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Job 24.5
Ostervald


1 Pourquoi n’y a-t-il pas des temps réservés par le Tout-Puissant ? Et pourquoi ceux qui le connaissent ne voient-ils pas ses jours ?
2 On remue les bornes ; on ravit les troupeaux, et on les fait paître ;
3 On emmène l’âne des orphelins, on prend pour gage le bœuf de la veuve ;
4 On fait écarter les pauvres du chemin, et les affligés du pays sont contraints de se cacher.
5 Voici, ils sont dans le désert comme des ânes sauvages ; ils sortent pour leur travail, espérant une proie ; la steppe leur donne le pain pour les enfants.
6 Ils moissonnent leur pâture dans les champs, ils maraudent dans la vigne de l’impie ;
7 Ils passent la nuit nus, faute de vêtement, et n’ont pas de quoi se couvrir contre le froid ;
8 Ils sont percés par la pluie des montagnes, et, manquant d’abri, ils embrassent le rocher.
9 On arrache l’orphelin à la mamelle, on prend des gages sur le pauvre,
10 On le force à marcher nu, sans vêtements, on fait porter les gerbes à des affamés.
11 Ceux qui pressent l’huile dans leurs maisons, ceux qui foulent dans leurs pressoirs, ont soif.
12 Du sein de la ville, les mourants se lamentent ; l’âme des blessés crie ; et Dieu ne prend pas garde à ces indignités !
13 En voici d’autres qui se révoltent contre la lumière, qui ne connaissent pas ses voies, et ne se tiennent pas dans ses sentiers.
14 Le meurtrier se lève au point du jour ; il tue le pauvre et l’indigent, et, de nuit, il dérobe comme un voleur.
15 L’œil de l’adultère épie le soir ; il dit : "Aucun œil ne me verra, " et il se voile le visage.
16 Ils forcent les maisons dans les ténèbres, ils se tiennent enfermés le jour, ils ne savent pas ce que c’est que la lumière.
17 Car le matin leur est à tous comme l’ombre de la mort ; si quelqu’un les reconnaît, ils ont des frayeurs mortelles.
18 Ils disparaissent comme un corps léger sur la surface de l’eau ; leur héritage est maudit sur la terre ; ils ne prennent plus le chemin des vignes.
19 La sécheresse et la chaleur consument les eaux de la neige ; ainsi le Sépulcre dévore ceux qui pèchent.
20 Le sein qui les porta les oublie ; les vers font d’eux bonne chère ; on ne se souvient plus d’eux ; l’injuste est brisé comme du bois.
21 Lui qui tourmentait la femme stérile, sans enfants, et ne faisait aucun bien à la veuve ;
22 Qui entraînait les puissants par sa force ; qui se levait et nul n’était sûr de sa vie :
23 Dieu lui donnait de la sécurité, et il s’y appuyait ; et ses yeux étaient sur leurs voies.
24 Ils s’étaient élevés : un peu de temps encore, ils ne sont plus ; ils s’affaissent, ils sont emportés comme les autres ; ils sont coupés comme une tête d’épi.
25 S’il n’en est pas ainsi, qui me convaincra de mensonge, et mettra à néant mon discours ?

Cette Bible est dans le domaine public.