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Inde
Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Augustin Calmet Westphal Bost

India. Le pays des Indes, ou de l’Inde, prend son nom du fleuve Indus, qui est un des plus grands fleuves de ce pays. Ses bornes sont au couchant, la Perse ; au nord, la grande Tartarie ; au levant la Chine ; et au midi, la mer de l’Inde l’Inde et le Gange sont ses principales rivières. Le terroir est très-fertile en riz, en millet, en fruits et en épiceries. La soie et le coton y sont fort communs : on y voit des éléphants, des chameaux, des singes, des perroquets verts et rouges. On y trouve des mines d’or, d’argent, de diamants, de rubis, etc., et on pêche de fort belles perles le long de ses côtes.

Les Orientaux divisent les Indes en deux parties, appelées Hend et Send. Le nom de Send [Sind] signifie proprement le fleuve Indus, et on donne le même nom au pays qui est en deçà à l’occident, et au delà à l’orient de ce fleuve, le long de son cours, et principalement vers son embouchure ; et le pays de Hend est à l’orient du même pays de Send, et s’étend principalement le long du Gange, à l’orient et à l’occident de ce fleuve, depuis sa source jusqu’à son embouchure, ayant à son couchant le golfe de Perse, au midi l’océan indien, à l’orient de grands déserts qui la séparent de la Chine, et au septentrion le pays des Azacs, ou Tartares. Tout le pays de Hend et de Send, pris ensemble, se divise en trois parties. La première s’appelle Giuzurat, que nous appelons Guzerate ou Decan ; c’est la partie la plus occidentale. La seconde porte le nom de Manibar, que nous appelons Malabar ; elle est à l’orient et au midi de Guzerate. La troisième partie et la plus orientale s’appelle Mabar, ou Mébar, mot qui signifie, en arabe, le trajet, ou passage, parce que de là on passe à la Chine. Elle est tout entière au delà du golfe de Bengale, et a pour capitale la grande cille de Canacor, ou Cancanor.

Les anciens ont quelquefois compris l’Éthiopie sous le nom d’Indes, et les Persans appellent encore aujourd’hui un Éthiopien un Indien noir. Et les histoires des Orientaux portent que les Indiens demandèrent des évêques à Simon le Syrien, patriarche jacobite d’Alexandrie l’océan Éthiopique des anciens est notre océan Indien.

Il est parlé des Indes en quelques endroits de l’Écriture. Par exemple, dans le livre d’Esther (Isaïe 1.1) il est dit qu’Assuérus régnait depuis les Indes jusqu’à l’Éthiopie ; l’hébreu, depuis Haddo jusqu’à Chus. Sous le nom d’Addo, tous les interprètes entendent les Indes, et sous le nom de Chus l’Éthiopie, ou bien le pays qui s’étend sur le bord oriental du golfe Arabique, que les anciens entendaient sous le nom d’Éthiopie orientale.

Il est certain que Darius, fils d’Hystaspe, que nous croyons être le même qu’Assuérus, régnait sur quelques provinces des Indes proprement dites, et que les Éthiopiens lui payaient certains tributs marqués dans Hérodote. Job parle aussi de l’Inde (Job 28.16). Mais l’hébreu lit : On ne le comparera pas au chetem d’Ophir. Or le chetem se prend pour l’or. Voyez Ophir. Dans le premier livre des Machabées (1 Machabées 6.37) le conducteur d’un éléphant est nommé Indien, parce que pour l’ordinaire on prenait de véritables Indiens pour conduire ces animaux l’Indien était assis sur le cou de la bête ; et, avec une verge de fer recourbée, il lui piquait l’oreille et le faisait tourner où il voulait. Les meilleurs auteurs de l’antiquité donnent aussi communément le nom d’Indien au maître d’un éléphant, de quelque nation qu’il soit [Le premier livre des Machabées parle plus loin (1 Machabées 8.8) de l’Inde. Ce texte porte que les Romains obligèrent Antiochus le Grand de leur donner le pays des Indiens. Là-dessus des commentateurs supposent qu’il faut lire ici le pays des Ioniens, et non pas des Indiens, parce qu’il ne paraît pas, disent-ils, que les Romains aient étendu leur pouvoir jusqu’aux Indes d’autres disent qu’il ne paraît pas que ni Antiochus, ni Eumène, à qui les Romains auraient donné ce pays, aient rien possédé dans les Indes ; mais qu’il suffit, pour la vérité de l’histoire, que Judas Machabée l’eût ouï dire et l’eût cru. Barbié du Bocage, parlant de la configuration de l’Inde, a occasion de s’expliquer sur ce texte du livre des Machabées. Voici ce qu’il dit : Outre la division adoptée et encore suivie par les modernes, il y en avait une autre fondée sur le cours de l’Indus. On partageait, relativement à ce fleuve, les Indiens en Indiens citérieurs à l’Ouest, et Indiens ultérieurs à l’E. Le pays des premiers forma l’Inde Persique ou Macédonienne : il avait effectivement fait partie des États assyriens et mèdes, et de la Perse, et il fut subjugué par Alexandre. C’est vraisemblablement de cette partie du pays des Indiens que parle le livre premier des Machabées (1 Machabées 8.8), car elle passa à Séleucus Nicanor, qui paraît lui-même avoir poussé ses conquêtes jusqu’à la ville de Palibothra sur le Gange. La domination des Séleucides sur l’Inde ne pouvait être que nominale : car, bien que ces princes la comptassent au nombre de leurs possessions, leur pouvoir y était nul ou à-peu-près, puisque le pays était occupé par plusieurs peuples indépendants d’eux, et soumis d’ailleurs à des princes différents. Si les connaissances des Grecs et des Romains sur l’Inde étaient bornées, à bien plus forte raison celles des Hébreux l’étaient-elles aussi].