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Deutéronome 25
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de Deutéronome 25

Prescriptions diverses
1 Quand des hommes auront entre eux une contestation et qu’ils se seront présentés devant les juges, et qu’on les aura jugés, et absous l’innocent et condamné le coupable,
1 à 3

Cette loi fait allusion à l’usage déjà existant de la bastonnade, dans le but d’en empêcher l’abus (verset 3).

2 si le coupable a mérité d’être battu, le juge le fera étendre par terre et battre en sa présence d’un nombre de coups proportionné à la gravité de sa faute.

Lévitique 19.20 ; Deutéronome 21.18 (note) ; Deutéronome 22.18 mentionnent aussi ce châtiment. Il est encore d’un usage général en Orient.

En sa présence : Cette manière sommaire de rendre la justice séance tenante n’a pas dans ces contrées le caractère infamant qu’elle aurait chez nous. L’instrument était, d’après les rabbins, un bâton (2 Samuel 7.14 ; Proverbes 13.24, etc)., ou un fouet à trois lanières.

Etendre par terre : les coups étaient appliqués sur le dos.

3 Il ne lui infligera pas plus de quarante coups, de peur que, si on continuait à le frapper beaucoup au-delà, ton frère ne fût avili à tes yeux.

Quarante. C’est le maximum. Aller plus loin ce serait traiter l’homme comme une brute ; la dignité humaine doit être ménagée, même dans le coupable : ton frère.

Les Juifs fixèrent plus tard la limite à quarante coups moins un (2 Corinthiens 11.24), soit par crainte de dépasser par mégarde le nombre 40, soit parce que le nombre de 39 coups était atteint par treize coups d’un fouet à trois lanières.

4 Tu n’emmuselleras point le bœuf, quand il foule le grain.

Les sentiments d’humanité qui déterminent un si grand nombre de ces préceptes doivent s’appliquer aussi au traitement des animaux ; comparez Exode 20.10.

Le bœuf, après avoir labouré péniblement le sol en automne, ne doit pas être empêché, au moment de la moisson, de jouir aussi du fruit de son travail, comme ce serait le cas si on lui mettait une muselière dans l’aire où il foule le blé. C’est ce principe que saint Paul applique 1 Corinthiens 9.9 aux ouvriers spirituels.

5 Si des frères demeurent ensemble et que l’un d’eux meure sans laisser de fils, la femme du défunt ne se mariera pas au dehors, à un étranger ; son beau-frère ira vers elle, la prendra pour femme et l’épousera selon le devoir du beau-frère ;
5 à 10 Loi du lévirat

Voir Genèse 28.8, note, et Lévitique 18.16. La loi de lévirat (nom provenant du latin) vise au maintien des familles, point envisagé en Israël comme particulièrement important à cause de la bénédiction d’Abraham qui devait se conserver à jamais dans toutes les familles du peuple. De plus il y a là un devoir à remplir envers la veuve du défunt dont l’existence doit être assurée, et envers le défunt lui-même dont le nom sans cela périrait en Israël.

6 et le premier-né qu’elle enfantera fera revivre le nom du frère défunt, et ce nom ne sera pas effacé d’Israël.

Demeurent ensemble, dans le voisinage l’un de l’autre. S’ils demeuraient à une grande distance l’un de l’autre, l’application de cette loi deviendrait très difficile, puisque le frère du défunt a à veiller sur le patrimoine de la famille dont il devient le protecteur (Ruth 4.3-4).

Son beau-frère, ou à son défaut le parent le plus rapproché (Ruth 4.4).

7 Et s’il ne plaît pas à cet homme de prendre sa belle-sœur, celle-ci montera à la porte vers les Anciens et dira : Mon beau-frère refuse de faire revivre le nom de son frère en Israël ; il ne veut pas m’épouser selon le devoir du beau-frère.

S’il ne plaît pas… Il n’y a donc pas contrainte exercée à l’égard du beau-frère ; cependant son refus attire sur lui et sa maison un certain déshonneur. Le refus de la femme n’est pas même supposé, le fait de n’avoir pas d’enfants étant pour une femme israélite un véritable déshonneur.

Montera à la porte : au tribunal (Deutéronome 21.19). Monter : c’est le terme consacré quand il s’agit de se rendre au tribunal (Nombres 16.12-14 ; Deutéronome 17.8).

8 Et les Anciens de sa ville l’appelleront et lui parleront. 9 Et s’il persiste et dit : Il ne me plaît pas de la prendre… sa belle-sœur s’approchera de lui en présence des Anciens, lui ôtera son soulier du pied et lui crachera an visage ; puis elle prendra la parole et dira : Qu’ainsi soit fait à l’homme qui ne bâtit pas la maison de son frère !

Lui ôtera son soulier. Le soulier est l’emblème de la propriété (Psaumes 60.10). De là l’antique usage israélite du déchaussement en cas de vente ou de cession d’une propriété (Ruth 4.7). L’ancien propriétaire ôtait l’un de ses souliers et le donnait à son successeur, montrant par là qu’il lui cédait ses droits. Dans ce cas-ci, comme la renonciation est une sorte d’injustice faite à la veuve, c’est celle-ci qui déchausse son beau-frère, prenant les juges à témoins qu’il a honteusement renoncé au droit qu’il avait de l’épouser.

Lui crachera au visage : en signe de mépris (Nombres 12.14) ; au visage, et non pas devant lui, comme le veulent les rabbins.

10 Et le nom [de sa famille] sera en Israël la maison du déchaussé.

Du déchaussé : expression désignant un homme qui ne respecte ni son honneur, ni celui de sa famille. Les Israélites n’allaient nu-pieds que dans les circonstances les plus lamentables (2 Samuel 15.30 ; Ésaïe 20.2).

Dans cette ordonnance il n’est pas tenu compte de la question de savoir si le frère du défunt est déjà marié ou non. Ce silence vient de ce que la polygamie était tolérée en Israël.

11 Quand des hommes se battront ensemble, un homme et son frère, si la femme de l’un d’eux s’approche pour délivrer son mari de la main de celui qui le frappe et qu’elle avance sa main et saisisse ce dernier par les parties honteuses,

C’est ici une de ces lois qui, sous la forme d’un cas particulier, rappellent le principe de pudeur et d’honnêteté qui doit régler toute la vie israélite.

12 tu lui couperas la main ton œil sera sans pitié.

Tu lui couperas la main. À côté de la loi du talion, c’est la seule mutilation prescrite par la loi.

13 Tu n’auras pas dans ton sac deux poids, un grand et un petit.
13 à 16 Rectitude dans les marchés ; comparez Proverbes 16.11 ; Proverbes 20.10 ; Proverbes 20.23

Dans ton sac. Il s’agit d’un marchand en passage.

Un grand et un petit : le premier pour acheter (Proverbes 31.24), le second pour vendre.

14 Tu n’auras pas dans ta maison deux éphas, un grand et un petit. 15 Tu auras un poids exact et juste, tu auras un épha exact et juste, afin que tes jours soient prolongés sur la terre que l’Éternel ton Dieu te donne.

Exact et juste : auquel il n’y ait rien ni à retrancher, ni à ajouter.

Afin que tes jours… La justice dans les transactions est une condition de vie pour un peuple. Même promesse Deutéronome 5.16.

16 Car quiconque fait ces choses, quiconque commet iniquité, est en abomination à l’Éternel ton Dieu. 17 Souviens-toi de ce que te fit Amalek, dans le trajet à votre sortie d’Égypte,
17 à 19

Amalek avait violé tous les sentiments d’humanité qui sont à la base des ordonnances précédentes (voir Exode 17.16, note).

18 comment il t’attaqua en route et tomba sur les traînards derrière toi, et toi tu étais fatigué et épuisé, et il n’eut aucune crainte de Dieu.

Tomba sur les traînards. Détail propre au Deutéronome. Perfidie et lâcheté.

Aucune crainte de Dieu. Amalek offensait par là Dieu même qui venait de délivrer Israël d’une manière si évidente.

19 Quand l’Éternel ton Dieu t’aura donné du repos, te délivrant de tous tes ennemis d’alentour, dans le pays que l’Éternel ton Dieu te donne en héritage pour le posséder, tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous les cieux : ne l’oublie point.