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Apocalypse 11
Bible Annotée (interlinéaire)

1 Et l’on me donna un roseau semblable à une verge en disant : Lève-toi et mesure le temple de Dieu, et l’autel, et ceux qui y adorent.
Le temple mesuré, les deux témoins 11.1-14
Chapitre 11

1 à 14 Ordre de mesurer le temple. Les deux témoins. Jérusalem frappée par un tremblement de terre.

Grec : Et il me fut donné un roseau semblable à une verge ; on se servait de roseaux pour mesurer (Apocalypse 21.15 ; comparez Ézéchiel 40.3).

L’addition du texte reçu : et l’ange se tenait debout en disant, ne se lit que dans Q et quelques autres documents. Jean ne dit ni qui parle ni par qui lui fut donné le roseau. Mais, d’après les versets verset 3 et suivants, on peut admettre que c’est Christ lui-même (comparer Apocalypse 10.8). Ce qui va suivre se rattache étroitement à Apocalypse 10. Les paroles et les actes mentionnés font partie de la vision.

Lève-toi : cet ordre n’implique pas que le voyant fût assis jusque-là (comparez Apocalypse 10.8 ; Apocalypse 10.9), mais qu’il doit se mettre à l’œuvre, passer de l’inaction à l’activité. L’acte symbolique qui lui est commandé, il l’exécute dans la vision (Amos 9.1), non en réalité (1 Rois 22.11 ; Jérémie 19.1 et suivants, Ézéchiel 4 et Ézéchiel 5).

Mesure le temple et l’autel, non en vue d’une future reconstruction (Ézéchiel 40.3 et suivants ; comparez Apocalypse 21.15), ni pour les vouer à la destruction (Ésaïe 34.11 ; Lamentations 2.8 ; Amos 7.7 et suivants), mais pour les conserver en traçant une ligne de démarcation entre eux et le parvis extérieur abandonné aux nations (verset 2).

Le temple est le sanctuaire proprement dit, la maison qui contenait le lieu très saint et le lieu saint, et l’autel mentionné à côté du temple doit être l’autel des holocaustes (comparez Apocalypse 8.3 ; Apocalypse 8.4, note) et non l’autel des parfums.

Ceux qui y adorent, grec en lui : ce pronom désigne le temple, suivant les uns, il s’applique à l’autel, suivant les autres il s’agirait de ceux qui sont en prières dans le parvis autour de l’autel. Ce parvis est le parvis intérieur (1 Rois 6.36 ; comparez Jérémie 36.10), désigné dans 2 Chroniques 4.9 comme le parvis des sacrificateurs. Comparer Josèphe, Antiquités Juives, XIII, 13, 5.

Ceux que le voyant se représente en prières peuvent être des fidèles de toute condition, car, sous la nouvelle Alliance, tous sont sacrificateurs (Apocalypse 1.6 ; 1 Pierre 2.9). Ils forment le peuple de Dieu, l’Israël véritable ; et, à ce titre, ils seront préservés, quand s’accompliront les événements annoncés au verset 2.

Le temple n’est mentionné que parce qu’il leur sert de lieu de réunion dans la vision, ou parce qu’eux-mêmes constituent le vrai temple de Dieu (1 Pierre 2.4 ; 1 Pierre 2.5 ; 1 Corinthiens 3.10-17). L’auteur ne peut vouloir dire que le temple de Jérusalem ne serait point détruit, puisque Jésus avait clairement prédit le contraire (Marc 13.2)

Le sens de la prophétie est que l’Église judéo-chrétienne, l’assemblée des serviteurs de Dieu qui se trouveront dans Jérusalem au moment de sa destruction, seront sauvés ; que cet Israël selon l’esprit subsistera, quand commenceront les « temps des païens » et quand le peuple juif cessera d’exister comme nation indépendante.

2 Et le parvis qui est hors du temple, laisse-le en dehors et ne le mesure point ; car il a été donné aux nations, et elles fouleront aux pieds la sainte cité, pendant quarante-deux mois.

Le parvis qui est hors du temple est le parvis extérieur, qui entourait le parvis intérieur. Il représente la Jérusalem terrestre, avec le temple matériel, l’Israël selon la chair, qui a l’apparence du peuple de Dieu, mais ne l’est pas en réalité.

Laisse-le en dehors, grec jette-le dehors, signifie le rejet qui voue à la destruction (Matthieu 8.12 ; Jean 6.37).

Il est donné aux nations et elles fouleront aux pieds la sainte cité. Ce sont les termes mêmes dans lesquels Jésus annonce la prise de Jérusalem par les Romains et caractérise la condition de cette ville pendant la période qu’il appelle « les temps des nations » (Luc 21.24). Cette coïncidence nous oblige à voir dans la présente vision la prédiction du même fait. Elle en fixe la date avant l’an 70.

Les nations fouleront aux pieds la sainte cité pendant quarante-deux mois. C’est l’équivalent des douze cent soixante jours que durera la mission des deux témoins (verset 3). Et ces deux nombres, qui égalent trois ans et demi, correspondent à l’expression de Daniel : (Daniel 7.25 ; Daniel 12.7) « un temps, des temps et la moitié d’un temps », que Jean emploie lui-même dans Apocalypse 12.14. La même durée est assignée au séjour de la femme dans le désert (Apocalypse 12.6) et à la guerre que la bête fait au peuple de Dieu (Apocalypse 13.5).

Plusieurs prennent ces trois ans et demi à la lettre ; les uns les mettent dans le passé, au temps de l’auteur, qui aurait attendu la fin du monde peu après la ruine de Jérusalem d’autres les placent dans les derniers temps, les appliquant au règne de l’Antéchrist. Mais ces nombres sont symboliques : trois et demi est la moitié de sept. Ils embrassent la période appelée par Jésus « les temps des nations » et qui s’étend de la ruine de Jérusalem à son retour dans la gloire. C’est pour l’Église le temps du témoignage et de l’épreuve (verset 3 et suivants).

On peut se demander seulement si, dans la pensée de Jean, les quarante-deux mois et les douze cent soixante jours sont deux périodes successives, et si, par conséquent, les temps des gentils forment sept années prophétiques, ou si ces deux nombres désignent la même période, ce qui donnerait une durée de trois ans et demi à ces temps des nations.

3 Et je donnerai à mes deux témoins mission de prophétiser, et ils prophétiseront pendant douze cent soixante jours, revêtus de sacs.

Grec : Et je donnerai à mes deux témoins, et ils prophétiseront.

On peut suppléer comme objet du verbe : je donnerai, la mission ou le pouvoir.

Prophétiser, ce n’est pas seulement annoncer les événements futurs ou les jugements de Dieu, mais prêcher la repentance, la conversion, annoncer la volonté ou la miséricorde divines. Celui qui parle ici, c’est Christ ; quant aux deux témoins, voir verset 6, note.

Symbole de douleur, de repentance, de renoncement à toutes les jouissances du monde. Les anciens prophètes portaient souvent le sac ou un vêtement de poils de chameau (Ésaïe 20.2 ; 2 Rois 1.8 ; Zacharie 13.4 ; Matthieu 3.4).

Tout témoin du Seigneur Jésus doit prêcher par sa vie, comme par ses discours, sous peine d’annuler lui-même son témoignage.

4 Ces témoins sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent en présence du Seigneur de la terre.

Allusion à Zacharie 4.3 ; Zacharie 4.14, où deux oliviers placés à droite et à gauche du chandelier à sept lampes, symbolisent Zorobabel et Josué, qui se tiennent devant le Seigneur.

En désignant aussi les témoins comme des chandeliers, notre auteur modifie l’image primitive (comparer Apocalypse 1.20).

5 Et si quelqu’un veut leur nuire, un feu sort de leur bouche qui dévore leurs ennemis ; et si quelqu’un veut leur nuire, c’est ainsi qu’il doit être tué.

Allusion à 2 Rois 1.10. Quiconque s’attaque aux témoins du Seigneur, et s’obstine à vouloir étouffer leur témoignage, s’attire un inévitable châtiment.

6 Ils ont le pouvoir de fermer le ciel, afin qu’il ne tombe point de pluie durant les jours de leur prophétie ; et ils ont le pouvoir sur les eaux, de les changer en sang, et de frapper la terre de toute sorte de plaies, toutes les fois qu’ils le voudront.

La première partie de ce verset désigne clairement Élie (1 Rois 17.1 ; Jacques 5.17), la seconde Moïse (Exode 7.19) ; l’un, le représentant de la loi, l’autre, du prophétisme.

L’un et l’autre avaient déjà été vus par Jean, avec les mêmes caractères, sur la sainte montagne, témoins de la glorification de Christ, et pourtant s’entretenant avec lui de ses souffrances (Luc 9.30).

Il pouvait donc s’attendre à les voir reparaître comme précurseurs du retour glorieux de Christ (comparer Jean 1.21 ; Marc 6.15 ; Matthieu 17.10 suivants).

Mais, comme il ne les désigne pas par leurs noms, il attribue plutôt les faits rapportés dans ces versets à deux prophètes semblables à ces deux illustres représentants de l’ancienne Alliance.

Il a bien en vue deux personnages concrets, car ce qu’il dit (versets 7-10) de leur mort et de l’exposition de leurs cadavres à Jérusalem, « la cité où leur Seigneur aussi a été crucifié » (verset 8), ne saurait s’entendre allégoriquement.

On ne peut voir, par conséquent, dans ces deux témoins les représentants symboliques de la prédication chrétienne, qui proclamera jusqu’à la fin la loi et la grâce, et qui se fera entendre toujours de nouveau, même quand la puissance hostile du monde aura, pour un temps, étouffé sa voix.

7 Et quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre et les vaincra, et les tuera.

Ils seront tués quand ils auront achevé leur témoignage, c’est-à-dire à la fin des douze cent soixante jours prophétiques (verset 3 ; comparez Daniel 7.22). C’est la bête qui monte de l’abîme qui les tuera.

Cette apparition énigmatique sera caractérisée avec plus de précision dans Apocalypse 13 et Apocalypse 17.

Dès maintenant les lecteurs de l’Apocalypse, qui connaissaient Daniel (Daniel 7), savaient qu’il s’agissait d’une des puissances du monde hostile aux « saints », et en considérant ce qui est dit, au verset 2, des païens qui « fouleront aux pieds la sainte cité », ils pouvaient deviner quelle serait cette puissance.

8 Et leurs cadavres seront sur la place de la grande cité, qui est appelée dans un sens spirituel Sodome et Égypte, où leur Seigneur aussi a été crucifié.

Rester sans sépulture était considéré, chez les Juifs et chez d’autres peuples, comme le comble de l’ignominie (1 Samuel 17.44 ; Psaumes 79.2 et suivants ; Jérémie 7.33).

La grande cité est l’épithète ordinaire de Babylone (Apocalypse 14.8 ; Apocalypse 16.19 ; Apocalypse 17.15-18 ; Apocalypse 18.2 ; Apocalypse 18.10, etc). ; elle est appliquée ici à Jérusalem, parce que celle-ci a été « donnée aux nations qui la foulent aux pieds » (verset 2), et que ses habitants juifs, par leur incrédulité, se sont assimilés aux païens.

C’est aussi pour cela qu’elle est appelée Sodome et Égypte dans un sens spirituel (grec spirituellement), c’est-à-dire d’une manière conforme à l’esprit de la prophétie, qui doit être étendue symboliquement. D’autres donnent à cet adverbe le sens de : conformément à l’esprit qui anime la grande cité. Les anciens prophètes appelaient Jérusalem Sodome (Ésaïe 1.9 ; Ésaïe 1.10 ; Ézéchiel 16.46-49 ; Jérémie 23.14). Le nom d’Égypte symbolise l’opposition la plus absolue à Dieu et à son règne.

Enfin la proposition : où leur Seigneur (Codex Sinaiticus : le Seigneur) aussi a été crucifié désigne d’une manière indubitable Jérusalem, car elle mentionne le fait historique du crucifiement de Jésus (verbe à l’aoriste) ; elle établit de plus un parallèle entre ce fait et la mort des deux témoins : ils ont été traités comme leur Seigneur ; c’est ce qu’implique le mot : aussi.

9 Et des hommes d’entre les peuples et les tribus et les langues et les nations regardent leurs cadavres pendant trois jours et demi, et ils ne permettent pas que leurs cadavres soient mis dans un sépulcre.

Grec : D’entre les peuples, etc., c’est-à-dire des représentants de toutes les nations, des Juifs et des païens ; il ne faut pas presser le sens de ces termes ; on ne saurait les invoquer en faveur de l’interprétation allégorique de tout le passage (verset 6, note).

Trois jours et demi est une durée limitée et très courte (comparer les « trois ans et demi », verset 2, note ; Daniel 7.25). On y a vu, à tort, une allusion au temps que Jésus passa dans le tombeau.

10 Et les habitants de la terre se réjouissent à leur sujet et sont dans la joie ; et ils s’enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont tourmenté les habitants de la terre.

Joie impie, qui se manifestera de la même manière que la joie des Juifs fidèles dans Néhémie 8.10-12 ; Néhémie 9.22.

Les habitants de la terre sont-ils identiques aux hommes d’entre les peuples, etc., du verset 9 ?

Cela est douteux, car ils peuvent se réjouir de la mort des deux témoins sans l’avoir vue s’accomplir sous leurs yeux, en en apprenant la nouvelle.

Cette expression les habitants de la terre n’embrasse pas l’humanité entière ; elle fait ressortir plutôt le caractère moral de ceux auxquels elle est appliquée (comparer Apocalypse 6.10).

11 Et après les trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu entra en eux ; et ils se dressèrent sur leurs pieds, et une grande crainte s’empara de ceux qui les contemplaient.

Comparer Genèse 2.7 ; Genèse 6.17 ; Ézéchiel 37.10.

12 Et ils entendirent une voix forte qui venait du ciel, disant : Montez ici ! Et ils montèrent au ciel dans la nuée, et leurs ennemis les contemplèrent.

Ils entendirent est la leçon de Codex Sinaiticus, A, C, adoptée par tous les critiques modernes.

La leçon : J’entendis, déjà indiquée par un correcteur du Codex Sinaiticus, reproduit une expression qui se rencontre souvent dans l’Apocalypse (Apocalypse 12.10).

L’ascension des deux témoins, qui suit leur résurrection, rappelle jusque dans les détails (dans la nuée, Actes 1.9) l’ascension de Jésus. Elle est conforme à l’issue que l’Ancien Testament (2 Rois 2.11) attribue à la vie d’Élie. C’est probablement sur ce trait du tableau apocalyptique que se fondent les Pères de l’Église quand ils désignent presque unanimement Hénoch, au lieu de Moïse, comme le second des deux témoins (comparer Genèse 5.24).

13 Et à cette heure-là, il y eut un grand tremblement de terre, et la dixième partie de la ville tomba, et sept mille hommes furent tués dans ce tremblement de terre ; et les autres furent remplis d’effroi et donnèrent gloire au Dieu du ciel.

Le tremblement de terre (comparez Apocalypse 6.12 ; Matthieu 27.51), qui détruit le dixième de la ville et tue sept mille hommes, est un châtiment atténué, si on le compare à celui qui atteint le monde païen (Apocalypse 9.15) ; mais, tandis que les païens ne se convertirent pas (Apocalypse 9.20), les habitants de Jérusalem « donnèrent gloire au Dieu du ciel » (Jérémie 13.16 ; Néhémie 1.4 ; Daniel 2.18)

Leur conversion, but auquel tend toute la scène, accomplit l’espérance chère au cœur des Israélites devenus disciples de Jésus-Christ et affligés de l’incrédulité et de l’endurcissement que montraient leurs concitoyens (Romains 9.1 et suivants).

Un « reste » du peuple de Dieu, purifié par l’épreuve, se convertira à la fin des temps, accomplissant ainsi l’antique prophétie (Ésaïe 10.22 ; Romains 9.27 et suivants)

14 Le second malheur est passé ; voici, le troisième malheur vient bientôt.

Ce troisième malheur sera la septième trompette (verset 15 et suivants), comme le premier malheur était la cinquième, et le second la sixième (Apocalypse 8.13 ; Apocalypse 9.12)

15 Et le septième ange sonna de la trompette, et de fortes voix se firent entendre dans le ciel, disant : Le royaume du monde est remis à notre Seigneur et à son Christ, et il régnera aux siècles des siècles.
Plan
Le triomphe du règne de Dieu et du Christ, célébré par des chants célestes. Le temple ouvert

Gloire au souverain Juge

Quand la septième trompette retentit, des voix proclament que la domination du monde appartient pour l’éternité à Dieu et à son Christ. Les anciens adorent Dieu en lui rendant grâces de ce qu’il est entré dans son règne et va juger les morts, récompenser les saints et détruire les méchants (15-18).

Ouverture du temple

L’arche devient visible ; des tonnerres, un tremblement de terre, une forte grêle se produisent (19).

La lutte finale engagée 11.15 à 14.20
Septième trompette. Les chants dans le ciel 11.15-19

15 à 19 Le triomphe du règne de Dieu et du Christ, célébré par des chants célestes. Le temple ouvert.

De même que les événements annoncés par les sept trompettes formaient le contenu du septième sceau (Apocalypse 8.1, note), de même les faits annoncés par la septième trompette sont tous ceux qui constituent les débuts de la lutte suprême. Cette lutte aboutira à « l’accomplissement du mystère de Dieu ». Or l’ange avait déclaré que la septième trompette en donnerait le signal (Apocalypse 10.7)

Pour ces raisons, nous commençons ici, et non au verset 19, la section dans laquelle cette lutte est retracée. Les chants célestes (versets 15-18) ne sont pas tout le contenu de la septième trompette. Ils servent d’introduction au récit de la lutte, dont ils célèbrent par avance l’issue victorieuse.

Le texte reçu porte : « Les royaumes du monde ». Il faut lire le royaume, la domination du monde entier est remis (grec « devenu ») à Dieu et à son Christ, son Oint (Actes 4.26).

C’est l’accomplissement de toutes les prophéties, et en particulier du Psaumes 2, où Dieu avait promis à son Oint « pour héritage les nations et pour sa possession les bouts de la terre » (verset 17).

16 Et les vingt-quatre anciens qui sont assis sur leurs trônes devant Dieu, se prosternèrent sur leurs visages et adorèrent Dieu, 17 en disant : Nous te rendons grâce, Seigneur Dieu, dominateur souverain, qui es, et qui étais, de ce que tu as pris en main ta grande puissance et que tu es entré dans ton règne.

L’Église rachetée, sauvée, triomphante en son chef, rend grâce à Dieu par la bouche de ses représentants, les vingt-quatre anciens (Apocalypse 4.4, note). Ces mêmes anciens avaient offert à Dieu les prières des saints pour obtenir la délivrance et le triomphe de son règne (Apocalypse 5.8).

C’est à eux maintenant à s’unir au chœur de l’armée céleste pour bénir Celui qui est et qui était. Le texte reçu (minuscules) ajoute à tort : et qui vient, il ne vient plus, il est venu puisqu’il est entré dans son règne.

Dans la vision initiale (Apocalypse 4.11) les fidèles disaient à Dieu. « Tu es digne de recevoir la gloire » Maintenant ils rendent grâce au Seigneur de ce qu’il a pris en main sa grande puissance et de ce qu’il est entré dans son règne.

18 Et les nations se sont émues de colère ; et ta colère est venue, et le moment de juger les morts, et de donner la récompense à tes serviteurs les prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent ton nom, aux petits et aux grands, et de détruire ceux qui détruisent la terre.

Ces dernières paroles (versets 15-18) expriment d’une manière si formelle, si manifeste le jugement final du monde et la récompense éternelle du peuple de Dieu, qu’il est inutile de réfuter les autres interprétations qu’on a pu en donner. Seulement, ce dernier chant de triomphe est anticipé, les combats qui précéderont le grand jour vont être racontés dans les chapitres suivants (Apocalypse 12 à Apocalypse 19) et ce n’est qu’à Apocalypse 20.11 et suivants que nous trouverons la description du jugement lui-même.

Il y a dans les premiers mots du verset 18 une nouvelle allusion au Psaumes 2 ; mais, à la colère des nations est opposée la colère de Dieu, qui trouve son expression vraie, nécessaire, réparatrice dans le jugement de ceux qui se sont endurcis malgré sa grâce, et dans la délivrance de son peuple.

Dieu donnera leur récompense à ses serviteurs les prophètes, qui forment dans l’Apocalypse une catégorie à part, et aux saints, c’est-à-dire à tous les fidèles.

Les derniers mots : et ceux qui craignent son nom désignent, suivant les uns, tous les membres de l’Église, sans distinction. Suivant d’autres, ils représentent une troisième catégorie : soit les prosélytes, tandis que les saints seraient les chrétiens d’origine juive ; soit les simples membres de l’Église, dont seraient distingués, sous le nom de saints, les ascètes et les martyrs. Et manque dans quelques documents qui portent : aux saints qui craignent son nom.

L’expression : ceux qui détruisent la terre s’applique aux habitants de Babylone et caractérise leur influence corruptrice (comparer Apocalypse 19.2).

19 Et le temple de Dieu fut ouvert dans le ciel, et l’arche de son alliance fut vue dans son temple ; et il y eut des éclairs et des voix et des tonnerres et un tremblement de terre et une grosse grêle.

Plusieurs interprètes rattachent verset 19 à Apocalypse 12, estimant que les phénomènes décrits introduisent la vision suivante. Cependant on peut le considérer aussi comme une conclusion de la scène qui vient d’être dépeinte : au cantique de louanges qui retentit dans le ciel (versets 17, 18)

Dieu répond en ouvrant le temple ; l’arche de son alliance apparaît ; et les signes de sa gloire et de sa puissance éclatent.

Ces mêmes signes avaient paru dans la vision initiale du trône (Apocalypse 4.5) ; ils se manifestent encore dans cette scène céleste destinée à inaugurer une nouvelle série de visions.

Quoi qu’il en soit, le sens de ces symboles est clair : le temple ouvert signifie que le saint des saints est accessible et que Dieu va agir avec puissance ; l’arche de l’alliance, redevenue visible, annonce le règne du Messie ( 2.1-8) et l’accomplissement des promesses de l’alliance, les éclairs, les tonnerres, le tremblement de terre sont les signes précurseurs du jugement dernier.