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Deutéronome 4
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1 Et maintenant, Israël, écoute les statuts et les ordonnances que je vous enseigne pour les pratiquer, afin que vous viviez et que vous entriez et que vous possédiez le pays que l’Éternel, le Dieu de vos pères, vous donne.
1 à 40

Après avoir rappelé à Israël son histoire depuis la sortie d’Égypte (Deutéronome 1.5 à 3.29), Moïse passe à l’exhortation proprement dite et rappelle les bases générales de l’alliance divine. De la grandeur incomparable du Dieu d’Israël il conclut au devoir de le servir seul et sans mélange d’idolâtrie.

1 à 8 Exhortation à l’observation exacte da la loi
2 Vous n’ajouterez rien à ce que je vous commande et vous n’en retrancherez rien, vous conformant aux commandements de l’Éternel votre Dieu, que je vous prescris. 3 Vos yeux voient ce que l’Éternel a fait à cause de Baal-Péor ; car tout homme qui était allé après Baal-Péor, l’Éternel ton Dieu l’a détruit du milieu de toi.

Baal-Péor. Allusion à la scène toute récente de Nombres 25.3-9.

4 Mais vous, qui vous êtes attachés à l’Éternel votre Dieu, vous êtes tous vivants aujourd’hui. 5 Voyez, je vous ai enseigné des statuts et des ordonnances, ainsi que l’Éternel mon Dieu me l’a commandé, afin que vous les pratiquiez dans le pays où vous entrez pour le posséder. 6 Vous les garderez et vous les mettrez en pratique, car ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples qui entendront tous ces statuts et diront : Cette grande nation est le seul peuple sage et intelligent !

Cette grande nation. Cette expression s’applique au grand avenir réservé à Israël, s’il reste fidèle à la loi.

7 Car quelle est la grande nation dont les dieux soient près d’elle comme l’Éternel notre Dieu l’est de nous toutes les fois que nous l’invoquons ?

Car quelle est la grande nation ? Le sens est : Quelle est la nation, si grande qu’elle soit, qui jouisse de tels privilèges ? Ces privilèges sont :

  1. la proximité de son Dieu qui se trouve là au premier appel (verset 7).
  2. la justice parfaite des lois qu’il a données à son peuple (verset 8).
8 Et quelle est la grande nation qui ait des statuts et des ordonnances justes comme toute cette loi que je mets aujourd’hui devant vous ? 9 Seulement prends garde à toi et garde bien ton âme, afin que tu n’oublies pas les choses que tes yeux ont vues et qu’elles ne sortent de ton cœur aucun jour de ta vie ; enseigne-les à tes fils et aux fils de tes fils ;
9 à 31

Exhortation au peuple à n’adorer que ce Dieu invisible qui s’est. révélé à lui sur Sinaï (versets 9 à 14), et à ne pas tomber dans l’idolâtrie (versets 15 à 31).

10 [souviens-toi] du jour où tu te présentas devant l’Éternel ton Dieu en Horeb, lorsque l’Éternel me dit : Assemble-moi le peuple, et je leur ferai entendre mes paroles, afin qu’ils apprennent à me craindre tout le temps qu’ils vivront sur la terre, et qu’ils les enseignent à leurs fils. 11 Et vous vous approchâtes et vous vous tîntes au pied de la montagne, et la montagne était embrasée d’un feu qui s’élevait jusque dans les profondeurs des cieux, parmi des ténèbres, des nuées et de l’obscurité. 12 Et l’Éternel nous parla du milieu du feu ; vous entendiez le son de ses paroles, mais sans voir aucune figure ; c’était seulement une voix. 13 Et il vous fit entendre son alliance qu’il vous ordonna d’observer, les dix paroles ; et il les écrivit sur deux tables de pierre. 14 À moi l’Éternel ordonna en ce temps-là de vous enseigner des statuts et des ordonnances pour les pratiquer dans le pays où vous allez entrer pour le posséder.

Des statuts et des ordonnances. Moïse veut parler des statuts et des ordonnances de la législation sinaïtique qui a suivi la promulgation du Décalogue, depuis Exode 21.

15 Vous prendrez bien garde à vos âmes, car vous n’avez vu aucune figure au jour où l’Éternel vous parla en Horeb du milieu du feu,
15 à 20

Exclusion de toutes les formes possibles d’idolâtrie, qu’il s’agisse de l’adoration de représentations matérielles de créatures quelconques, ou de celle des créatures elles-mêmes, comme les astres, dont les Orientaux faisaient des divinités.

À donnés en partage… Le sens n’est pas que Dieu a donné ces astres aux hommes pour les éclairer, mais qu’il les a assignés aux peuples païens pour leur servir de divinités. Cette idée s’explique par Romains 1.21 et suivants où l’on voit qu’après que les hommes eurent étouffé la connaissance naturelle qu’ils avaient de Dieu, Dieu les a livrés à l’égarement de l’idolâtrie. Il y avait du moins encore dans ces cultes un reste d’adoration, et dans le culte des astres une forme d’adoration plus élevée que l’idolâtrie grossière. Mais cette forme même, la moins dégradante, était encore indigne du peuple que Dieu s’était réservé à lui-même.

16 de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez quelque image taillée, la figure de quelque idole, une image d’homme ou de femme, 17 toute image d’animal marchant sur la terre, toute image d’oiseau volant dans le ciel, toute image de ce qui rampe sur le sol, toute image de poisson vivant dans les eaux sous la terre ; 18 toute image de ce qui rampe sur le sol, toute image de poisson vivant dans les eaux sous la terre ; 19 de peur aussi qu’élevant les yeux vers le ciel et que voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l’armée des cieux, tu ne sois poussé à te prosterner devant eux et à servir ces astres que l’Éternel, ton Dieu, a donnés en partage à tous les peuples qui sont sous tous les cieux. 20 Et pour vous, l’Éternel vous a pris et vous a fait sortir de ce fourneau à fondre le fer, de l’Égypte, afin que vous devinssiez le peuple de son héritage, comme vous l’êtes aujourd’hui. 21 Et l’Éternel s’irrita contre moi à cause de vous et il jura que je ne passerais pas le Jourdain et que je n’entrerais pas dans le bon pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage.
21 à 24

La pensée de la grande vocation d’Israël réveille en Moïse le regret qu’il a déjà exprimé à plusieurs reprises, de ne pouvoir assister à l’installation définitive du peuple en Canaan (comparez Deutéronome 3.26 ; Deutéronome 1.37).

22 Car je vais mourir dans ce pays-ci, sans passer le Jourdain ; et vous, vous allez le passer et posséder ce bon pays. 23 Gardez-vous d’oublier l’alliance que l’Éternel votre Dieu a traitée avec vous et de vous faire une image taillée, une figure de tout ce que l’Éternel ton Dieu t’a défendu. 24 Car l’Éternel ton Dieu est un feu consumant, un Dieu jaloux.

Comparez Hébreux 12.29.

25 Quand tu auras des fils et des fils de tes fils, et que vous aurez demeuré longtemps dans le pays, si vous vous corrompez et si vous faites quelque image taillée, la figure de quoi que ce soit, et que vous fassiez ce qui est mal aux yeux de l’Éternel ton Dieu, en l’irritant,
25 à 34 Châtiment de l’idolâtrie et fidélité de Dieu

Demeuré longtemps. Moïse prévoit le danger qui menace le peuple ; en s’habituant à jouir des biens présents, il courra le risque de laisser s’affaiblir le sentiment de la grâce divine à laquelle il doit tout.

26 je prends aujourd’hui à témoin, contre vous les cieux et la terre que certainement vous périrez bientôt de dessus la terre dont vous allez prendre possession en passant le Jourdain ; vous n’y prolongerez point vos jours, car vous serez certainement détruits, 27 et l’Éternel vous dispersera parmi les peuples, et vous resterez en petit nombre parmi les nations chez lesquelles l’Éternel vous mènera, 28 et vous servirez là des dieux ouvrages de mains d’homme, du bois et de la pierre, qui ne voient point et n’entendent point et ne mangent point et ne sentent point.

Lorsque Israël aura été exilé pour son idolâtrie, il continuera d’abord à s’y livrer avec les peuples païens chez lesquels il aura été dispersé ; mais à la fin un meilleur esprit se réveillera chez lui et, revenant à son Dieu, il retrouvera sa faveur.

29 Et de là vous chercherez l’Éternel votre Dieu, et tu le trouveras lorsque tu le chercheras de tout ton cœur et de toute ton âme.

De tout ton cœur… : non pas surtout pour échapper aux souffrances du châtiment, mais par un sentiment de sérieuse repentance. Le Deutéronome ne cesse d’insister sur le changement du cœur.

30 Dans ta détresse et lorsque toutes ces choses t’auront atteint, dans la suite des temps, tu retourneras jusqu’à l’Éternel, ton Dieu, et tu obéiras à sa voix. 31 Car c’est un Dieu miséricordieux que l’Éternel, ton Dieu ; il ne te laissera pas et ne te détruira pas, et il n’oubliera point l’alliance de tes pères qu’il leur a jurée.

Tes pères : les patriarches.

32 Car informe-toi des premiers temps, des temps qui t’ont précédé ; depuis le jour où Dieu a créé l’homme sur la terre et d’une extrémité des cieux à l’autre extrémité, y eut-il jamais chose si grande et a-t-on jamais entendu rien de pareil ?
32 à 40

En terminant Moïse rappelle à Israël les manifestations éclatantes par lesquelles Dieu a scellé son élection. Encore plus que la crainte du châtiment, cette pensée finale doit rendre inébranlable sa fidélité à son Dieu.

33 Quel peuple a entendu, comme tu l’as fait, la voix de Dieu parlant du milieu du feu et a pu demeurer en vie ?

Demeurer en vie. Comparez Exode 33.20 ; Deutéronome 5.24-25 ; Juges 13.22. Pour l’homme pécheur, la présence de Dieu est un feu consumant.

34 Ou un dieu a-t-il jamais essayé de venir prendre pour soi une nation du milieu d’une autre nation, au moyen d’épreuves, de signes, de miracles, par la guerre, à main forte et à bras étendu, et par des actions terribles et grandes, comme tout ce que l’Éternel, votre Dieu, a fait pour vous en Égypte, à tes yeux ?

Essayé. Nul autre dieu n’a même essayé de faire pour son peuple ce que Dieu a fait pour le sien en le retirant d’Égypte.

35 Tu as été rendu témoin de ces choses, afin que tu connusses que c’est l’Éternel qui est Dieu et que hors de lui, il n’y en a point.

Après l’avoir ainsi délivré, Dieu l’a instruit solennellement.

36 Des cieux il t’a fait entendre sa voix pour t’éduquer, et, sur la terre, il t’a fait voir son grand feu, et tu as entendu ses paroles du milieu du feu. 37 En retour de ce qu’il a aimé tes pères et choisi leur postérité après eux, de ce qu’il t’a fait sortir d’Égypte par sa présence, par sa grande puissance,

Un troisième bienfait : l’établissement du peuple dans la terre promise à ses pères.

Leur postérité, littéralement : sa postérité ; celle d’Abraham, le principal des ancêtres d’Israël.

Par sa présence, littéralement : par sa face, conformément à Exode 33.14 : Ma face ira, et je te donnerai du repos.

38 pour déposséder devant toi des nations plus grandes et plus puissantes que toi, pour te faire entrer dans leur pays et te le donner en héritage, comme tu le vois aujourd’hui, 39 connais aujourd’hui et grave dans ton cœur que c’est l’Éternel qui est Dieu en haut dans les cieux et en bas sur la terre, il n’y en a point d’autre. 40 Et garde ses statuts et ses commandements que je te prescris aujourd’hui, afin que tu sois heureux, toi et tes fils après toi, et afin que tu prolonges perpétuellement tes jours sur la terre que l’Éternel. ton Dieu te donne. 41 Alors Moïse sépara trois villes au-delà du Jourdain, vers le soleil levant,
41 à 43 Appendice historique : villes de refuge au-delà du Jourdain

Le premier discours, maintenant terminé n’était qu’une introduction aux deux qui devaient suivre. C’est à ce moment que le rédacteur place l’exécution de l’ordre donné au chapitre 35 des Nombres, relativement aux trois villes de refuge à établir dans le pays à l’est du Jourdain. En exécutant ainsi, avant de mourir, l’ordre divin, Moïse donne à son peuple l’exemple de l’exacte observation de la volonté divine et sanctionne par ce dernier acte d’obéissance la prise de possession de ce territoire déjà conquis au-delà du Jourdain.

42 pour servir de refuge au meurtrier qui aurait tué son prochain sans intention et sans avoir été son ennemi ni d’hier ni d’avant-hier ; il se réfugiera dans l’une de ces villes et il vivra. 43 C’étaient Bétser, dans le désert, sur le plateau, pour les Rubénites, Ramoth en Galaad, pour les Gadites, et Golan en Basan, pour les Manassites. 44 C’est ici la loi que Moïse mit devant les yeux des fils d’Israël,
4.44 à 26.19 second discours : la loi répétée et recommandée

Ce second discours comprend, après une courte introduction (versets 44 à 49) deux parties distinctes. Dans la première (chapitres 5 à 11), Moïse rappelle au peuple les dix commandements sur lesquels repose tout le reste des lois divines ; puis, ajoutant continuellement les exhortations aux enseignements, il insiste sur le grand principe de la religion israélite, le monothéisme, l’adoration de l’Éternel seul. La seconde partie (chapitres 12 à 26) contient des recommandations et des lois plus particulières.

44 à 49

Cette introduction place expressément ce discours tout entier dans le même cadre géographique et historique que le premier (Deutéronome 1.1).

45 ce sont les témoignages, les statuts et les ordonnances que Moïse avait donnés aux fils d’Israël lors de leur sortie d’Égypte, 46 au-delà du Jourdain, dans la vallée, en face de Beth-Péor, au pays de Sihon, roi des Amorrhéens, qui demeurait à Hesbon et qu’avaient battu Moïse et les fils d’Israël, lors de leur sortie d’Égypte. 47 Ils prirent possession de son pays, ainsi que du pays de Og, roi de Basan, deux rois des Amorrhéens habitant au-delà du Jourdain, vers le soleil levant, 48 depuis Aroër qui est au bord du torrent de l’Arnon, jusqu’à la montagne de Sion, qui est l’Hermon,

Sion : proprement montagne élevée. En hébreu l’orthographe de ce nom diffère de celle du mot qui désigne la colline de Sion à Jérusalem.

49 avec toute la plaine de l’autre côté du Jourdain, à l’orient, jusqu’à la mer de la vallée, au pied du Pisga.