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Esther 8
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Esther 8

Edit royal en faveur des Juifs
1 Ce jour-là le roi Assuérus donna à la reine Esther la maison d’Haman, l’oppresseur des Juifs, et Mardochée se présenta devant le roi, car Esther avait révélé ce qu’il lui était.
1 à 8 élévation de Mardochée, le roi accorde la demande d’Esther

La maison d’Haman, c’est-à-dire tout ce qui lui appartenait. En Orient la confiscation des biens accompagne toujours la peine capitale (Esther 3.11 ; Hérodote III, 129).

À la reine Esther. Une Juive se trouve donc en jouissance de la fortune du grand oppresseur des Juifs.

Se présenta devant le roi, car… Quand le roi sut que Mardochée était le tuteur (Esther 2.7) et le cousin d’Esther, il lui donna, comme à ses plus hauts officiers, accès auprès de sa personne (Esther 1.10 ; Esther 1.14 ; Esther 7.9). Après Esther 6.11 (honneurs rendus à Mardochée), il n’y avait plus lieu pour Esther de cacher ce qu’il lui était.

2 Et le roi ôta l’anneau qu’il avait repris à Haman et le donna à Mardochée. Et Esther établit Mardochée sur la maison d’Haman.

Et le donna à Mardochée : qui devint premier ministre et chancelier (Esther 3.10 ; Genèse 41.42), en même temps que gérant de la fortune d’Esther.

3 Et Esther parla de nouveau en présence du roi ; elle se jeta à ses pieds, pleura et le supplia de mettre à néant la méchanceté d’Haman, l’Agaguite, et ses machinations contre les Juifs.

Son salut personnel ne lui suffit pas elle n’oublie pas les siens dans la prospérité et, pour les sauver, risque encore une fois sa vie.

4 Et le roi tendit à Esther le sceptre d’or, et Esther se leva et se tint debout devant le roi.

Le sceptre. Comparez Esther 4.11.

5 Et elle dit : Si le roi le trouve bon, si j’ai trouvé grâce à ses yeux, si la chose paraît convenable au roi, si je suis agréable à ses yeux, qu’on écrive pour révoquer les lettres du complot d’Haman, fils d’Hammédatha, l’Agaguite, qu’il a écrites pour faire périr les Juifs qui sont dans toutes les provinces du roi.

Si le roi… si j’ai trouvé… Cette introduction à sa demande rappelle Esther 1.19 ; Esther 5.4 ; Esther 7.3, mais est renforcée de deux formules nouvelles, tant est importante sa demande.

Révoquer. Esther demande ici quelque chose d’impossible, et le roi le lui fera sentir par le dernier mot du verset 8 : irrévocable.

6 Car comment pourrais-je voir la calamité qui atteindrait mon peuple, et comment pourrais-je voir la destruction de ma parenté ?

Comparez Genèse 44.34.

7 Et le roi Assuérus dit à la reine Esther et à Mardochée, le Juif : Voici, j’ai donné la maison d’Haman à Esther, et lui, on l’a pendu au bois, parce qu’il avait porté la main contre les Juifs.

Pourquoi douter de ma bienveillance, après les preuves que j’en ai données déjà ?

8 Vous donc, écrivez au sujet des Juifs comme il vous semblera bon et au nom du roi, en scellant avec l’anneau du roi, car un ordre écrit au nom du roi et scellé avec l’anneau du roi est irrévocable.

Vous donc… Il donne à Esther et à Mardochée carte blanche pour rédiger et publier un nouvel édit, qui neutralise le premier sans le révoquer.

9 AIors les secrétaires du roi furent appelés, le vingt-trois du troisième mois, qui est le mois de Sivan, et on écrivit, suivant tout ce qu’avait ordonné Mardochée, aux Juifs, aux satrapes, aux gouverneurs et aux chefs de provinces, de l’Inde jusqu’à l’Éthiopie, cent vingt-sept provinces, à chaque province dans son écriture, à chaque peuple dans sa langue, ainsi qu’aux Juifs dans leur écriture et dans leur langue.
9 à 17 l’édit royal envoyé dans toutes les provinces

Deux mois, jour pour jour, s’étaient écoulés depuis l’édit d’Haman. On a trouvé dans les inscriptions cunéiformes le mois de Sivanu. Il correspond à mai-juin.

Ainsi qu’aux Juifs : tandis que l’édit de Haman n’avait, cela se comprend, été envoyé qu’aux satrapes et gouverneurs.

10 On écrivit au nom du roi Assuérus et on scella avec l’anneau du roi. On envoya les lettres par les courriers à cheval, montés sur des chevaux tirés des haras du roi.

Les courriers ordinaires (Esther 3.13), mais montés cette fois sur les meilleurs chevaux du roi, afin d’arriver à temps aux extrémités de l’immense empire.

11 Par ces lettres le roi accordait aux Juifs de toutes les villes de se rassembler et de défendre leur vie, d’exterminer, d’égorger et de détruire tous gens armés de tout peuple et de toute province qui les attaqueraient, y compris enfants et femmes, et de piller leurs biens,

Gens armés… qui les attaqueraient. Ainsi les Juifs n’ont pas attaqué les gens paisibles, mais ont frappé ceux-là seulement qui, malgré cet édit, se disposaient encore à les attaquer. Notre verset ressemble à Esther 3.13, à cette grande différence près que là c’étaient des gens inoffensifs qu’il était permis de massacrer. Voyez l’expression : défendre leur vie, ici et Esther 9.16.

Enfants et femmes : des Perses qui auraient cherché à massacrer les Juifs. Toute l’ancienne alliance procède par familles en matière de châtiments (Nombres 16.32 ; Josué 7.24 ; Daniel 6.24).

12 et cela en un seul jour dans toutes les provinces du roi Assuérus, le treize du douzième mois, qui est le mois d’Adar.

Un seul jour : le même que Esther 3.13.

13 Le texte du rescrit portait qu’un décret fût promulgué en toute province, notifié à tous les peuples, et que les Juifs se tinssent prêts pour ce jour-là à se venger de leurs ennemis. 14 Les courriers montés sur les chevaux du roi partirent en toute hâte par l’ordre du roi, et l’édit fut publié à Suse, la forteresse.

Fut publié. Esther 3.15.

15 Et Mardochée sortit de devant le roi dans un vêtement royal, bleu et blanc, avec une grande couronne d’or et un manteau de lin blanc et pourpre. Et la ville de Suse était dans la joie et l’allégresse.

Vêtement royal bleu et blanc. Voir sur ces deux couleurs Esther 1.6. Ces vêtements sont la tenue officielle du premier ministre et ne signifient pas que Mardochée veuille faire parade de son autorité. Quel contraste avec Esther 4.1.

La ville de Suse… Allégresse après tristesse (Esther 3.15), car c’eût été la paix, s’il ne se fût trouvé un noyau mal intentionné dont l’attitude incorrigiblement hostile amena en fin de compte une effusion de sang.

16 Les Juifs étaient rayonnants de joie, d’allégresse et de gloire.

Les Juifs : ceux de Suse.

Rayonnants de joie, littéralement : Il y avait pour les Juifs lumière et joie.

Gloire : car le grand-vizir était l’un d’eux !

17 Dans chaque province et dans chaque ville où arrivaient la parole du roi et son édit, il y avait pour les Juifs de la joie et de l’allégresse, des festins et des jours heureux. Beaucoup de gens des peuples du pays se firent Juifs, parce que la crainte des Juifs s’était emparée d’eux.

Des jours heureux : l’extrême opposé de Esther 4.3.

Se firent Juifs, littéralement : judaisèrent, expression qui, dans Galates 2.14, ne comprend pas la circoncision. Au reste il ne s’agissait pas de se joindre aux Juifs pour éviter la mort, puisque pour il cela suffisait pour les Perses de ne plus attaquer les Juifs.