Appuyez sur Entrée pour rechercher ou ESC pour annuler.

Psaumes 63
Bible Annotée (double colonne)

Traduction

1 Psaume de David. Lorsqu’il était dans le désert de Juda.
2 Ô Dieu ! Tu es mon Dieu, je te cherche au point du jour ; Mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi, Dans cette terre aride, desséchée, sans eau.
3 Pour voir ta force et ta gloire, Ainsi que je t’ai contemplé dans le sanctuaire ;
4 Car ta grâce est meilleure que la vie ; Mes lèvres te loueront !
5 C’est ainsi que je te bénirai durant ma vie, J’élèverai mes mains en ton nom.
6 Mon âme est rassasiée comme de moelle et de graisse, Et, la jubilation sur les lèvres, ma bouche te célèbre,
7 Lorsqu’il me souvient de toi sur ma couche, Je médite sur toi pendant les veilles de la nuit ;
8 Car tu as été mon secours, Et je suis dans l’allégresse à l’ombre de tes ailes.
9 Mon âme s’est attachée à toi, pour te suivre, Ta droite me soutient.
10 Mais ceux-là se perdent, qui cherchent ma vie. Ils s’en iront dans les profondeurs de la terre ;
11 Ils seront livrés au tranchant de l’épée, Ils seront la proie des chacals.
12 Et le roi se réjouira en Dieu. Quiconque jure par lui se glorifiera, Car la bouche des menteurs sera fermée.




Commentaire biblique

Plan du commentaire bilique de Psaumes 63

Ta grâce est meilleure que la vie

L’ardent désir de la présence de Dieu, exprimé dans ce cantique, rappelle les Psaumes 42 et 61. Seulement ici le soupir de l’âme s’est à peine fait entendre qu’il est déjà exaucé ; la joie provenant de la communion avec Dieu remplit l’âme du psalmiste et lui inspire des paroles qui se gravent d’elles-mêmes pour toujours dans le cœur du lecteur. Cette même joie en Dieu, au sein du danger, fut, d’après les Psaumes 3 et 4, la disposition d’esprit de David, au lendemain de la révolte d’Absalom. Nous pensons que notre psaume fut composé à la même époque. S’il en est ainsi, il faut voir dans le désert de Juda, mentionné par la suscription, la contrée aride où se retira le roi, avant de traverser le Jourdain (2 Samuel 15.28).

Le corps du cantique, consacré tout entier à l’expression de cette joie (versets 5 à 9), est précédé d’une introduction et suivi d’une conclusion, de trois versets chacune (versets 2 à 4 et 10 à 12).

Verset 2

2 à 4 Mon âme a soif de Dieu !

Terre desséchée. Le mot hébreu aïeph, employé ici, désigne, dans le récit 2 Samuel 16.14, soit l’épuisement de la troupe de David, soit la localité fort aride où les fugitifs reprirent haleine (voir la note de ce passage). Il se peut qu’il y ait ici allusion à cette halte. La vue de cette contrée desséchée aggrave l’impression de lassitude qui accable les fugitifs. Mais, dans cet épuisement, c’est vers Dieu que se porte le soupir de David ; c’est d’une communication de sa grâce qu’a besoin, non seulement son esprit mais son corps (ma chair).

Verset 4

Car ta grâce est meilleure… La vie représente ici, comme le fait observer Calvin, tout ce qui, aux yeux des hommes, constitue une existence heureuse : santé, sécurité, richesse. Si les fidèles, privés de tout cela sont exposés à la disette, à la faim, à la soif, à toutes sortes de souffrances, un bien leur reste, qui suffit à leur félicité et sans lequel la prospérité même ne saurait rendre heureux, c’est la grâce divine. Comparez Psaumes 36.8-10 ; 2 Corinthiens 12.9.

Verset 5

5 à 9 Joie en Dieu

J’élèverai mes mains, dans l’attitude de la prière et de l’adoration ; voir Psaumes 28.2, note.

En ton nom : en invoquant ce nom et en m’appuyant sur toutes les promesses qu’il rappelle (Psaumes 20.2, note).

Verset 6

Mon âme est rassasiée… Le soupir du psalmiste s’est déjà transformé en action de grâces (verset 5), et la louange, à son tour, fraie la voie aux communications de l’amour de Dieu, de telle sorte que les forces du croyant sont renouvelées comme par la nourriture la plus succulente, et cela en dépit des privations auxquelles est exposée, en plein désert, la troupe fugitive. Comparez Psaumes 4.7-8 ; Jean 4.32.

Verset 7

Je médite… Quand l’idée de Dieu se présente, dans le silence de la nuit, à l’esprit du psalmiste, elle ne disparaît pas aussitôt, mais elle devient pour lui le sujet de méditations prolongées.

Pendant les veilles. Les anciens Hébreux divisaient la nuit en trois veilles, de quatre heures chacune (Lamentations 2.19, note).

Verset 8

Tu as été mon secours. La merveilleuse protection qui a reposé sur David, pendant, la première nuit de sa fuite (Psaumes 3), éveille dans son cœur le souvenir de toutes les délivrances passées.

À l’ombre de tes ailes. Comparez Psaumes 57.2 ; Matthieu 23.37.

Verset 9

Pour te suivre : dans un sentiment d’obéissance, en même temps que dans le besoin pressant du secours divin. C’est dans cette disposition-là que l’on est assuré d’être soutenu par la puissance (la droite) de Dieu.

Verset 10

10 à 12 L’issue de l’épreuve

Ceux-là se perdent… littéralement : Eux, pour la ruine, cherchent ma vie. Cette ruine peut être celle de David (ils cherchent ma vie pour la perdre) ou celle de ses ennemis. Ce qui nous décide pour ce second sens, c’est le fait que la pensée dominante de cette strophe finale est celle de la destruction prochaine des ennemis du psalmiste, en opposition à la sécurité que lui-même trouve auprès de Dieu.

Ils s’en iront… Ce n’est pas un souhait, mais une prévision. La certitude que possède le psalmiste d’avoir Dieu pour protecteur a pour corollaire celle que ses ennemis, ayant Dieu contre eux, ne peuvent que périr.

Dans les profondeurs de la terre : dans le Schéol (voir Psaumes 6.6, note).

Verset 11

Tranchant de l’épée…, proie des chacals. C’était là le sort auquel David et ses fidèles semblaient voués dans ce désert peuplé de bêtes fauves ; mais cette fin, loin d’être la leur, sera celle de leurs ennemis, ce qui fut en effet le cas (2 Samuel 18.7-8).

Verset 12

Le roi : momentanément dépossédé de son pouvoir, mais qui n’en est pas moins roi.

Quiconque jure par lui. Nous pensons avec la plupart des interprètes que le pronom lui se rapporte au mot Elohim (Dieu), qui précède, et non au roi. Nous n’avons pas d’exemple, dans l’Ancien Testament, qu’Israël jurât par son roi. David suppose que quiconque est fidèle au Dieu d’Israël reste aussi fidèle au roi légitime et aura lieu de se glorifier d’avoir pris parti pour lui, tandis que ceux qui cherchent, à force de mensonges, à s’emparer du royaume auront la bouche fermée. Sur l’expression : jurer par le nom de Dieu, synonyme de servir Dieu, voir Deutéronome 6.13, note.