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1 Rois 17
Bible Annotée (interlinéaire)

Plan du commentaire biblique de 1 Rois 17

Élie devant Achab, au torrent de Kérith et à Sarepta

1 Et Élie le Thisbite, d’entre les habitants de Galaad, dit à Achab : L’Éternel, le Dieu d’Israël, devant qui je me tiens, est vivant, qu’il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sinon à ma parole.

L’intervention d’Élie. Cette entrée en scène a un caractère subit. C’est comme un éclair tombant du ciel. L’absence de la formule ordinaire : La parole de l’Éternel fut adressée à …, semble en faire une explosion d’indignation de la part du prophète, plutôt que le résultat d’une révélation et d’un ordre de l’Éternel ; comparez aussi Jacques 5.17-18. Il se sentait un de volonté et de sentiment avec son Dieu. Des menaces telles que Lévitique 26.19 ; Deutéronome 11.17 ; Deutéronome 28.23, avaient pu suggérer à Élie l’idée du fléau dont Israël méritait d’être frappé et qui devait lui prouver que Baal n’était pas le vrai maître de la nature. Une fois ayant conçu cette idée, il la soumet à son Dieu, et, assuré de son approbation et de l’exaucement de sa prière (Jacques 5.17), il sort de sa retraite et paraît devant le roi. Josèphe rapporte que, dans le temps du roi Ithobal, il y eut en Phénicie une sécheresse d’une année.

Élie : Mon Dieu est Jéhova ! Le nom de son père n’est pas indiqué ; toute son apparition a quelque chose de mystérieux.

Le Thisbite : originaire de Thisbé, localité de la Haute-Galilée, d’après Tobie 1.2, passage qui place Thisbé à droite de Ky-dios, probablement Kadès.

D’entre les habitants de Galaad. Cette expression paraît signifier qu’Élie avait émigré avec d’autres Israélites dans le pays de Galaad, à l’est du Jourdain et qu’il y vivait en étranger. La traduction d’Ostervald : L’un de ceux qui s’étaient habitués à Galaad, s’explique par le fait que le mot hébreu thoschav peut se rendre par habitant ou par habitué.

Le Dieu d’Israël ; à côté duquel Baal n’est qu’un intrus.

Devant qui je me tiens, comme l’un de ses messagers, prêt à recevoir et à exécuter ses ordres (Ésaïe 6.2).

Ces années-ci. Durée indéterminée. C’était la repentance du peuple qui devait déterminer la durée de l’épreuve.

Sinon à ma parole. C’est peut-être là la raison pour laquelle Achab le chercha plus tard si soigneusement. Le fait lui avait appris que la parole d’Élie était une puissance réelle (1 Rois 18.10). Cette parole renferme un défi hardi jeté aux prophètes de Baal. Qu’on compare, dit Calmet, tout ce que le paganisme a pu inventer de plus prodigieux, avec ce trait de l’activité prophétique ! Achab, sous le coup de cette menace, ne songe pas à arrêter Élie.

2 Et la parole de l’Éternel lui fut adressée, disant :

2 à 7

Retraite d’Élie.

Élie devait être soustrait à la mort qui l’attendait aussi bien que les autres prophètes (1 Rois 19.14).

3 Va-t’en d’ici et tourne-toi vers l’orient, et cache-toi au torrent de Kérith, qui est à l’orient du Jourdain.

Vers l’orient, de Samarie.

Kérith, qui est à l’orient du Jourdain. Si cette traduction est exacte, comme nous le pensons, il faut abandonner l’opinion, fort répandue depuis Robinson, que le Kérith est le Wadi Kelt, à l’occident du Jourdain, dans le voisinage de Jéricho. Le Kérith est vraisemblablement le Wadi Adschlun, à l’est du Jourdain, qui est fort encaissé et qui répond bien au sens étymologique du nom de Kérith, qui vient de karath, couper.

4 Et tu boiras de l’eau du torrent, et j’ai commandé aux corbeaux de te nourrir là.

Aux corbeaux. Quelques-uns ont voulu traduire le mot orabim par Arabes ou par marchands, ou par habitants d’Arabo, ville voisine de Beth-Séan, mais sans raison suffisante. Dieu se sert d’instruments propres à faire éclater sa puissance. En lui faisant une telle promesse, Dieu mettait la foi du prophète à une forte épreuve.

5 Et il s’en alla et fit selon la parole de l’Éternel : il s’en alla et demeura au torrent de Kérith qui est à l’orient du Jourdain. 6 Et les corbeaux lui apportaient du pain et de la chair le matin, et du pain et de la chair le soir, et il buvait du torrent. 7 Et au bout de quelque temps le torrent sécha, car il n’y avait pas de pluie au pays.

Au bout de quelque temps : indication vague. Les deux séjours de Kérith et de Sarepta réunis doivent avoir duré au moins deux ans (1 Rois 18.1).

8 Et la parole de l’Éternel lui fut adressée, disant :

8 à 24

Élie à Sarepta.

9 Lève-toi, va-t’en à Sarepta, qui appartient à Sidon, et demeure là ; voici, j’ai chargé là une femme veuve de te nourrir.

Sarepta, aujourd’hui Sarafend, ville située sur un promontoire entre Tyr et Sidon.

Qui appartient à Sidon : ainsi, située en dehors de la Palestine, où sa retraite eût été trop aisément connue du roi.

10 Et il se leva et s’en alla à Sarepta ; et il arriva à l’entrée de la ville, et voici [il y avait] là une veuve qui ramassait du bois ; et il lui cria et dit : Va me chercher, je te prie, un peu d’eau dans un vase afin que je boive.

Une veuve. Encore une épreuve pour la foi d’Élie, qui doit recevoir son entretien d’une femme dénuée elle-même de tout appui. Pour s’assurer que c’est bien là la femme chez laquelle Dieu l’envoie, le prophète la met à l’épreuve.

11 Et comme elle s’en allait en chercher, il lui cria et dit : Apporte-moi dans ta main, je te prie, un morceau de pain.

Reconnaissant sa docilité et l’esprit dont elle est animée, il la soumet à une épreuve plus grande encore.

12 Et elle dit : L’Éternel ton Dieu est vivant, que je n’ai pas un morceau de pain cuit, rien qu’une poignée de farine dans le pot et un peu d’huile dans la cruche ; et voici, je ramasse deux morceaux de bois, afin que je rentre et que je prépare cela pour moi et pour mon fils ; puis nous le mangerons et nous mourrons.

L’Éternel ton Dieu. Elle reconnaît que cet homme est un prophète et qu’il est hébreu et elle jure par le nom, connu d’elle, du Dieu des Hébreux. Habitant près de la frontière, elle avait entendu parler de Jéhova.

Pas un morceau. C’était le dernier moment pour lui demander ce sacrifice et en même temps venir à son secours.

De pain cuit. Le mot ainsi rendu (maôg, de la racine oug, être recourbé ou rond) désigne les gâteaux que l’on cuisait en appliquant la pâte contre les parois intérieures du four ; voir Genèse 18.6, où se trouve le terme ougga, qui est employé dans notre récit au verset 13. Sur ces fours, voir Lévitique 2.4, note.

Huile : en Orient, l’huile remplit le rôle du beurre chez nous.

13 Et Élie lui dit : Ne crains point ! Va, fais comme tu as dit ; seulement fais-m’en d’abord un petit gâteau et apporte-le-moi, et ensuite tu en prépareras pour toi et ton fils.

Encore un appel au renoncement.

14 Car ainsi a dit l’Éternel, le Dieu d’Israël : Le pot de farine ne s’épuisera pas et la cruche d’huile ne fera pas défaut jusqu’au jour où l’Éternel donnera de la pluie sur la face de la terre. 15 Et elle s’en alla et fit selon la parole d’Élie. Et ils mangèrent, lui et elle, et sa maison, pendant quelque temps. 16 Le pot de farine ne s’épuisa pas et la cruche d’huile ne fit pas défaut, selon la parole de l’Éternel, qu’il avait dite par Élie. 17 Et il arriva, après ces choses, que le fils de la femme, maîtresse de la maison, tomba malade, et sa maladie s’aggrava tellement qu’il ne resta plus de souffle en lui.

17 à 24 La résurrection de l’enfant

C’est ici le premier fait de ce genre qui ait eu lieu dans le monde : le souffle de vie venant réhabiter le corps qu’il avait abandonné.

18 Et elle dit à Élie : Qu’y a-t-il entre moi et toi, homme de Dieu ? Es-tu venu chez moi pour remettre en mémoire mon iniquité et faire mourir mon fils ?

Qu’y a-t-il…? (Juges 11.12 ; 2 Samuel 16.10). Pourquoi un homme comme toi est-il venu chez une personne comme moi ? Cela ne pouvait aboutir qu’à une catastrophe ! Tu étais trop saint pour entrer chez une pauvre païenne ; tu as avec toi un Dieu qui juge. Même sentiment que Pierre, Luc 5.8.

19 Et il lui dit : Donne-moi ton fils. Et il le prit sur son sein et le porta dans la chambre haute où il habitait et le coucha sur son lit. 20 Et il cria à l’Éternel et dit : Ô Éternel, mon Dieu, as-tu fait ce mal même à la veuve chez laquelle j’habite, de faire mourir son fils ?

Élie sent son œuvre auprès de cette femme compromise par celle mort. Voilà donc le salaire dont Dieu paierait celle qui a accueilli son serviteur !

21 Et il s’étendit sur l’enfant trois fois, et il cria à l’Éternel et dit : Éternel, mon Dieu ! Fais revenir, je te prie, l’âme de cet enfant au-dedans de lui.

S’étendit… trois fois… Cette espèce d’incubation a pour but de communiquer à l’enfant sa propre chaleur et son propre souffle de vie. Il faut se rappeler que la mort n’avait jusqu’alors jamais été vaincue. Pour la première fois, l’idée d’un pareil triomphe de la vie s’emparait de l’esprit d’un homme. Mais quel contraste entre cet effort violent et la manière calme et assurée du Prince de la vie ressuscitant Lazare ou le fils de la veuve de Naïn !

22 Et l’Éternel écouta la voix d’Élie, et l’âme de l’enfant revint au-dedans de lui, et il vécut. 23 Et Élie prit l’enfant et le rapporta de la chambre haute dans la maison et le donna à sa mère. Et Élie dit : Vois, ton fils vit. 24 Et la femme dit à Élie : Maintenant je reconnais que tu es un homme de Dieu et que la parole de l’Éternel qui est dans ta bouche est la vérité.

Que la parole de l’Éternel qui est dans ta bouche est la vérité. Cette expression ne peut s’appliquer uniquement à l’espèce de promesse implicitement renfermée dans ce mot : Donne-moi ton fils (verset 19) ; promesse qui aurait dû être plus expressément énoncée pour justifier le terme : la parole de l’Éternel. Elle ne peut donc désigner que les entretiens qu’Élie avait eus avec cette femme, sur Jéhova, sa grandeur, sa puissance et sa bonté, ainsi que sur le néant des idoles. Il semble que le miracle journalier de la reproduction de l’huile et de la farine aurait dû suffire à la convaincre ; mais la mort de son fils l’avait probablement ébranlée dans sa foi naissante et poussée à se demander si ce bienfait ne lui était pas venu par quelque autre voie qu’elle ne connaissait pas. Maintenant ce dernier bienfait miraculeux achève de lui prouver la vérité de la religion de Jéhova.