×

Appuyez sur Entrée pour rechercher ou ESC pour annuler.

Deutéronome 2
Bible Annotée (interlinéaire)

1 Et nous nous tournâmes et nous partîmes pour le désert par le chemin de la mer Rouge, comme l’Éternel me l’avait dit, et nous tournâmes longtemps autour de la montagne de Séir.
1 à 23 De Kadès aux premières conquêtes
1 à 3 les trente-huit ans de punition

Après un séjour prolongé à Kadès commença pour les Israélites, une longue période de vie nomade dans le désert, à l’ouest des montagnes de Séir, entre Kadès et le golfe Elanitique. C’est à ce temps que s’appliquent les mots : Nous tournâmes longtemps autour de la montagne de Séir. Moïse ne dit rien des événements qui remplirent ces trente-huit années. Voir Nombres 20, introduction. Ce temps, en effet, ne fut marqué par aucun progrès digne d’être signalé dans l’histoire d’Israël.

2 Et l’Éternel me parla, disant : 3 Vous avez assez fait le tour de ces montagnes : dirigez-vous vers le septentrion.

Pour s’être refusé à faire le pas décisif quand Dieu l’y appelait, le peuple fut condamné à aller et venir pendant de longues années, sans plus faire un pas en avant. Le récit recommence à partir du moment où l’Éternel leva la malédiction qui pesait sur le peuple en disant : Vous avez assez fait le tour de ces montagnes.

4 Donne cet ordre au peuple : Vous allez passer sur la frontière de vos frères, les fils d’Ésaü, qui habitent en Séir ; ils auront peur de vous. Soyez bien sur vos gardes ;
4 à 8 Relations avec Édom

Cette période arrivée à son terme, Israël, réuni de nouveau à Kadès, reçut l’ordre de reprendre le chemin de la mer Rouge pour passer au sud d’Édom et marcher ensuite vers le nord, à l’est du pays de Séir.

Ils auront peur de vous. Les Édomites, qui avaient fermé le passage à Israël dans la partie septentrionale de leur territoire, protégée par de hautes montagnes (Nombres 20.14-21) n’osèrent s’opposer à leur passage entre l’extrémité méridionale de leur pays et la mer Rouge.

Soyez bien sur vos gardes : pour ne pas vous laisser aller à les attaquer. Plus tard David soumit ces différents peuples (Psaumes 60.10), mais sans les détruire.

5 n’ayez pas de démêlé avec eux, car je ne vous donnerai rien dans leur pays, pas même ce que couvre la plante du pied, parce que j’ai donné à Ésaü en héritage la montagne de Séir. 6 Vous achèterez d’eux à prix d’argent tout ce que vous mangerez et vous leur paierez aussi l’eau que vous boirez ;

Vous leur paierez… et vous boirez : Vous ne mangerez et ne boirez que ce que vous aurez auparavant payé.

7 car l’Éternel ton Dieu t’a béni dans toutes les œuvres de tes mains, il a connu ta marche à travers ce grand désert ; voilà quarante années que l’Éternel ton Dieu est avec toi ; tu n’as manqué, de rien.

Car l’Éternel ton Dieu t’a béni. Moïse fait ressortir ici le fait que, grâce à la bénédiction de son Dieu, même durant cette époque de châtiment, Israël pourra faire cette dépense sans risquer de s’appauvrir. Comparez Nombres 23.1, pour Ruben.

Il a connu ta marche. Le mot connaître, tel que l’emploie l’Écriture, implique un sentiment de sollicitude (Psaumes 1.6).

8 Et nous passâmes, laissant de côté nos frères, les fils d’Ésaü, qui habitent en Séir, et le chemin de la vallée, Elath et Etsion-Guéber, et, nous détournant, nous prîmes le chemin du désert de Moab.

Et le chemin de la vallée. Ils laissèrent à gauche cette longue vallée de l’Araba qui va du sud au nord, du golfe Elanitique à la mer Morte, et à droite les deux villes situées au nord de ce golfe. Puis, tournant vers le nord, ils longèrent dans le désert syrien la frontière orientale d’Édom.

9 Alors l’Éternel me dit : N’attaque pas Moab et n’entre pas en guerre avec lui, car je ne te donnerai rien de leur pays en possession parce que j’ai donné Ar en possession aux enfants de Lot.
9 à 13 Relations avec Moab

Ce peuple est nommé ensuite : les enfants de Lot, pour faire comprendre que c’est sa parenté avec Israël qui est le motif de cette défense.

J’ai donné Ar. Ar, la capitale des Moabites, désigne ici en même temps toute la contrée qui en dépend. J’ai donné : dépouiller ce peuple serait porter atteinte à la dispensation divine.

10 Les Emim y habitaient auparavant ; c’était un peuple grand, nombreux et de haute taille, comme les Anakim ;
10 à 12

Cette notice ethnographique interrompt évidemment le discours de Moïse, qui reprend au verset 13. C’est une remarque explicative, d’abord ajoutée en marge, et qui, pour qu’elle ne se perdit pas, a été introduite dans le texte. L’intention du copiste qui l’a formulée a été de faire ressortir l’analogie entre le don d’un territoire que Dieu avait fait aux autres peuples parents des Israélites et membres de la famille d’Abraham, avec celui qu’il a fait aux Israélites eux-mêmes en leur donnant Canaan. Il est à remarquer en effet que tous les membres de la famille d’Abraham ne furent point les habitants primitifs de ces contrées et qu’ils ne les possédèrent que plus tard par une dispensation divine.

Les Emim : les terribles. Il a donc fallu le secours de Dieu pour que les Moabites pussent faire cette conquête (verset 21).

Les Anakim : voir Deutéronome 1.28.

11 ils sont, eux aussi, regardés comme des Réphaïm, ainsi que les Anakim, et les Moabites les appellent Emim.

Des Réphaïm : des géants. Voir Genèse 15.5, note.

12 Jadis aussi, Séir était habité par les Horiens ; mais les descendants d’Ésaü devaient les déposséder, et ils les détruisirent de devant eux et habitèrent à leur place, comme Israël a fait pour la terre que l’Éternel lui a donnée en possession..

Les Horiens. Ce mot signifie habitants des cavernes (Genèse 14.6). Les montagnes de Séir abondent en grottes naturelles.

Devaient… Nous rendons ainsi le futur, destiné à faire ressortir la dispensation divine.

Comme Israël a fait. On voit par ces mots que la notice versets 10 à 12 a été ajoutée après l’établissement du peuple en Canaan.

13 Maintenant levez-vous et passez le torrent de Zéred. Et nous passâmes le torrent de Zéred.
Le discours reprend

Zéred : la limite entre le désert et Moab. Voir Nombres 21.12, note.

14 Et le temps que durèrent nos marches, de Kadès-Barnéa au passage du torrent de Zéred, fut de trente-huit ans, jusqu’à ce que toute la génération des hommes de guerre eût disparu du milieu du camp, comme l’Éternel le leur avait juré.
14 à 23 Relations avec les Ammonites

Cette mort n’était pas seulement un événement naturel ; c’était Dieu qui frappait.

15 Et aussi la main de l’Éternel avait été sur eux pour les détruire du milieu du camp jusqu’à leur entière extinction. 16 Et lorsque tous les hommes de guerre furent morts jusqu’au dernier du milieu du peuple, 17 l’Éternel me parla, disant : 18 Tu vas passer aujourd’hui la frontière de Moab, qui est Ar,

Qui est Ar. Ar est sur la rive méridionale de l’Amon, qui formait la frontière septentrionale de Moab (Nombres 21.13-15).

19 et tu approcheras des fils d’Ammon. Ne les attaque pas et ne te mets pas en guerre avec eux, car je ne te donnerai rien du pays des fils d’Ammon en possession, parce que c’est aux fils de Lot que je l’ai donné en possession. 20 Ce pays aussi passait pour un pays de Réphaïm ; des Réphaïm y habitaient auparavant, et les Ammonites les appelaient Zamzummim.
20 à 23 Notice interrompant le discours, semblable à celle des versets 10 à 12

Le nom de zamzummim signifie par onomatopée : les tumultueux. À l’occasion de la destruction de ce peuple par les Ammonites, l’auteur de cette annotation rappelle un fait analogue, qui s’était accompli à la limite sud-ouest du pays de Canaan, au bord de la Méditerranée. Les Avviens, anciens habitants de cette contrée, avaient été dépossédés par le peuple des Caphthoriens ou Philistins ; seulement il ne dit pas de ceux-ci : Dieu leur a donné.

Les faits relevés dans ces notices historiques (versets 10 à 12 et 20 à 23) devaient frapper les Israélites, en leur montrant que parmi les peuples dont le territoire touchait au leur, il en était quatre, les Philistins, les Édomites, les Ammonites et les Moabites, qui avaient, comme eux, dépossédé des nations de race cananéenne et préludé ainsi à la conquête accomplie par eux.

21 C’était un peuple grand, nombreux et de haute taille, comme les Anakim, mais l’Éternel les détruisit devant les Ammonites, et ceux-ci prirent possession de leur pays et habitèrent à leur place. 22 C’est ainsi qu’il avait fait pour les fils d’Ésaü qui demeurent en Séir, lorsqu’il avait détruit les Horiens devant eux et qu’ils prirent possession de leur pays, et ils ont habité à leur place jusqu’à ce jour. 23 Et les Avviens aussi, qui habitaient dans des bourgades jusqu’à Graza, furent détruits par les Caphthoriens qui, étant sortis de Caphthor, vinrent habiter à leur place.

Avviens : tribu de pasteurs qui habitaient les steppes voisins de Gaza. Elle appartenait sans doute à cette couche de populations primitives dont faisaient partie les Horiens et les Emim. Il ne faut pas les confondre avec les Héviens (Genèse 10.17).

Bourgades (chatsérim) : des enclos ; ce que les Arabes modernes appellent des douars ou stations temporaires qu’ils établissent au désert. Cette expression s’oppose tacitement à l’idée des villes fortifiées des Philistins.

Détruits : mais non sans laisser quelques restes assujettis aux Philistins (Josué 13.3), comme les restes des Cananéens en Israël après la conquête.

Caphthor : l’île de Crète (Genèse 10.14).

24 Levez-vous, partez et passez le torrent d’Arnon. Vois, j’ai livré entre tes mains Sihon, roi de Hesbon, Amorrhéen, avec son pays ; commence la conquête et entre en guerre avec lui.
24 à 37 Victoire sur Sihon, roi de Hesbon

L’Arnon, aujourd’hui Wadi Modjib frontière nord du pays de Moab (Nombres 21.13, note). En le franchissant Israël entrait dans le territoire du roi cananéen Sihon. C’était le moment décisif où la conquête allait commencer.

25 Aujourd’hui je commencerai à inspirer ta frayeur et ta crainte à tous les peuples qui sont sous le ciel entier, tellement qu’au bruit de ta renommée ils trembleront et défailleront devant toi.

Ta frayeur et ta crainte : celles que tu inspires. La crainte est un sentiment plus durable que la frayeur. Comparez le cantique Nombres 21.27-30, où l’on voit quelle joie causa aux Israélites leur victoire sur Sihon, jadis vainqueur des Moabites, et de quel découragement cette même victoire dut frapper tous les peuples voisins, ennemis des Israélites.

26 Et j’envoyai du désert de Kédémoth des messagers à Sihon, roi de Hesbon, avec des paroles de paix, lui faisant dire :

Kédémoth. Voir Nombres 21.21, note. Ce territoire, dont le nom signifie quartiers orientaux, échut plus tard à la tribu de Ruben (Josué 13.18) ; la ville de Kédémoth fut l’une des quatre villes rubénites assignées aux Lévites (1 Chroniques 6.79). L’ordre de commencer la conquête en s’emparant du territoire de Sihon n’excluait pas une démarche préalable comme celle que Moïse raconte ici ; voir le verset 30.

27 Je voudrais passer par ton pays. Je suivrai le grand chemin, sans me détourner à droite ou à gauche. 28 Tu me vendras à prix d’argent ce que je mangerai, et tu me donneras à prix d’argent l’eau que je boirai ; je ne veux que passer, 29 ainsi en ont usé avec moi les fils d’Ésaü qui habitent en Séir et les Moabites qui habitent à Ar, jusqu’à ce que je passe le Jourdain pour entrer au pays que l’Éternel notre Dieu nous donne.

Ainsi en ont usé. Voir verset 8, note. Cette parole ne contredit point le refus du roi d’Édom (Nombres 20.20), puisque ce refus eut lieu longtemps avant le moment dont parle ici Moïse. Il s’agissait alors de traverser le pays d’Édom d’outre en outre (de l’ouest à l’est), depuis Kadès ; maintenant Israël s’est borné à en longer la frontière (du sud au nord), du côté du désert. Il paraît que dans cette fin de leur voyage les Israélites ne rencontrèrent pas d’hostilité et purent se procurer à prix d’argent ce qui était nécessaire à leur subsistance ; c’est ce qu’impliquaient déjà les versets 5 et 6. Pour la difficulté que présente Deutéronome 23.4 comparé à notre verset, voir à ce passage.

30 Et Sihon, roi de Hesbon, ne voulut pas nous laisser passer chez lui, car l’Éternel ton Dieu avait endurci son esprit et roidi son cœur, afin de te le livrer, comme cela est arrivé.

Endurci. Cette expression désigne, comme dans le cas de Pharaon avec lequel celui-ci a beaucoup d’analogie, l’aveuglement contre nature qui empêcha Sihon de céder aux motifs de simple prudence qui auraient dû lui faire accepter cette proposition équitable. Dieu ne le rendit pas plus orgueilleux qu’il ne l’était devenu à la suite de ses éclatantes victoires et de la fondation d’un royaume si considérable. Il fit seulement que les raisons de sagesse ne l’emportèrent pas chez lui sur les inspirations de l’orgueil. Dans le principe Dieu n’avait point promis à Israël un territoire à l’est du Jourdain. Mais cette contrée ayant été récemment conquise par Sihon, de moabite qu’elle était, était par là devenue cananéenne, et c’est là ce qui fit qu’il fut permis à Israël de s’en emparer. Cela n’empêcha point qu’Israël ne dut remplir le devoir auquel l’obligeait l’humanité, l’offre de passer sur ce territoire sur pied de paix. Indépendamment de ce que Dieu se proposait de faire, Israël devait accomplir toute justice.

31 Et l’Éternel me dit : Vois, j’ai commencé à te livrer Sihon et son pays. Commence la conquête en conquérant son pays. 32 Et Sihon vint à notre rencontre à Jahats avec tout son peuple pour livrer bataille.

Jahats : voir Nombres 21.23

33 Et l’Éternel notre Dieu nous le livra, et nous le battîmes, lui et ses fils et tout son peuple. 34 Et nous prîmes en ce temps-là toutes ses villes et nous frappâmes d’interdit toutes les villes défendues par des hommes, et les femmes et les enfants, sans laisser échapper personne.

Interdit : voir Nombres 21.2, note.

35 Seulement nous pillâmes pour nous le bétail et le butin des villes que nous avions prises. 36 Depuis Aroër, qui est sur le bord de la vallée d’Arnon, et la ville qui est au milieu de la vallée, jusqu’à Galaad, il n’y eut pas de ville trop forte pour nous ; l’Éternel notre Dieu nous les livra toutes.

Depuis Aroër et la ville qui est au milieu de la vallée : c’est-à-dire Aroër et Ar. Ces deux villes figurent ici, l’une comme dernière ville appartenant à Moab et formant sa frontière septentrionale ; l’autre comme première ville appartenant à Israël et formant sa frontière méridionale. Aroër était située sur la crête de rochers élevés qui forme le bord septentrional du beau vallon verdoyant où coule l’Arnon ; Ar était située dans la vallée même, sur le bord méridional de la rivière. Son nom n’est pas indiqué ici ; il l’avait été versets 9, 18, 29.

Il est parlé d’Aroër dans l’inscription célèbre de la stèle de Mésa, ce roi moabite dit qu’il la reprit sur Israël au temps d’Achazia. Les ruines portent encore aujourd’hui le nom de Araïr. Près de ces ruines sont les restes d’un immense viaduc, qui sous la domination romaine traversait toute la vallée.

Jusqu’à Galaad : jusqu’à la contrée montagneuse située au sud du torrent de Jabbok. Voir sur le sens tantôt plus large, tantôt plus restreint du mot Galaad, Nombres 32.1, note.

37 Mais tu n’approchas point du pays des fils d’Ammon, ni d’aucun endroit qui touche le torrent du Jabbok, ni des villes de la montagne, ni d’aucun des lieux dont l’Éternel notre Dieu nous avait défendu d’approcher.

Du pays des fils d’Ammon. Voir au verset 19.

Tu n’approchas point… L’expression suivante : ni d’aucun endroit qui touche le Jabbok, est précisée par celle-ci : ni des villes de la montagne ; il s’agit uniquement de la contrée montagneuse où le Jabbok a ses sources et qu’il traverse dans son cours supérieur et oriental. Car le verset 36 dit expressément que les Israélites s’emparèrent du territoire situé au nord de l’Arnon jusqu’au Jabbok, et c’est ce que confirme Josué 13.25. Il en était de la portion du pays qui touchait au nord au Jabbok comme de la partie qui touchait au sud à l’Arnon. La première avait été conquise par Sihon sur les Ammonites, comme la seconde sur les Moabites. À ce moment-là elle n’appartenait donc plus aux fils d’Ammon. Ceux-ci la réclamèrent plus tard des Israélites au temps de Jephthé (Juges 11.12-13).