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Chapitre 4Chapitre 2 1 Or Moïse était berger des brebis de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian, et il conduisit le troupeau au-delà du désert et arriva à la montagne de Dieu, à Horeb. 2 Et l’ange de l’Éternel lui apparut en flamme de feu du milieu des buissons et Moïse s’aperçut que le buisson était en feu et que le buisson ne se consumait point. 3 Et Moïse dit : Je veux faire un détour pour voir ce grand phénomène, comment il se fait que le buisson ne brûle pas. 4 Et l’Éternel vit que Moïse s’était détourné pour regarder et Dieu l’appela du milieu des buissons et dit : Moïse, Moïse ! Et il dit : Me voici. 5 Et Dieu dit : N’approche point d’ici, ôte tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu es est une terre sainte. 6 Puis il dit : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Et Moïse cacha sa face parce qu’il craignait de regarder Dieu. 7 Et l’Éternel dit : J’ai fort bien vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte et j’ai entendu le cri que lui font pousser ses exacteurs, car je connais ses peines, 8 et je suis descendu pour l’arracher à la puissance de l’Égypte et pour le faire monter de ce pays-là dans une terre fertile et spacieuse, dans une terre découlant de lait et de miel, au lieu où se trouvent le Cananéen, le Héthien, l’Amorrhéen, le Phérézien, le Hévien et le Jébusien. 9 Et maintenant, voici, le cri des fils d’Israël est arrivé à moi et j’ai vu en effet l’oppression que les Égyptiens font peser sur eux. 10 Va donc maintenant : je t’envoie vers Pharaon, et fais sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. 11 Et Moïse dit à Dieu : Qui suis-je pour aller vers Pharaon et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ? 12 Et Dieu dit : C’est que je serai avec toi. Et ceci sera pour toi le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peuple hors d’Égypte, vous servirez Dieu sur cette montagne-ci. 13 Et Moïse dit à Dieu : Si je vais vers les fils d’Israël et que je leur dise : Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous, et qu’ils me disent : Quel est son nom ? Que leur dirai-je ? 14 Et Dieu dit à Moïse : Je suis Celui qui suis. Puis il dit : Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous. 15 Et Dieu dit encore à Moïse : Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : L’Éternel, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac et Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est là mon nom pour toujours, c’est là mon titre d’âge en âge. 16 Va, réunis les Anciens d’Israël et dis-leur : L’Éternel, Dieu de vos pères, m’est apparu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et il a dit : Je vous ai visités et j’ai vu ce qu’on vous fait en Égypte, 17 et j’ai résolu de vous tirer de l’affliction dont vous souffrez en Égypte pour vous faire monter dans le pays du Cananéen, du Héthien, de l’Amorrhéen, du Phérézien, du Hévien et du Jébusien, dans un pays découlant de lait et de miel. 18 Et ils écouteront ta voix et tu iras, toi et les Anciens d’Israël, vers le roi d’Égypte et vous lui direz : L’Éternel, Dieu des Hébreux, est venu à nous, et maintenant nous voudrions aller à trois journées de marche dans le désert pour offrir un sacrifice à l’Éternel notre Dieu. 19 Et moi je sais que le roi d’Égypte ne vous permettra pas d’aller, pas même si vous employiez la force. 20 Mais j’étendrai ma main et je frapperai l’Égypte par tous mes prodiges que je ferai au milieu d’elle. Après cela, il vous renverra. 21 Et je ferai trouver grâce à ce peuple aux yeux des Égyptiens, et il arrivera que, quand vous partirez, vous ne partirez point les mains vides. 22 Mais chaque femme demandera à sa voisine et à celle qui habitera chez elle des objets d’argent, des objets d’or et des habits, et vous les mettrez sur vos fils et sur vos filles, et ainsi vous emporterez les dépouilles de l’Égypte.

Note

note précédente (verset 13)

Commentaire biblique du verset 14

Je suis Celui qui suis. Le temps du texte hébreu n’est pas le présent, qui n’existe dans cette langue qu’au participe (étant, faisant). C’est le temps de l’action imparfaite, inachevée, c’est-à-dire qui continue : Je suis et serai. Ce qui fait que l’on a parfois traduit par le futur ; Je serai celui que je serai.

Mais l’existence actuelle est nécessairement renfermée dans ce temps du verbe, comme base de l’existence, future : Je suis (et serai) celui qui est (et sera). Dieu veut-il se désigner par là comme l’incompréhensible :
Je suis qui je suis, pour dire : Seul je me connais moi-même ? Ou comme l’être parfaitement libre : je serai tout ce qu’il me plaira d’être à chaque moment ?

Mais ce serait là un refus d’explication, et non la réponse que Moïse réclame en vue de la mission que Dieu lui confie. On pourrait plutôt voir dans ces mots l’idée de la fidélité divine : Je suis et reste ce que je suis, toujours fidèle à moi-même et à mes promesses. Mais la parole suivante : JE SUIS m’a envoyé vers vous, accentue uniquement l’idée d’être et détermine le sens de celle qui la précède.

Le vrai sens ne peut donc être que celui-ci : Je suis celui qui existe par nature, qui ne tient son existence d’aucun autre, qui est l’existence même. C’est l’idée de l’indépendance absolue, en vertu de laquelle Dieu n’est déterminé par quoi que ce soit hors de lui, et tout ce qui est, au contraire, n’existe que par un acte de sa volonté, ne possède l’existence que comme son don et dépend absolument de lui.

L’application de cette idée à la situation présente est manifeste. Cette Parole renferme la garantie de sa victoire sur Pharaon, ses dieux, ses enchanteurs, ses armées, bien plus, de son triomphe futur sur toutes les puissances, terrestres et supérieures, qui pourront s’opposer à lui et à son peuple. C’est la déclaration de guerre à outrance à tout polythéisme et à toute exaltation de la créature. C’est le fondement de l’histoire qui va commencer, celle de l’établissement du règne de Dieu sur la terre.

On a cru trouver dans un passage du Livre des morts une parole semblable à cette déclaration divine dans l’Exode. Mais il y avait là une erreur de traduction manifeste (édition Naville).

JE SUIS m’a envoyé. Ce nom : JE SUIS, préparé par l’explication précédente, est la réponse précise à la question : Quel est son nom ? Ce nom est en réalité celui de Jahvé (que nous prononçons Jéhova, d’après une tournure employée chez les Hébreux pour éviter de prononcer et de profaner le nom sacré). Seulement Jahvé est la troisième personne : Il est : c’est ainsi que l’homme parle de Dieu ; tandis que Dieu dit ici : Ehjé, Je suis, à la première personne, parce que c’est lui qui parle de lui-même.

Ce nom de Jahvé est paraphrasé par l’Apocalypse (Apocalypse 1.4) en ces mots : Celui qui est, qui était et qui vient ; qui est : qui possède l’être dans sa plénitude et qui le communique à tout ce qui est ; qui était : qui l’a possédé au commencement et qui s’est déjà manifesté précédemment (Dieu des pères) ; qui vient : qui continuera à se manifester de plus en plus complètement (le sens futur de ehjé).

note suivante (verset 15)

Commentaire biblique de Exode 3.14