostituée au pays d’Égypte.
19 à 21

Mais lorsque Babylone fit peser trop lourdement son joug sur Juda, celui-ci se dégoûta de cette dépendance et chercha dans le secours de l’Égypte un moyen de s’en affranchir. C’était, revenir, selon l’expression du prophète, à l’impudicité de sa jeunesse. Comparez 2 Rois 24.7 ; Jérémie 37.5-7.

20 Elle s’est passionnée de ces impudiques ayant des membres d’âne et ardents comme le sont des étalons.

Ces impudiques. Le prophète caractérise ici par les expressions les plus répugnantes la sensualité animale que l’on attribuait aux Égyptiens ; comparez des expressions analogues relatives à Israël lui-même Jérémie 2.23-25.

21 Tu as voulu revenir aux turpitudes de ta jeunesse, quand les Égyptiens pressaient tes mamelles à cause de ton sein virginal. 22 C’est pourquoi, Oholiba, ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Je vais exciter contre toi tes amants, ceux dont ton âme s’est détachée, et je les ferai venir contre toi de toute part,
22 à 35

Le châtiment de Juda. C’est évidemment avec intention que le prophète reproduit en quelque sorte littéralement, dans le tableau de l’armée ennemie qui envahit Juda, le portrait qu’il avait fait de ces mêmes étrangers en décrivant l’attrait qu’ils avaient exercé sur l’imagination du peuple israélite (versets 11 à 15). Ses séducteurs eux-mêmes deviennent ses bourreaux.

23 les fils de Babel et tous les Chaldéens, princes, riches et grands, et tous les fils d’Assur avec eux, beaux jeunes hommes, tous gouverneurs et chefs, dignitaires et conseillers, tous montés sur des chevaux ;

Princes, riches et grands : trois termes obscurs et dont le sens a été diversement compris.

24 et contre toi s’avancent armes, chevaux et roues, une foule de peuples ; boucliers, écus et casques se rangent contre toi ; je leur remets le jugement, et ils te jugeront selon leurs lois.

Ils te couperont le nez… Il n’y a point ici, comme on l’a cru, une allusion à l’usage égyptien de couper le nez aux femmes adultères, mais plutôt aux mutilations que les Assyriens et les Chaldéens faisaient subir à leurs prisonniers.

Ce qui restera de toi : ce qui ne sera pas emmené captif sera massacré.

25 Je donnerai cours à ma jalousie contre toi, et ils te traiteront avec fureur ; ils te couperont le nez et les oreilles, et ce qui restera de toi tombera par l’épée ; ils prendront tes fils et tes filles, et ce qui restera de toi sera consumé par le feu. 26 Ils te dépouilleront de tes vêtements et prendront tes objets de parure.

Le prophète revient à l’image précédemment employée pour décrire la honte et le pillage que subira le peuple.

27 Et je mettrai un terme à ton crime et à tes débauches du pays d’Égypte, et tu ne lèveras plus les yeux vers eux et tu ne te souviendras plus de l’Égypte.

Tes débauches du pays d’Égypte. L’infidélité envers Jéhova qui avait commencé dès le séjour du peuple en Égypte, trouvera son terme dans ce châtiment terrible.

28 Car ainsi dit le Seigneur l’Éternel : Je vais te livrer à ceux que tu hais, à ceux dont ton âme s’est détachée.

Ceux dont ton âme s’est détachée : les Chaldéens, que Juda avait d’abord encensés et envers lesquels il avait ensuite violé le serment de fidélité en s’alliant contre eux avec l’Égypte.

29 Ils te traiteront avec haine ; ils emporteront tout ce que tu as gagné et te laisseront toute nue, et la honte de ton impudicité, de ton crime et de tes prostitutions sera découverte ; 30 on te fera ces choses-là, parce que tu t’es prostituée aux nations en te souillant avec leurs idoles. 31 Tu as suivi la voie de ta sœur ; c’est pourquoi je mettrai sa coupe en ta main.

Sa coupe. La coupe est fréquemment l’image d’une douleur inévitable (Matthieu 26.39 ; Jean 18.11).

32 Ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Tu boiras la coupe de ta sœur, coupe large et profonde, qui donnera à rire et à se moquer [de toi] ; tant sa capacité est grande.

La grandeur même de cette coupe entre les mains de l’infortunée qui doit la vider tout entière, excite la risée de toutes les autres nations, témoins de ce spectacle.

33 Tu seras prise d’ivresse et de tristesse ; c’est une coupe de morne stupeur que la coupe de ta sœur Samarie.

La coupe de ta sœur Samarie. Par cette expression, le prophète remet devant les yeux de Juda un tableau effrayant et bien connu, celui du sac de Samarie ; cette terrible réalité allait se répéter pour lui. Quand on a partagé le crime, il faut partager la peine.

34 Tu la boiras et la videras, et tu en mordras les morceaux et t’en déchireras le sein, car moi j’ai parlé, dit le Seigneur l’Éternel.

L’image continue ; quand Oholiba aura vidé la coupe, et l’aura jetée à terre pour la briser, dans sa rage insensée elle en relèvera les morceaux pour les mordre et s’en déchirer le sein. C’est l’image du dernier degré de fureur et de désespoir, ce que Jésus appelle les pleurs et les grincements de dents.

35 C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Parce que tu m’as oublié et que tu m’as jeté derrière ton dos, toi aussi porte la peine de ton crime et de tes prostitutions !

Tu m’as oublié. Il y a dans ce mot tout l’amour de Dieu et toute l’ingratitude de l’homme.

36 Puis l’Éternel me dit : Fils d’homme, jugeras-tu Ohola et Oholiba ? Déclare-leur leurs abominations.
36 à 44 tableau sommaire et final de la corruption des deux sœurs

Jugeras-tu ? Comparez Ézéchiel 20.4 et Ézéchiel 22.2.

Quatre traits de grossière infidélité à l’Éternel sont signalés dans les versets suivants.

37 Car elles ont été adultères et il y a du sang dans leurs mains. Elles ont commis adultère avec leurs idoles, et même leurs fils qu’elles m’ont enfantés, elles les leur ont servis à manger.

Premier trait : l’idolâtrie, spécialement sous la forme du culte de Moloch et des sacrifices d’enfants.

38 Voici encore ce qu’elles m’ont fait : elles ont souillé mon sanctuaire en ce jour-là et ont profané mes sabbats.

Second trait : la pratique des cultes idolâtres, jusque dans le temple et au jour même du sabbat.

39 Et quand elles immolaient leurs fils à leurs idoles, elles sont entrées dans mon sanctuaire en ce jour-là pour le profaner, et voilà ce qu’elles ont fait au milieu de ma maison.

Troisième trait : le mélange continuel de ces cultes idolâtres avec celui de l’Éternel. Là où il y avait une fête à célébrer, on y courait, sans s’inquiéter de savoir à quelle divinité elle s’adressait, que ce fût aux faux dieux ou à l’Éternel. On ne songeait dans tout cela à la satisfaction d’aucun besoin religieux ; on ne cherchait que le plaisir.

40 Et même elles se sont adressées à des hommes venant de loin ; elles leur ont envoyé un messager, et ils sont venus. Pour eux tu t’es lavée, tu t’es fardé les yeux, tu t’es ornée de tes parures ;
40 et 41

Quatrième trait : les alliances avec les Assyriens et les Chaldéens, dont il a déjà été parlé au verset 16. Jérusalem est représentée sous l’image d’une femme vicieuse qui a convié chez elle des hôtes étrangers (venant de loin), et qui, après s’être parée, les reçoit magnifiquement chez elle. Ce tableau représente les efforts des rois et du peuple de Juda pour gagner les bonnes grâces des puissants monarques de Ninive et de Babylone, et la grossière infidélité avec laquelle on s’appropriait à Jérusalem l’idolâtrie de ces peuples païens.

Fardé les yeux : voir Jérémie 4.30, et Ésaïe 54.11, note.

41 et tu t’es assise sur un lit d’apparat ; devant ce lit une table était dressée, et tu y as posé mon encens et mon huile.

Mon encens et mon huile. Les présents que les Israélites offraient aux étrangers, étaient des biens qu’ils tenaient de la munificence de Dieu même, qui leur avait donné la terre de Canaan ; ces biens, ils auraient donc dû les consacrer à son culte et à son service.

42 On y entendait le bruit d’une foule joyeuse ; avec les gens venus des grands amas d’hommes, ont été conviés les buveurs du désert qui ont mis des bracelets aux mains [des deux sœurs] et des couronnes magnifiques sur leurs têtes.

Ce verset est presque incompréhensible, et il est difficile de supposer que le texte n’ait pas subi quelque altération. On pourrait traduire : Et la voix de la multitude bruyante se calme en elle, et aux hommes venus d’un peuple éloigné se joignent les buveurs du désert, et ils mettent à ses mains, etc. Ce bruit qui s’apaise se rapporterait à l’époque de tranquillité relative qui suivit l’annexion de Juda à l’empire d’Assyrie. Les buveurs du désert, qui viennent s’ajouter aux ennemis plus anciens, aux Assyriens, seraient les Chaldéens, dont un ancien historien (Quinte-Curce V, 1) dit qu’ils étaient extrêmement adonnés au vin et à tous les vices qui procèdent de l’ivrognerie. Ils seraient désignés comme venant du désert, parce que c’était par le désert de Syrie, à l’est de la Palestine, qu’arrivaient à Jérusalem les ambassadeurs babyloniens.

Les bracelets et les couronnes d’or, dont ils ornent la prostituée, seraient les symboles de l’état de prospérité momentanée dont Jérusalem fut redevable à la protection des monarques babyloniens, une fois qu’elle se fut soumise à eux. Mais ce passage peut recevoir un autre sens que nous avons suivi dans la traduction.

Une foule joyeuse : le mot schalev indique l’aise, le bien-être.

Les gens venus des amas d’hommes sont les Assyriens et les Chaldéens avec qui Juda a formé des alliances et auxquels il paie tribut. Les amas d’hommes sont les grandes capitales de Ninive et de Babylone, dans lesquelles une immense population était concentrée. Les buveurs du désert, conviés à l’impie rendez-vous de tous les cultes idolâtres à Jérusalem et dans le temple même (comparez chapitre 8), sont les tribus arabes du désert, qui vivent en dehors des grandes agglomérations humaines et représentent un degré d’état religieux et social inférieur à celui des grands États des plaines du Tigre et de l’Euphrate. Le nom de buveurs : soraïm paraît faire allusion au nom de Schéba que portait l’un de ces peuples (Ézéchiel 27.22). Ce peuple était riche ; comparez Psaumes 72.10 ; Ésaïe 55.6 ; 1 Rois 10.1 et suivants. C’est sans doute ce qui explique le don des ornements d’or, bracelets et couronnes, offerts par ces étrangers à Oboliba.

On a aussi appliqué le terme de buveurs aux idoles qu’apportaient avec eux ces peuples et auxquelles on offrait du vin.

43 Et je dis à cette femme usée dans les adultères : Va-t-elle maintenant continuer ses prostitutions… elle aussi ?
43 et 44

L’Éternel constate que Jérusalem est absolument incorrigible, aussi bien que l’avait été sa sœur Samarie.

44 On va vers elle comme on va vers une prostituée. C’est ainsi qu’on est allé vers Ohola et Oholiba, ces femmes criminelles.

Au commencement du verset il faut sous-entendre la réponse : Oui.

Suit l’annonce du jugement qui va être exécuté sur les deux sœurs incorrigibles.

45 Mais des hommes justes les condamneront à la peine des femmes adultères et à la peine de celles qui répandent le sang ; car elles sont adultères et il y a du sang dans leurs mains.
45 à 49

Procès et exécution des deux sœurs. Il est parlé du jugement de Samarie comme d’un événement encore futur, quoiqu’il fût accompli depuis plus d’un siècle. Afin de faire ressortir l’analogie de leur sort, les deux sœurs ont été réunies dans ce tableau, dont la réalisation est encore future pour Jérusalem. Le châtiment de Juda apparaît ainsi comme l’appoint de celui des dix tribus dont Juda a imité jusqu’au bout les débordements.

Les hommes justes sont les Chaldéens qui, tout corrompus qu’ils sont eux-mêmes, jouent, dans cette exécution sanglante, le rôle d’agents de la justice divine.

46 Car ainsi parle le Seigneur l’Éternel : Fais monter contre elles une assemblée, et qu’on les livre à la terreur et au pillage !

Fais monter contre elles. C’est la même scène que Ézéchiel 16.40-41 : la peine des adultères appliquée aux deux sœurs infidèles.

Que l’assemblée les assomme de pierre : allusion à la formule juridique ordinaire (Lévitique 24.16 ; Nombres 15.35, etc)..

47 Et que l’assemblée les assomme de pierres et les taille en pièces avec l’épée. Qu’on tue leurs fils et leurs filles et qu’on brûle leurs maisons ! 48 Et je mettrai un terme au crime dans le pays, et toutes les femmes en recevront instruction et ne commettront point des crimes pareils.

Toutes les femmes : les autres nations que le châtiment de Jérusalem engagera à renoncer à l’idolâtrie ; comparez Ézéchiel 16.41.

49 Et on fera retomber votre crime sur vous, et vous porterez la peine de votre idolâtrie, et vous saurez que moi je suis le Seigneur l’Éternel.

Vous saurez que je suis… Ces mots, quoiqu’exprimant proprement une menace, renferment cependant la seule lueur d’espérance qui éclaire ce discours. Reconnaître la main de Dieu dans le châtiment qui nous frappe, c’est en effet le premier pas pour sortir de l’état de péché où l’on était plongé.