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Esther 6
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Esther 6

Chapitres 6 et 7 honneurs rendus à Mardochée, chute d’Haman

Chapitre 6 Haman humilié devant Mardochée

1 Cette nuit-là le sommeil fuyait le roi ; et il ordonna d’apporter le livre des chroniques et on en fit lecture devant le roi.

Le livre des chroniques, littéralement : le livre des mémoires des événements quotidiens. Voir Esdras 4.15.

2 Et on trouva écrit ce qu’avait fait connaître Mardochée au sujet de Bigthana et de Théresch, deux eunuques du roi d’entre les gardes du seuil, qui avaient tenté de porter la main sur le roi Assuérus.

Comparez Esther 2.21-23, où le premier des conjurés est appelé Bigthan.

On trouva. Ici, comme dans l’insomnie du verset 1, se montre le doigt de Dieu.

3 Et le roi dit : Quel honneur et quelle distinction Mardochée a-t-il reçus pour cela ?
Et les gens du roi, ses serviteurs, répondirent : On n’a rien fait pour lui.

Les gens du roi : voir Esther 2.2.

On n’a rien fait pour lui. Et pourtant en Perse on récompensait magnifiquement les personnes qui avaient bien mérité du roi ; leurs noms étaient inscrits dans un rôle spécial (Hérodote VIII, 85 ; Ill, 140 ; Thucyde I, 138). Toutefois la récompense se faisait parfois attendre (Hérodote V, 11).

4 Et le roi dit : Qui est dans la cour ?
Et Haman entrait dans la cour extérieure de la maison du roi pour dire au roi de faire pendre Mardochée au bois qu’il avait préparé pour lui.

Le matin était arrivé et Haman était déjà dans la cour extérieure, où se tenaient, jusqu’à ce qu’ils fussent appelés, ceux qui voulaient obtenir une audience du roi (Esther 4.11 ; Esther 5.1). Mais c’est précisément cet empressement qui lui vaut son premier échec, au moment même où il se croit arrivé au comble de ses vœux.

5 Et les gens du roi lui dirent : Voici Haman qui se tient dans la cour. Et le roi dit : Qu’il vienne ! 6 Et Haman vint et le roi lui dit : Que faut-il faire à un homme que le roi désire honorer ?
Et Haman se dit en lui-même : À qui le roi veut-il faire honneur, si ce n’est à moi ?

Si ce n’est à moi ? littéralement : Plutôt qu’à moi ? Nous avons ici une expression (jother) qui ne se trouve plus que dans l’Ecclésiaste.

7 Et Haman dit au roi : L’homme que le roi veut honorer :

Ici aussi, comme Esther 5.7, la construction de la phrase est brisée.

8 qu’on prenne un vêtement royal que le roi a porté et un cheval que le roi a monté et sur la tête duquel a été posée la couronne royale ;

Que le roi a porté et non pas tel que le roi en porte. Plutarque, dans la vie d’Artaxerxès, paragraphe 5, raconte que Tiribaze obtint comme une grâce signalée que le roi lui donnât son vêtement ; mais en le lui donnant le roi lui interdit de jamais le porter. Haman espérait revêtir l’habit du roi (verset 9).

Et un cheval… Voir 1 Rois 1.33.

La couronne royale. On trouve représentés sur les monuments assyriens des chevaux portant sur la tête un ornement à trois pointes, en forme de couronne.

9 qu’on remette le vêtement et le cheval à l’un des princes du roi, l’un des grands seigneurs et que l’on revête l’homme que le roi veut honorer et qu’on le promène sur le cheval par les rues de la ville et qu’on crie devant lui : C’est ainsi que l’on traite l’homme que le roi veut honorer !

L’un des grands seigneurs. Choisi pour cet office, Haman ne pourra se plaindre : il fonctionnera comme l’un des grands de l’empire.

Qu’on crie devant lui ; comparez Genèse 41.43.

10 Et le roi dit à Haman : Hâte-toi de prendre le vêtement et le cheval, comme tu l’as dit, et fais cela à Mardochée, le Juif, qui est assis à la porte du roi ; et ne néglige rien de ce que tu as dit.

Le Juif. Le roi a appris pendant la nuit, par la lecture qui lui a été faite, que Mardochée était Juif, et, quand il s’est informé de ce qu’on avait fait pour lui, il aura appris également qu’il n’avait depuis longtemps qu’un modeste emploi à la porte du palais (Esther 2.11, note). Mais a-t-il donc oublié qu’il avait lui-même livré les Juifs à Haman et qu’ils étaient tous voués à la mort par un édit irrévocable ? Ou bien entend-il faire une exception en faveur de celui qui lui a sauvé la vie ? Quoi qu’il en soit, c’est déjà ici le secours d’en-haut.

11 Et Haman prit le vêtement et le cheval, il revêtit Mardochée, lui fit parcourir à cheval les places de la ville et cria devant lui : C’est ainsi que l’on traite l’homme que le roi veut honorer ! 12 Et Mardochée revint à la porte du roi, et Haman se rendit en hâte chez lui, triste et la tête voilée.

Se rendit en hâte : pour décharger son cœur avant d’être obligé d’aller au festin de la reine.

Tête voilée : signe de confusion profonde et de deuil (2 Samuel 15.30 ; Jérémie 14.4).

13 Et Haman raconta à Zéresch, sa femme, et à tous ses amis tout ce qui lui était arrivé, et ses sages lui dirent, ainsi que Zéresch, sa femme : Si Mardochée, devant lequel tu as commencé de tomber, est de la race des Juifs, tu ne pourras rien contre lui, mais tu tomberas certainement devant lui.

Haman trouve auprès de ses amis tout autre chose que des consolations. Il y avait parmi eux des mages qui, voyant un Juif pareillement honoré par le roi, se souviennent peut-être de la protection spéciale dont les Juifs ont été les objets de la part de Dieu, par exemple dans le temps de Nébucadnetsar et de Daniel. Le changement subit qui s’est produit dans les sentiments du roi suffirait d’ailleurs à expliquer leur prompte volte-face. Quelle différence entre la constance que la foi donne à Mardochée et la versatilité de ces païens ! Le passage Esther 5.13 fait ici difficulté, car là déjà Haman a parlé de Mardochée comme d’un Juif. Il semble que l’extraordinaire honneur rendu à Mardochée leur ait ouvert les yeux sur la valeur et la signification de sa nationalité.

14 Pendant qu’ils parlaient avec lui, survinrent les eunuques du roi, qui s’empressèrent d’emmener Haman au festin qu’Esther avait préparé.

L’entretien est subitement interrompu. L’heure du festin a sonné. Haman doit s’y rendre moins joyeux que sa femme ne l’avait dit (Esther 5.14).