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Timothée
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal

Timothée (1)

Général d’une armée du roi Antiochus Épiphane, avec Bacchide, autre général du même prince, fut vaincu deux fois par Judas Machabée. La première, en l’an du monde 3840, peu de temps après la purification et la nouvelle dédicace du temple, Judas lui ayant tué plus de vingt mille hommes (2 Machabées 13.30), et ayant pris sur lui un grand butin. Il le battit encore la même année au delà du Jourdain (1 Machabées 5.6-7), lui livra plusieurs combats où Timothée eut toujours du désavantage. Il fut tué peu de temps après (2 Machabées 10.37) avec Chéréas, son frère, à Gazara, où il s’était enfui après la perte d’une grande bataille où Judas lui avait tué vingt mille six cents hommes et six cents chevaux.

Timothée (2)

Général des troupes du roi Antiochus Épiphane, et gouverneur des pays de delà le Jourdain, fort différent de Timothée dont on vient de parler. Il assembla une puissante armée au delà du Jourdain (1 Machabées 5.11-12 2 Machabées 12.20-21) en l’an 3844 ; mais il fut vaincu par Judas Machabée, et par Jonathas, son frère. Dès que les gens de Timothée eurent aperçu la première troupe de l’armée des Juifs, ils lâchèrent le pied et s’enfuirent. Judas en tua ce jour-là huit mille. Timothée s’était retiré dans un autre lieu, et avait encore six vingt mille hommes de pied, et deux mille cinq cents chevaux. Judas le suivit, n’ayant que six mille hommes avec lui. Dès qu’il parut ; l’armée de Timothée fut saisie de frayeur, et prit la fuite. Judas la poursuivit, et en tua trente mille. Timothée étant tombé entre les mains de Dosithée et de Sosipâtre, les conjura avec instance de lui sauver la vie, promettant de rendre la liberté à plusieurs Juifs qu’il tenait captifs ; et leur ayant donné sa parole qu’il leur rendrait les prisonniers, ils le laissèrent aller sans lui faire aucun mal. Depuis ce temps, nous ne savons ce qu’il devint. Voyez le détail de ces guerres dans le second livre des Machabées (2 Machabées 22.1-2-26 1 Machabées 5.11-44). Tout cela arriva l’an du monde 3844, avant Jésus-Christ 159, ayant l’ère vulgaire 163.

Timothée (3)

Disciple de saint Paul, était de Derbes, ou plutôt de Lystres, toutes deux villes de Lycaonie (Actes 16.1 ; 14.6). Son père était gentil ; mais sa mère était Juive. Elle s’appelait Eunice, et son aïeule avait nom Loïde. On les remarque à cause que saint Paul loue leur piété et la bonne éducation qu’elles avaient donnée à saint Timothée (2 Timothée 1.5 ; 3.15). Lorsque saint Paul vint à Derbes et à Lystres, vers l’an de Jésus-Christ 51 ou 52, les frères rendirent un téinoignage très-avantageux au mérite de Timothée, et l’apôtre voulut qu’il le suivit ; et il le circoncit à Lystres, avant que de le prendre en sa compagnie (Actes 16.3g). Timothée se mit à travailler avec lui pour l’Évangile, et il lui rendit de très importants services dans tout le cours de sa prédication. On ne sait quand il fut fait évêque ; mais on croit qu’il reçut de très-bonne heure l’imposition des mains de l’apôtre même, et cela en suite d’un prophétie et un ordre particulier du Saint Esprit (1 Timothée 4.14 ; 2 Timothée 1.6). Saint Paul l’appelle nun-seulemer son très-cher fils, mais aussi son frère, et compagnon de ses travaux, un homme de Dieu. Il assurait qu’il n’y avait personne qui fût plus uni avec lui d’esprit et de cÅ“ur que Timothée.

Ce saint disciple accompagna saint Pau en Macédoine, à Philippes, à Thessalonique à Bérée (Actes 17.14-16) ; et l’apôtre ayant quitté Bérée y laissa Timothée et Silas pour y fortifie les fidèles. Mais arrivé à Athènes, il manda à Timothée de l’y venir trouver. Lorsqu’il y fut venu, et qu’il lui eut rendu compte de l’état des Églises de Macédoine, saint Pau le renvoya à Thessalonique, d’où il revint ensuite avec Silas, le trouver à Corinthe (Actes 16.15) Il y demeura avec lui ; et l’apôtre le nomim avec Silas, à la tête des deux Épîtres qu’il écrivit eu ce temps-là aux Thessaloniciens.

Quelques années après, saint Paul envoya en Macédoine Timothée et Eraste (Actes 19.21-22), et donna aussi ordre à Timothée d’aller à Corinthe (1 Corinthiens 4.17) pour entretenir dans l’esprit des Corinthiens les vérités qu’il leur avait apprises ; et quelque temps après, écrivant aux mêmes Corinthiens (1 Corinthiens 16.10-11), il leur recommande d’avoir soin que Timothée soit chez eux en assurance, et de le reconduire en paix. Après cela Timothée retourna en Asie trouver saint Paul, qui l’attendait. Ils passèrent ensemble en Macédoine, et l’apôtre met le nom de Timothée avec le sien, a la tête de la seconde Epltre aux Corinthiens, qu’il leur écrivit de Macédoine vers le milieu de l’an 57 de Jésus-Christ, et il fait ses recommandations aux Romains (Romains 16.21) dans la lettre qu’il leur envoya de Corinthe la même année.

Quoiqu’on ne voie pas par les Actes que Timothée ait été avec saint Paul pendant les deux années qu’il fut prisonnier à Césarée, ni durant tout son voyage de Rome, toutefois, comme Timothée avait fait avec lui le voyage de Jérusalem (Actes 20.4), où il fut arrêté, il y a apparence qu’il le suivit à Césarée et à Rome, et il est certain qu’il était dans cette dernière ville, lorsque l’apôtre écrivit aux Philippiens, aux Colossiens et à Philémon, puisqu’il est nommé conjointement avec lui dans le titre de ces trois lettres écrites en 60, 61 et 62. Et l’année suivante, saint Paul écrivant aux Hébreux (Hébreux 13.23), leur dit que Timothée est sorti de prison ; mais il ne nous apprend aucune circonstance de l’emprisonnement ni de la délivrance de ce disciple.

Saint Paul, revenant de Rome en 64., laissa Timothée à Éphèse (1 Timothée 1.3-4 ; 2.1-8,9 ; 3.1-8 ; 5.17-20), pour avoir soin de cette Église, dont il a été le premier évêque, ainsi que le reconnaît le concile de Chalcédoine. Saint Paul lui écrivit de Macédoine la première des deux lettres qui lui sont adressées. Il lui recommande de modérer ses austérités et de boire un peu de vin à cause de la faiblessé de son estomac et de ses infirmités fréquentes (1 Timothée 5.23). Et lorsque l’Apôtre fut arrivé à Rome en l’an 65, et déjà fort près de sa mort, il lui adressa sa seconde lettre, qui est toute pleine des marques de sa tendresse pour ce cher disciple, et que l’on considère avec raison comme le testament de saint Paul. Il le prie de le venir trouver à Rome avant l’hiver, et de lui apporter diverses choses qu’il avait laissées à Troade (2 Timothée 4.10-13). Si Timothée alla à Rome, comme il y a quelque apparence, il y fut témoin l’année 66 de Jésus-Christ du martyre de cet apôtre.

Il revint à Éphèse apparemment l’an 67 et continua de gouverner cette Église eu qualité d’évêque ; car saint Jean l’Évangéliste, qui y était dans le même temps, avait soin des Églises de toute l’Asie, par une autorité supérieure à celle des évêques. Les Actes de saint Timothée, dont Photius nous a conservé l’abrégé, portent que le 22 janvier (de l’an 97) les païens d’Éphèse faisant une grande fête, dans laquelle ils portaient les images de leurs dieux, étant masqués et armés de grosses massues, saint Timothée se jeta au milieu d’eux, pour empêcher cette superstition ; mais ils le tuèrent à coups de pierres et de massues. Ses disciples l’ayant retiré de là, le portèrent sur une montagne voisine de la ville, où il fut enterré. Les Grecs, Usuard et quelques autres Latins marquent sa fête le même jour 22 de janvier ; mais Bède, Raban, Aden et les autres la mettent au 24 du même mois. Les anciens martyrologes qui portent le nom de saint Jérôme en font mémoire le 27 de septembre.

S’il n’est mort qu’en l’an 97, on ne peut guère douter qu’il ne soit l’ange de l’Église d’Éphèse à qui saint Jean écrit dans l’Apocalypse (Apocalypse 2.1-3), quoique les reproches que lui fait le Saint-Esprit d’avoir abandonné sa première charité ne paraissent pas convenir à un aussi saint homme que Timothée. Voici ce qu’il lui dit : Je sais quelles sont vos Å“uvres, votre travail et votre patience ; que vous ne pouvez souffrir les méchants, et qu’ayant éprouvé ceux qui se disent apôtres et ne le sont point, vous les avez trouvés menteurs ; que vous êtes patient, que vous avez souffert pour mon nom, et que vous ne vous êtes point découragé. Mais j’ai un reproche à vous faire, qui est que vous vous êtes relâché de votre première charité. Souvenez-vous donc de l’état d’où vous êtes déchu, et faites-en pénitence ; sinon je viendrai à vous et j’ôterai votre chandelier de sa place. La plupart des interprètes croient que ces reproches regardent moins la personne de saint Timothée que celle de quelque membre de son Église, dont la ferveur s’était ralentie : mals d’autres sont persuadés qu’on peut les attribuer même à saint Timothée, lequel sut bien réparer par le martyre qu’il souffrit le reproche que le Saint-Esprit lui fait en cet endroit. On ne doit pas croire que les saints soient impeccables, et que leur ferveur ne souffre jamais de diminution. On croit que Timothée eut pour successeur saint Onésime.

Tisri