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2 Rois 9
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Plan du commentaire biblique de 2 Rois 9

9.1 à 17.41 de l’avènement de Jéhu à la chute de Samarie
Chapitres 9 et 10 Jéhu en Israël (883-856)
1 Et Élisée, le prophète, appela un des fils des prophètes et lui dit : Ceins tes reins et prends cette fiole d’huile et va à Ramoth de Galaad.
1 à 13 Onction de Jéhu par un serviteur d’Élisée

Après l’onction d’Hazaël, il restait à Élisée une autre mission importante à remplir, dont Élie lui avait légué l’accomplissement (1 Rois 19.16). Pour comprendre ce récit, il faut se rappeler qu’un châtiment planait sur la maison d’Achab et de Jézabel et que le temps de l’exécution était arrivé. Élisée vit probablement dans le retour de Joram et d’Achazia à Jizréel le signe que l’heure du châtiment divin avait sonné.

Fiole d’huile : 1 Samuel 10.1.

2 Et quand tu y seras arrivé, vois où est Jéhu, fils de Josaphat, fils de Nimschi, et tu entreras et tu le feras lever du milieu de ses frères et tu le conduiras dans la chambre la plus reculée,

Ramoth était, non pas occupée par les Syriens et assiégée par l’armée Israélite, mais au contraire défendue par celle-ci contre les Syriens ; voir au verset 15.

Jéhu : c’est l’Éternel !

Fils de Josaphat, fils de Nimschi. Dans 1 Rois 19.16, il est appelé fils de Nimschi, du nom de l’un de ses aïeux qui était plus célèbre que les autres. Ce roi est mentionné dans les inscriptions assyriennes sous le nom de Ja-u-a, fils de Hu-um-ri. Il était si peu fils d’Omri qu’il détruisit au contraire sa famille ; mais le règne d’Omri avait été si brillant, et son nom comme fondateur de la dynastie était si connu à l’étranger, que ses successeurs sont en général désignés par erreur comme ses descendants. Plusieurs inscriptions parlent aussi du royaume du nord comme du pays de la maison d’Omri (Mat-beth-Humri), et le font figurer dans la liste des pays tributaires de Rammidamar, roi d’Assyrie. On en retrouve encore la mention dans les annales de Tiglath-Piléser et les inscriptions de Sargon, roi de Ninive. Dans l’inscription de l’obélisque de Nimroud, au-dessus d’un bas-relief représentant des gens qui apportent un tribut au grand roi, on lit : Tribut de Jéhu, fils d’Omri. Ce tribut consiste en lingots d’argent et d’or, en une coupe d’or, une cuiller d’or, des gobelets d’or, des poches d’or, des lingots de plomb, un bâton pour la main du roi, des lances, avec ces mots : Voilà ce que j’ai reçu. Salmanasar raconte que, dans la dix-huitième année de son règne, il fit de Jéhu son tributaire, à l’occasion d’une campagne contre Hazaël de Damas. La popularité de Jéhu, comme général, son énergie et sa violence, enfin sa haine du culte de Baal, le rendaient propre à devenir l’instrument des jugements de Dieu sur la famille d’Achab.

De ses frères : les autres capitaines, ses compagnons d’armes, que le serviteur d’Élisée devait trouver assemblés avec Jéhu dans la maison où se tenait le conseil.

Dans la chambre la plus reculée : de la cour où les chefs se tenaient réunis, dans un des appartements intérieurs.

3 et tu prendras la fiole d’huile et tu la verseras sur sa tête et tu diras : Ainsi a dit l’Éternel : Je t’ai oint roi pour Israël ! Et tu ouvriras la porte et tu t’enfuiras sans attendre.

Tu t’enfuiras : pour laisser à Jéhu le soin d’expliquer lui-même aux chefs ce qui se passe et peut-être donner le moins de publicité possible à la participation d’Élisée.

4 Et le jeune homme, serviteur du prophète, partit pour Ramoth de Galaad. 5 Et il arriva, et voici les capitaines de l’armée étaient assis. Et il dit : J’ai un mot pour toi, capitaine. Et Jéhu dit : Pour lequel de nous tous ? Et il répondit : Pour toi, capitaine.

Et Jéhu dit. Avant de se mettre en avant, Jéhu, par égard pour ses compagnons, lui fait répéter l’appel.

6 Et il se leva et entra dans l’intérieur ; et le serviteur du prophète versa l’huile sur sa tête et lui dit : Ainsi a dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Je t’ai oint roi pour Israël, le peuple de l’Éternel. 7 Et tu frapperas la maison d’Achab, ton maître, et je tirerai vengeance de Jézabel pour le sang de mes serviteurs les prophètes, et pour le sang de tous les serviteurs de l’Éternel ;

Le sang de tous les serviteurs de l’Éternel. C’est ici une allusion à un fait que l’histoire n’a pas raconté : la persécution non seulement contre les prophètes, mais encore contre les simples Israélites fidèles à Jéhova. Cela explique la parole d’Élie 1 Rois 19.10, qui sans cela aurait été une exagération trop manifeste.

8 et toute la maison d’Achab sera détruite, et je retrancherai à Achab tout mâle, majeur ou mineur, en Israël,

Il ne doit rester en Israël aucun descendant d’Achab.

9 et je ferai de la maison d’Achab comme de la maison de Jéroboam, fils de Nébat, et de la maison de Baésa, fils d’Ahija ; 10 et Jézabel, les chiens la mangeront dans le territoire de Jizréel ; et il n’y aura personne qui l’ensevelisse ! Et le serviteur du prophète ouvrit la porte et s’enfuit. 11 Et Jéhu étant sorti vers les serviteurs de son maître, on lui dit : Tout va-t-il bien ? Pourquoi cet écervelé est-il venu vers toi ? Et il leur répondit : Vous connaissez l’homme et sa manie.

L’homme et sa manie, littéralement : l’homme et sa méditation. Il le présente comme un homme étrange, distrait, un songe-creux, dont les démarches n’ont pas d’importance, et par là cherche à éviter de nouvelles questions.

12 Et ils dirent : C’est faux ! Dis-nous ce qu’il y a ! Et il dit : Il m’a parlé ainsi et ainsi, disant : Ainsi a dit l’Éternel : Je t’ai oint roi pour Israël.

Les chefs comprennent que ce n’est là qu’un faux-fuyant : Il y a quelque chose là-dessous ; dis-nous quoi ! Jéhu ne demandait sans doute pas mieux que d’être forcé à tout dire.

13 Et aussitôt ils prirent chacun son vêtement et ils le mirent sous lui sur les degrés mêmes, et ils sonnèrent de la trompette et dirent : Jéhu est roi !

Le mécontentement contre la maison d’Achab était si vif et la popularité de Jéhu si grande, qu’ils donnent aussitôt le signal de la révolution. Ils élèvent une sorte de trône sur les degrés. La maison où les chefs étaient rassemblés était probablement celle où demeurait le roi quand il était à Ramoth. Elle avait un perron avec des degrés descendant sur la place, de sorte que cette proclamation de Jéhu comme roi eut lieu en public.

La trompette. Comparez 2 Samuel 15.10 ; 1 Rois 1.34.

14 Et Jéhu, fils de Josaphat, fils de Nimschi, forma une ligue contre Joram. Et Joram occupait Ramoth de Galaad, lui et tout Israël, contre Hazaël, roi de Syrie.
14 à 37 Mort de Joram, d’Achazia de Juda et de Jézabel

Forma une ligue. On ne peut accuser Jéhu d’avoir fomenté d’avance une révolution, comme l’avaient fait Baésa et Zimri. Tout ceci est le résultat de l’onction du prophète, qui lui-même n’avait fait qu’obéir à l’injonction divine, comme dans le cas d’Hazaël. Dieu voulait détruire la dynastie d’Omri, comme il l’avait annoncé à Achab.

15 Mais le roi Joram s’en était retourné à Jizréel pour se faire guérir des blessures que les Syriens lui avaient faites lorsqu’il combattait contre Hazaël, roi de Syrie. Et Jéhu dit : Si c’est votre avis, qu’aucun homme ne s’échappe de la ville pour aller l’annoncer à Jizréel.

Jéhu se montre ici énergique, décidé, prompt à agir.

Il y a environ 60 kilmètres de Ramoth à Jizréel.

16 Et Jéhu attela son char et partit pour Jizréel, car Joram y était alité ; et Achazia, roi de Juda, était descendu pour voir Joram.

Ce détail, ainsi que le début du verset 15, avait déjà été donné 2 Rois 8.28-29 pour expliquer le motif qui avait fait choisir ce moment à Élisée. Il est répété maintenant pour motiver le départ de Jéhu.

Descendu : de Ramoth. où il était à l’armée avec Joram.

17 Et la sentinelle qui était en vedette sur la tour à Jizréel, vit la grosse troupe de Jéhu qui venait, et elle dit : Je vois une grosse troupe. Et Joram dit : Prends un cavalier et envoie-le à leur rencontre, et qu’il dise : Y a-t-il paix ?

Sur la tour, qui s’élevait probablement au-dessus du palais et d’où l’on pouvait communiquer directement avec l’intérieur de celui-ci.

Y a-t-il paix ? Soupçonne-t-il ce qui se passe, ou veut-il dire simplement : Apportes-tu de bonnes ou de mauvaises nouvelles ?

18 Et le cavalier partit à la rencontre de Jéhu et dit : Ainsi a dit le roi : Y a-t-il paix ? Et Jéhu dit : Que t’importe s’il y a paix ? Passe derrière moi. Et la sentinelle le fit savoir, disant : Le messager est allé jusqu’à eux et il ne revient pas.

Passe derrière moi. Jéhu ne veut pas qu’il aille porter l’alarme dans la ville.

19 Et il envoya un second cavalier, qui vint vers eux et dit : Ainsi a dit le roi : Y a-t-il paix ? Et Jéhu dit : Que t’importe s’il y a paix ? Passe derrière moi. 20 Et la sentinelle le fit savoir, disant : Il est allé jusqu’à eux et il ne revient pas, et la manière de conduire est celle de Jéhu, fils de Nimschi, car il conduit avec furie.

Car il conduit… Jéhu était connu pour son énergie et son impétuosité.

21 Et Joram dit : Attelle. Et on attela son char, et Joram, roi d’Israël, sortit ainsi qu’Achazia, roi de Juda, et ils s’avancèrent à la rencontre de Jéhu, et ils le trouvèrent dans le champ qui était échu à Naboth, le Jizréélite.

Ainsi qu’Achazia. Les deux rois étaient chacun sur son char.

Le champ qui était échu à Naboth. Cette rencontre, en apparence fortuite, en cet endroit, préparait l’accomplissement littéral de la menace d’Élie (verset 26).

22 Et lorsque Joram vit Jéhu, il lui dit : Y a-t-il paix, Jéhu ? Et il dit : Quelle paix y aurait-il tant que durent les prostitutions de Jézabel, ta mère, et la multitude de ses enchantements ?

Les prostitutions : l’idolâtrie, comme le montre le terme suivant d’enchantements. La divination faisait partie intégrante des cultes païens.

Cette réponse de Jéhu ouvre les yeux du roi. Jézabel était la principale coupable ; mais Joram, après avoir commencé à lutter contre sa pernicieuse influence, n’avait pas eu l’énergie de pousser jusqu’au bout la réforme (2 Rois 3.2).

23 Et Joram tourna bride et s’enfuit, et il dit à Achazia : Trahison, Achazia ! 24 Et Jéhu prit son arc en main et frappa Joram entre les épaules ; et la flèche sortit à travers le cœur, et Joram s’affaissa dans son char. 25 Et Jéhu dit à Bidkar, son adjudant : Emporte-le et jette-le dans le champ, patrimoine de Naboth, le Jizréélite, car souviens-toi que, comme moi et toi, nous chevauchions à côté l’un de l’autre à la suite d’Achab son père, l’Éternel prononça sur lui cette sentence : 26 Aussi vrai que j’ai vu hier le sang de Naboth et le sang de ses fils, dit l’Éternel, je te le rendrai dans ce même champ, dit l’Éternel. Et maintenant prends-le et jette-le dans ce champ, selon la parole de l’Éternel.

Le sang de ses fils. Le meurtre des fils de Naboth n’est mentionné ni dans le récit du meurtre de Naboth (1 Rois 21.11-16), ni dans la menace de l’Éternel (versets 19 à 22). Mais il y était sous-entendu ; car si les fils eussent vécu, ils auraient hérité du champ de leur père et le but de la reine n’eût pas été atteint. Le champ de Naboth n’avait pas non plus été mentionné dans la menace comme le lieu où le châtiment s’accomplirait. Cette coïncidence ne fait que de rendre plus frappante la relation entre le crime et la punition.

On voit par tout ce passage que Jéhu avait assisté à la rencontre d’Achab et d’Élie et quelle profonde impression avait faite sur lui la malédiction prononcée par ce dernier.

27 Et Achazia, roi de Juda, voyant cela, s’enfuit par le chemin de la maison du jardin, et Jéhu le poursuivit et dit : Frappez-le, lui aussi ! Et [ils le frappèrent] sur son char dans la montée de Gur qui est vers Jibléam ; et il s’enfuit à Méguiddo, où il mourut.

Ils le frappèrent. Ces mots manquent dans le texte hébreu, soit par négligence, soit comme devant être suppléés d’après les paroles de Jéhu.

Le meurtre d’Achazia dépassait l’ordre divin d’après lequel Jéhu agissait ici envers Joram. À peine devenait-il excusable par le fait qu’Achazia avait épousé la sœur de Joram, fille d’Achab, et appartenait ainsi par alliance à la descendance d’Omri.

Gur, inconnu.

Jibléam. Ce nom désigne-t-il ici le même endroit que Josué 17.11, comme nous l’avons admis à cet endroit ? Cela peut paraître douteux.

Méguiddo, à l’ouest de Jizréel, ville fortifiée où Achazia avait espéré trouver un plus sûr refuge.

Le livre des Chroniques raconte assez différemment la mort d’Achazia (2 Chroniques 22.8-9). Voir à ce passage.

28 Et ses serviteurs le ramenèrent à Jérusalem et l’ensevelirent dans son sépulcre avec ses pères, dans la cité de David. 29 Achazia était devenu roi de Juda dans la onzième année de Joram, fils d’Achab.

La onzième année. Il est dit, dans notre livre même (2 Rois 8.25), que ce fut la douzième année. Cette différence peut tenir à la manière différente de compter la durée du règne des rois que nous avons exposée plus haut.

30 Et Jéhu arriva à Jizréel. Et Jézabel l’apprit, et elle mit du fard à ses yeux, orna sa tête et regarda par la fenêtre.

Du fard à ses yeux. Le fard était une poudre noire, composée d’antimoine et de zinc, etc., dont on faisait quelquefois une pâte en la mélangeant d’huile. Les femmes de l’Orient s’en peignent, encore aujourd’hui, les sourcils et les paupières, de manière à faire paraître leurs yeux plus grands et plus foncés qu’ils ne le sont. Le but de Jézabel n’était point de séduire Jéhu par ses charmes, puisqu’elle était alors grand-mère d’Achazia (âgé de vingt-trois ans au moins, 2 Rois 8.26) ; elle veut mourir en reine et son attitude à cette fenêtre est un défi.

31 Et lorsque Jéhu entra par la porte, elle dit : Cela te va-t-il bien, Zimri, assassin de son maître ?

En l’appelant Zimri (1 Rois 15.8, et suivants), elle veut lui rappeler la fin prompte et tragique de ceux qui assassinent leurs maîtres. L’attitude si fière de cette reine, qui reste courageuse et menaçante devant la mort, donne une idée de l’énergie de cette Sidonienne et permet de comprendre la fascination et l’influence qu’elle a exercées sur les faibles rois Achab, Achazia et Joram.

32 Et il leva ses yeux vers la fenêtre et dit : Qui tient pour moi ? Qui ? Et deux ou trois eunuques se mirent à la fenêtre, regardant vers lui,

Qui tient pour moi ? Qui ? Seule réponse de Jéhu au défi de la reine. Il s’adresse aux eunuques de celle-ci, qui étaient aux fenêtres du palais et témoignaient de leur joie à la vue de cette révolution.

33 et il dit : Jetez-la en bas ! Et ils la jetèrent, et il rejaillit de son sang contre la muraille et contre les chevaux, et il la foula [sous son char]. 34 Et il entra, et mangea et but, et dit : Occupez-vous de cette maudite et ensevelissez-la, car elle est fille de roi. 35 Et ils allèrent pour l’ensevelir, et ils ne trouvèrent rien d’elle que le crâne, les pieds et les paumes des mains. 36 Et ils revinrent et le lui annoncèrent, et il dit : C’est là la parole de l’Éternel, qu’il a prononcée par son serviteur Élie, le Thisbite, quand il a dit : Dans le territoire de Jizréel les chiens mangeront la chair de Jézabel.

Le rapport des envoyés de Jéhu lui rappelle la malédiction prononcée par Élie contre Jézabel (1 Rois 21.23), qu’il cite de mémoire.

Dans le territoire. Voir 1 Rois 21.23. Le palais royal, des fenêtres duquel elle avait été précipitée, était sans doute attenant au rempart.

37 Et le cadavre de Jézabel sera comme du fumier sur les champs, dans le territoire de Jizréel, de sorte qu’on ne dira pas : C’est là Jézabel.

Cette lugubre oraison funèbre peut fort bien n’être que la continuation de la citation des paroles d’Élie, incomplètement rapportées dans 1 Rois 21.23.