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Esaïe 47
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Esaïe 47

La chute de Babylone

Babylone est punie pour son orgueil et pour sa dureté envers Israël (versets 1 à 11) ; aucun des moyens auxquels elle pourra avoir recours ne saurait la sauver (versets 12 à 15).

1 Descends, assieds-toi dans la poussière, vierge, fille de Babylone ; assieds-toi à terre, sans trône, fille des Chaldéens ! Car on ne t’appellera plus la délicate, la voluptueuse.

C’est l’Éternel qui parle : voir verset 3.

La fille de Babylone, la fille des Chaldéens. Cette expression poétique représente la ville de Babylone et le peuple chaldéen, sous l’image d’une reine qui va perdre son trône et tomber dans la condition la plus misérable. Les termes de délicate, de voluptueuse, rappellent les richesses, le luxe et la mollesse de Babylone. Cette capitale était réputée chez les anciens comme ville de plaisir (Quinte Curce, V, 1 ; comparez Daniel 5.1-30).

2 Prends la meule, et mouds la farine ; ôte ton voile ; relève ta traîne ; découvre tes jambes pour passer les fleuves !

Elle sera esclave, obligée de tourner la meule (le travail le plus pénible, Exode 11.5), dépouillée de ses riches vêtements, forcée de se découvrir pour passer les fleuves (les fleuves de Babylone, les affluents de l’Euphrate, Psaumes 137.1) quand on l’emmènera en captivité.

3 Que ta nudité soit découverte ; qu’on voie ta honte ! Je veux me venger ; je n’épargnerai personne !

Le même sort est prédit aux filles de Sion Ésaïe 3.17.

Comparez avec la fin du verset Ésaïe 13.3 ; Ésaïe 13.18.

4 Notre Rédempteur se nomme l’Éternel des armées, le Saint d’Israël !

Le Rédempteur (champion, vengeur) d’Israël peut et veut le sauver. Il le peut : c’est l’Éternel des armées ; il le veut : c’est le Saint d’Israël.

5 Assieds-toi en silence, entre dans les ténèbres, fille des Chaldéens ! Car on ne t’appellera plus la souveraine des royaumes.

Entre dans les ténèbres : pour y cacher et y pleurer ta honte. Comparez une image semblable pour dépeindre l’abaissement de Jérusalem, Ésaïe 29.4.

Souveraine des royaumes : elle dominait sur un grand nombre de royaumes conquis (Ésaïe 13.19) ; ses princes étaient les rois des rois (Ézéchiel 26.7).

6 J’ai été courroucé contre mon peuple ; j’ai profané mon héritage, et je les ai livrés entre tes mains… Tu ne leur fis point de miséricorde ; tu as fais peser lourdement ton joug sur le vieillard ;

Jéhova est irrité contre Babylone à cause de la cruauté dont elle a usé envers Israël. Il avait livré son peuple aux Chaldéens pour le châtier, et non pour le détruire ; mais eux ont passé toute mesure et l’ont traité comme s’ils en eussent été les maîtres absolus (Ésaïe 14.6 ; comparez Ésaïe 10.5-7 ; Zacharie 1.15 ; Jérémie 51.24).

Le vieillard est cité comme exemple des faibles que les Chaldéens ont maltraités.

7 et tu as dit : Je serai souveraine à toujours ! De sorte que tu n’as point pris ces choses à cœur ; tu n’as point songé à la fin de tout cela !

Jérémie 50.24.

8 Et maintenant, écoute ceci, voluptueuse, toi qui trônes en sécurité et qui dis en ton cœur : Moi, et rien que moi ! Je ne serai jamais veuve, et je ne serai pas privée de mes enfants !

Moi, et rien que moi ; c’est-à-dire : Je n’aurai pas d’égale. Elle parle comme Dieu lui-même (Ésaïe 45.5 ; Ésaïe 45.6 ; Ésaïe 45.18, etc).. Comparez les mêmes paroles dans la bouche de Ninive Sophonie 2.15.

9 Ces deux choses-là, la perte de tes enfants et le veuvage, fondront sur toi soudain, en un même jour ; elles viendront sur toi dans toute leur horreur, malgré la multitude de tes enchantements, malgré la puissance de tes sortilèges !

Une double peine lui sera infligée elle sera veuve, c’est-à-dire isolée, abandonnée de tous les peuples qui autrefois la courtisaient (Apocalypse 18.7-9, comparez Ésaïe 23.16-17), et privée d’enfants, c’est-à-dire dépeuplée (Ésaïe 23.4), ses habitants étant tous ou tués ou en fuite (Ésaïe 13.14-15 ; Ésaïe 43.14). En vain elle essaiera d’échapper à son sort par la puissance de ses sortilèges, car cette reine est une magicienne. La Chaldée est la patrie de l’astrologie et de la magie, cet art par lequel on pensait se rendre maître des puissances divines.

10 Tu te confiais dans ta malice ; tu disais : Nul ne me voit ! Ta sagesse et ta science te séduisaient, et tu disais en ton cœur : Moi, et rien que moi !

Dans ta malice : dans tout cet art infernal (verset 9).

11 Mais le mal viendra sur toi, tu ne sauras le conjurer, la calamité fondra sur toi, tu ne pourras la détourner ; et la ruine viendra sur toi soudain, sans que tu t’en doutes ! 12 Viens donc, avec tes sortilèges et avec la multitude de tes enchantements, auxquels tu t’es appliquée dès ta jeunesse…, peut-être en pourras-tu tirer profit, peut-être te rendras-tu redoutable ! 13 Tu t’es fatiguée à force de consultations… Qu’ils se présentent donc et qu’ils te sauvent, ceux qui mesurent le ciel, qui observent les étoiles, qui, aux nouvelles lunes, te font connaître ce qui doit t’arriver !

Il paraîtrait par la fin du verset que les astronomes babyloniens communiquaient chaque mois au gouvernement ou au peuple le résultat de leurs calculs. On a trouvé des tables astronomiques dont les doubles paraissent avoir été déposés dans plusieurs villes. Le voyageur anglais Smith a découvert en 1869 un calendrier assyrien dans lequel chaque mois est divisé en quatre semaines. Les Babyloniens sont les véritables inventeurs de ce que les Arabes ont appelé plus tard l’Almanach.

14 Voici, ils sont devenus comme le chaume ; le feu les a consumés ; ils ne sauveront pas leur vie de la violence de la flamme ; ce n’est point une braise pour cuire leur pain, ni un feu pour s’asseoir devant.

Les astrologues et les devins ne sauveront pas Babylone, car eux-mêmes seront consumés dans le jugement qui la frappera. Comparez Ésaïe 44.25, et pour l’image, Ésaïe 33.14.

15 Tels sont pour toi ceux avec lesquels tu t’es fatiguée ; ceux avec qui tu trafiquas dès ta jeunesse fuient chacun de son côté ; il n’y a personne qui te sauve !

Ceux avec qui tu t’es fatiguée : les sages, les devins (verset 43) ; on faisait pour leur entretien de grands sacrifices à Babylone ; ils y avaient un quartier à eux.

Ceux avec qui tu trafiquas… : les étrangers que leur commerce amenait dans Babylone, cette ville de négociants (Ézéchiel 17.4 ; Apocalypse 18.11 ; Apocalypse 18.15 ; comparez Ésaïe 13.14).