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1 Rois 3
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Plan du commentaire biblique de 1 Rois 3

Chapitres 3 et 4 sagesse et magnificence de Salomon
1 Et Salomon s’allia par mariage avec Pharaon, roi d’Égypte ; et il prit pour femme la fille de Pharaon, et il l’emmena dans la cité de David, jusqu’à ce qu’il eût achevé de bâtir sa maison et la maison de l’Éternel, ainsi que le mur d’enceinte de Jérusalem.
1 à 3 mariage de Salomon, état du culte dans le pays

Salomon s’allia… Il était probablement déjà marié lorsqu’il devint roi (1 Rois 2.24, note). Sa femme se nommait Naama et était d’origine ammonite (1 Rois 14.21 ; comparez 1 Rois 11.42). Une fois monté sur le trône, il voulut contracter une union plus appropriée à sa nouvelle position.

Roi d’Égypte. La loi n’interdisait formellement que les mariages avec les Cananéennes (Exode 34.16 ; Deutéronome 7.3). L’Égypte était alors le plus puissant royaume du monde. Ce Pharaon appartenait probablement à la vingt-et-unième dynastie, dont il fut le dernier roi. Cette princesse égyptienne devint la reine proprement dite (1 Rois 11.1-3). Comme aucune divinité égyptienne n’est mentionnée 1 Rois 11.5-7, il serait possible que cette reine eût adopté la religion israélite.

La cité de David : 1 Rois 2.10, note.

Jusqu’à ce que : voir 1 Rois 9.24.

Le mur d’enceinte de Jérusalem. Jusqu’à ce moment la cité de David avait seule été fortifiée (1 Rois 5.9).

2 Seulement le peuple sacrifiait sur les hauts-lieux, parce que jusqu’alors on n’avait pas bâti de maison au nom de l’Éternel.

Seulement… Dans ce tableau brillant des plus belles espérances, il y avait un point noir, le culte des hauts-lieux. La loi prescrivait que les sacrifices fussent offerts dans le Tabernacle (Deutéronome 12.5) ; mais elle autorisait le culte dans tous les lieux où l’Éternel s’était visiblement manifesté (Exode 20.24). Une fois établis dans le pays de Canaan, les Israélites s’étaient approprié les lieux de culte institués sur les hauteurs par les anciens habitants, surtout depuis que, par le fait de la séparation de l’arche d’avec le Tabernacle, il n’y avait plus de sanctuaire central proprement dit. Cette situation exposait le peuple au péril de retomber dans l’idolâtrie. Le vrai lieu de culte central prévu par Deutéronome 12.11 n’existait pas encore.

3 Et Salomon aima l’Éternel, marchant selon les ordonnances de David, son père ; seulement il sacrifiait sur les hauts-lieux et y offrait des parfums.

Malgré ce désordre, le cœur de Salomon était droit ; il est le seul homme de l’Ancien Testament dont il est dit qu’il aima l’Éternel. Comparez le nom de Jédidja, chéri de l’Éternel, qui lui est donné 2 Samuel 12.25.

Selon les ordonnances… : selon les ordonnances de Dieu observées et léguées par David. David est le type d’après lequel seront appréciés dans ce livre les rois de Juda (1 Rois 15.3, 1 Rois 15.11 ; 2 Rois 14.3 ; 2 Rois 16.2, etc.).

Seulement… David ne s’était jamais permis cette déviation de l’ordonnance légale.

4 Et le roi se rendit à Gabaon pour y sacrifier, car c’était le principal des hauts-lieux ; et Salomon offrit mille holocaustes sur cet autel.
4 à 15 Le songe de Salomon

Le fait ici raconté nous reporte aux premiers jours du règne de Salomon (voir 1 Rois 2.39). Plein d’amour pour Dieu et pour son peuple, le jeune roi sent sa faiblesse, il demande et obtient la sagesse dont il a besoin pour remplir sa tâche.

À Gabaon : à peu de distance au nord.de Jérusalem, dans la tribu de Benjamin (voir Josué 9.3). C’est là qu’avaient été transportés le Tabernacle et l’autel des holocaustes (voir 1 Chroniques 16.39 ; 1 Chroniques 21.29 ; 2 Chroniques 1.3, 2 Chroniques 15). Gabaon était ainsi devenu le haut-lieu principal ; ce n’était pas même un haut-lieu dans le sens fâcheux du mot ; aussi l’Éternel agrée-t-il le sacrifice de Salomon.

Pour y sacrifier. D’après 2 Chroniques 1.2-3, les représentants du peuple étaient invités à cet acte solennel par lequel Salomon voulait inaugurer son règne et le consacrer à Dieu en implorant sa bénédiction.

Cet autel : l’autel des holocaustes fait au désert (2 Chroniques 1.5).

5 À Gabaon l’Éternel apparut en songe à Salomon pendant la nuit, et Dieu lui dit : Demande ce que tu veux que je te donne.

À ce moment important l’Éternel vient au-devant de Salomon qui le recherche de tout son cœur (Proverbes 8.17 ; Jacques 4.8).

En songe. Le songe n’est pas une vision comme celles par lesquelles Dieu se révélait aux prophètes ; c’est un rêve d’une vivacité extraordinaire ; Dieu peut aussi se servir de ce moyen (Job 33.14-15), comme il le fait même envers les rois païens (Pharaon, Nébucadnetsar). C’est là une forme inférieure de révélation.

Demande… comparez Psaumes 2.8.

6 Et Salomon dit : Tu as usé d’une grande bienveillance envers ton serviteur David, mon père, selon qu’il a marché en ta présence dans la vérité, dans la justice et dans la droiture de cœur envers toi ; et tu lui as conservé cette grande bienveillance, et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône, comme il paraît aujourd’hui.

Salomon fonde sa prière, non sur son propre mérite, mais sur la bienveillance que Dieu a témoignée à son père.

Il a marché en ta présence. Malgré ses chutes profondes, David n’a jamais abandonné l’Éternel. Or, dans l’Ancien Testament déjà , les hommes sont jugés d’après leur foi (Hébreux 11.6).

Conservé cette grande bienveillance… jusqu’au terme de sa vie et même au-delà , puisque tu lui as donné un fils…

7 Et maintenant, ô Éternel mon Dieu, tu as fait régner ton serviteur à la place de David, mon père ; et moi, je ne suis qu’un tout jeune homme ; je ne sais comment me conduire.

Un tout jeune homme, littéralement : un jeune garçon. Salomon avait alors à peu près vingt ans.

Me conduire, en hébreu : aller et venir ; voir Nombres 27.17 ; 1 Samuel 18.13. Cette parole ne contredit pas celle de David 1 Rois 2.6-9 ; au contraire, car plus on est véritablement sage, plus on sent combien on manque encore de sagesse.

8 Et ton serviteur est au milieu de ton peuple que tu as choisi, ce grand peuple qui ne peut être évalué ni compté, tant il est nombreux.

Ton peuple que tu as choisi. C’est ce qui augmente la responsabilité de Salomon.

Tant il est nombreux. Le peuple devait compter alors environ six millions d’âmes ; comparez 2 Samuel 24.9.

9 Donne donc à ton serviteur un cœur attentif pour juger ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal ; car qui pourrait juger ton peuple, ce peuple si nombreux ?

Attentif, littéralement : écoutant, c’est-à -dire, la voix de Dieu, les conseils de l’expérience et les raisons contradictoires alléguées par les parties adverses ; comparez Jacques 1.19 : Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler.

10 Et le Seigneur trouva bon que Salomon lui eût fait cette demande.

Comparez, Jacques 1.5 : Si quelqu’un manque de sagesse…

11 Et Dieu lui dit : Parce que tu m’as fait cette demande, et que tu n’as pas demandé pour toi de longs jours, et que tu n’as pas demandé pour toi des richesses, et que tu n’as pas demandé la mort de tes ennemis, mais que tu as demandé pour toi du discernement pour exercer la justice,

Pour exercer la justice, littéralement : pour entendre la justice (voir verset 9, note) ; comparez Matthieu 6.33 : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes les autres choses vous seront données par surcroît.

12 voici, je fais selon ta parole : voici, je te donne un cœur sage et intelligent, ensorte qu’il n’y ait personne comme toi avant toi, et qu’après toi il ne s’élèvera personne comme toi.

Je te donne. Salomon était doué par nature d’une vive intelligence et d’une grande maturité de caractère (1 Rois 2.6, 1 Rois 2.9), Dieu ajoute maintenant à ces qualités naturelles le don tout nouveau d’une lumière supérieure : À celui qui a, on donnera davantage.

Personne comme toi. Salomon est considéré aujourd’hui encore en Orient comme le sage par excellence qui n’a jamais été égalé.

13 Et même ce que tu n’as pas demandé, je te le donne : et les richesses et la gloire, ensorte que parmi les rois il n’y aura personne comme toi pendant toute ta vie.

Pendant toute ta vie : sans que cette glorieuse prospérité te soit retirée jusqu’à ta mort.

14 Et si tu marches dans mes voies, en gardant mes statuts et mes ordonnances, comme a marché David ton père, je prolongerai tes jours.

Salomon ne dépassa pas l’âge de soixante ans environ ; la condition posée par Dieu n’avait pas été remplie.

Si tu marches dans mes voies. Dieu réitère plusieurs fois cet avertissement (1 Rois 6.11 ; 1 Rois 9.2-9).

15 Et Salomon s’éveilla, et voilà c’était un songe ! Et il vint à Jérusalem, et se présenta devant l’arche de l’alliance de l’Éternel ; et il offrit des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces, et il donna un festin à tous ses serviteurs.

Voilà , c’était un songe ! Cette scène avait été si vivante dans l’esprit de Salomon, qu’à son réveil il constate avec étonnement que c’était un songe, ce qui n’empêche pas que ce ne fût une révélation de Dieu.

Se présenta devant l’arche, qui était à Jérusalem dans la cité de David, séparée du Tabernacle (2 Samuel 12.16).

Et il offrit : une nouvelle fête, d’actions de grâces cette fois (holocaustes, sacrifices de reconnaissance).

16 Alors vinrent vers le roi deux femmes de mauvaise vie et elles se tinrent devant lui.
16 à 28 Le jugement de Salomon

Scène de tribunal tout orientale, rapportée en preuve de l’exaucement de la prière de Salomon.

17 Et l’une de ces femmes dit : Je te prie, mon seigneur ; moi et cette femme nous demeurions dans la même maison, et j’accouchai étant avec elle dans la même maison. 18 Et il arriva, trois jours après, que cette femme accoucha aussi ; et nous étions ensemble, aucune personne étrangère n’était avec nous dans la maison ; il n’y avait que nous deux dans la maison.

Il n’y avait que nous deux. Ce fait prouvait bien que la chose ne pouvait s’être passée autrement qu’elle ne le raconte.

19 Et le fils de cette femme mourut pendant la nuit, parce qu’elle s’était couchée sur lui.

Parce qu’elle s’était couchée sur lui. L’inspection de l’enfant mort a produit chez elle cette conviction.

20 Et elle se leva au milieu de la nuit et prit mon fils d’à côté de moi, tandis que ta servante dormait, et le coucha dans son sein ; et son fils, qui était mort, elle le coucha dans mon sein.

Était-ce la jalousie contre sa compagne qui la poussait à agir ainsi, ou un instinct maternel égaré ?

21 Et au matin, je me levai pour allaiter mon fils, et voici, il était mort ; et je le regardai attentivement le matin, et voici, ce n’était pas mon fils, que j’avais enfanté. 22 Et l’autre femme dit : Non, mon fils est celui qui vit, et ton fils est celui qui est mort. Et celle-là disait : Non, car ton fils est celui qui est mort, et mon fils est celui qui vit. Et elles se disputaient ainsi devant le roi.

Tableau plein de vie de cette scène de tribunal.

23 Et le roi dit : L’une dit : C’est mon fils qui est vivant et c’est ton fils qui est mort. Et l’autre dit : Non, c’est ton fils qui est mort et c’est mon fils qui est vivant. 24 Et le roi dit : Apportez-moi une épée. Et on apporta l’épée devant le roi.

Après le verset 23 la phrase reste suspendue ; il y eut sans doute un instant de silence. Le roi réfléchit. Puis tout à coup, obéissant à une inspiration subite, il donne l’ordre au moyen duquel les sentiments cachés des deux femmes et, par conséquent, le vrai état des choses viendront au jour.

25 Et le roi dit: Partagez en deux l’enfant qui vit, et donnez-en la moitié à l’une et la moitié à l’autre. 26 Et la femme dont le fils était vivant dit au roi, car son cœur se serrait pour son fils : Je t’en prie, mon seigneur, donnez-lui l’enfant qui vit et qu’on ne le tue pas ! Et l’autre disait : il ne sera ni à moi, ni à toi ; partagez ! 27 Et le roi répondit et dit : Donnez à celle-là l’enfant qui vit et qu’on ne le tue pas. C’est elle qui est la mère. 28 Et tout Israël entendit parler du jugement prononcé par le roi, et on craignit le roi, car on vit qu’il y avait en lui une sagesse divine pour rendre la justice.

Craignit le roi : la frayeur salutaire qu’inspire à un peuple la certitude du règne de la justice.