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Deutéronome 13
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Plan du commentaire biblique de Deutéronome 13

Le chapitre 12 indiquait le moyen positif par lequel le peuple devra se préserver des faux cultes ; au chapitre 13, Dieu appelle le peuple à réprimer lui-même toute tentative qui pourrait être faite d’introduire dans son sein le culte d’autres dieux. Trois genres de séduction, ayant chacun leur puissance particulière, sont énumérés :

  • Le premier, versets 1 à 5, est celui d’un homme qui se présente comme parlant de la part de Dieu ;
  • le second, versets 6 à 11, est celui qui se produit dans l’intimité de la famille et avec l’attrait des plus chères affections ;
  • le troisième, versets 12 à 18, s’appuie sur l’autorité du nombre.

Dans les trois cas l’Israélite pieux doit savoir résister, au nom de l’article fondamental de sa religion ; il doit même prendre l’initiative de la destruction immédiate du ou des coupables.

1 S’il s’élève au milieu de toi un prophète ou un songeur, et s’il t’annonce un signe ou un prodige,

Un prophète ou un songeur. Vraie ou fausse, la prophétie se produisait soit sous la forme d’un discours animé d’un souffle puissant, soit comme le récit d’une vision nocturne ayant un sens prophétique.

Un signe : un fait naturel annoncé à l’avance. Un prodige : un fait ayant le caractère réel ou faux d’un phénomène surnaturel.

2 et que s’accomplisse le signe ou le prodige dont il t’a parlé en disant : Allons après d’autres dieux que tu ne connais pas, et servons-les,

Le signe prédit peut se réaliser ou le prodige accompli rester inexplicable, sans que ce soit une preuve de l’origine divine de la prophétie ou du songe. Israël, qui avait un goût naturel pour ce genre de manifestations divines (1 Corinthiens 1.22), devait apprendre à s’en méfier et se rappeler que de tels faits doivent être envisagés comme des pièges, toutes les fois qu’ils sont accompagnés d’un enseignement en désaccord avec les principes élémentaires de la conscience ou de la révélation. Le témoignage de la loi, que contredit l’imposteur, doit l’emporter sur le témoignage même des yeux.

3 tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète, ni ce songeur, car l’Éternel votre Dieu vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimez l’Éternel votre Dieu de tout votre cœur et de toute votre âme.

Si un tel cas vient à se présenter, on doit se dire que c’est une épreuve, que Dieu permet pour donner à la fidélité de son peuple l’occasion de se manifester.

4 C’est après l’Éternel votre Dieu que vous irez, c’est lui que vous craindrez, ses commandements que vous observerez, sa voix que vous écouterez ; c’est lui que vous servirez et c’est à lui que vous vous attacherez. 5 Et ce prophète ou ce songeur mourra, car il a excité à la révolte contre l’Éternel votre Dieu, qui vous a fait sortir du pays d’Égypte et qui vous a rachetés de la maison de servitude, pour te faire sortir du chemin dans lequel l’Éternel ton Dieu t’a ordonné de marcher, et tu ôteras le mal du milieu de toi.

Mourra. Pousser à l’idolâtrie c’est en Israël, où Dieu est en même temps le, souverain, le crime de haute trahison

Et tu ôteras le mal. On pourrait traduire : le méchant, ainsi que le fait saint Paul, 1 Corinthiens 5.13. Mais comme cette traduction ne pourrait être conservée dans tous les cas où se trouve cette expression (Deutéronome 22.21 ; Deutéronome 22.24), le terme plus général de mal doit être préféré. Dans l’Église cette parole ne doit se réaliser que par des moyens spirituels.

6 Si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils ou ta fille ou la femme qui repose sur ton sein ou ton ami qui est comme ta propre âme t’incite secrètement en disant : Allons et servons d’autres dieux, que ni toi ni tes pères n’avez connus,

L’intimité des relations de la famille est rappelée de la manière la plus expressive, pour montrer à quel point tous les attraits de l’attachement personnel doivent être immédiatement foulés aux pieds en pareil cas (Luc 14.26).

L’expression : de ta mère, provient sans doute de ce que chez les peuples où règne la polygamie, la relation entre enfants de la même mère est beaucoup plus étroite que celle avec les frères et sœurs de père seulement (Lévitique 19.3, note).

Secrètement, en opposition à la sollicitation du prophète qui avait un caractère public.

Que toi ni tes pères n’avez connus. Le nouveau culte se présente avec tout l’attrait de la nouveauté.

7 d’entre les dieux des peuples qui vous entourent, près de toi ou loin de toi, d’un bout de la terre à l’autre, 8 tu ne lui céderas pas, et tu ne l’écouteras pas ; ton œil sera sans, pitié pour lui, tu n’auras pas compassion de lui et tu ne le couvriras pas.

Gradation dans la résistance et la sévérité opposées aux sollicitations coupables.

9 Mais tu ne manqueras pas de le tuer ; ta main sera sur lui la première pour le faire mourir, et la main de tout le peuple ensuite,

La première : comme étant la main du premier témoin (Deutéronome 17.7).

10 et tu l’assommeras de pierres et il mourra ; car il a cherché à t’entraîner loin de l’Éternel ton Dieu qui t’a tiré de la terre d’Égypte, d’une maison de servitude. 11 Et tout Israël l’apprendra et craindra, et on ne recommencera pas à commettre une telle mauvaise action au milieu de toi.

Et tout Israël… craindra. Un châtiment pareil, qui avait eu pour premier exécuteur le parent le plus rapproché du coupable et auquel s’était associé le peuple entier de l’endroit, devait laisser une trace profonde dans les cœurs.

12 Si tu entends dire de l’une des villes que l’Éternel ton Dieu te donne pour y habiter :
12 à 19 Le troisième cas est le plus grave : une population tout entière se laisse entraîner par un parti d’impies
13 Des gens pervers sont sortis de toi et ont séduit les habitants de leur ville, en disant : Allons et servons d’autres dieux, que vous ne connaissez pas,

Des gens pervers, littéralement : des hommes fils de Bélial. Ce dernier mot signifie : ce qui ne profite pas, ce qui ne vaut rien. C’est ainsi que le mot de Bélial a fini par désigner chez les Juifs, Satan lui-même (2 Corinthiens 6.15).

Tu feras une enquête… L’accumulation des verbes indique le soin minutieux avec lequel l’enquête se fera. Le crime une fois constaté, il devra être puni avec la dernière rigueur, sans égard pour le nombre : la loi fondamentale de la théocratie a été violée.

14 tu feras une enquête, tu examineras, tu interrogeras avec soin. Et voici c’est la vérité, le fait est établi, cette abomination a été commise au milieu de toi : 15 tu ne manqueras pas de passer les habitants de cette ville au fil de l’épée, la vouant à l’interdit en la faisant passer au fil de l’épée avec tout ce qu’elle contient et avec son bétail.

Interdit. Voir Lévitique 27.21, note. Le jugement d’interdit est même ici plus sévère qu’il ne le fut pour les villes de Canaan prises par Israël, à l’exception de Jéricho (Josué 8.2 ; Josué 8.27).

16 Tu amasseras tout son butin au milieu de la place, et tu brûleras entièrement la ville et tout son butin pour l’Éternel ton Dieu, et elle sera à jamais un monceau de ruines ; elle ne sera plus rebâtie. 17 Et rien ne s’attachera à ta main de ce qui aura été voué à l’interdit, afin que l’Éternel revienne de l’ardeur de sa colère et qu’il te fasse miséricorde, et qu’il ait pitié de toi et te multiplie comme il l’a juré à tes pères,

La moindre tolérance serait envisagée par Dieu comme une connivence avec le péché commis et attirerait sur le peuple tout entier, devenu complice, la malédiction de l’interdit.

Rien ne s’attachera à ta main. Il ne faut pas qu’un sentiment quelconque de cupidité souille dans le cœur des Israélites un pareil acte de justice.

Et te multiplie : en compensation de l’affaiblissement apparent résultant pour le peuple d’une destruction semblable. L’extermination de la ville de Guibéa et d’une grande partie de la tribu de Benjamin (Juges 20), quoique provenant d’une cause un peu différente, paraît reposer sur cette loi. Comparez aussi Josué 22.33.

18 si tu obéis à la voix de l’Éternel ton Dieu, en gardant tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui et en faisant ce qui est droit aux yeux de l’Éternel ton Dieu.