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Gestes d'envoyés 27.37
André Chouraqui


Départ pour Rome

1 Quand il est jugé que nous embarquerions pour l’Italie, ils remettent Paulos et quelques autres captifs à un centurion de la cohorte Augusta, nommé Julius.
2 Nous embarquons sur un bateau d’Adramytion prêt à faire voile le long de la côte d’Asie. Nous gagnons le large, ayant avec nous Aristarchos, un Macédonien de Thessalonique.
3 Le lendemain, nous arrivons à Sidôn. Julius fait une faveur à Paulos : il lui permet d’aller chez ses amis pour recevoir leurs soins.
4 De là nous gagnons le large et naviguons sous Chypre : oui, les vents étaient contraires.
5 Nous traversons la mer de Cilicie et de Pamphylie, et nous débarquons à Myra de Lycie.
6 Le centurion trouve là un bateau d’Alexandrie qui va en Italie ; il nous y fait monter.
7 Le bateau avance lentement plusieurs jours ; à grand-peine nous arrivons devant Cnide. Le vent ne nous favorisant pas, nous passons sous la Crète, du côté de Salmôn.
8 Nous la côtoyons à grand-peine, et venons en un lieu appelé Bon-Ports, près duquel se trouve la ville de Lasaïa.
9 Beaucoup de temps passe et la saison des périls survient pour les navigateurs : oui, le jeûne était déjà passé. Paulos les avertit
10 et leur dit : « Hommes, je vois que le voyage sera périlleux. Il entraînera de grands dommages, non seulement au chargement et au bateau, mais aussi à nos personnes. »
11 Le centurion écoute le capitaine et le patron du bateau, plutôt que les dires de Paulos.
12 Le port n’était d’ailleurs pas bon pour l’hivernage. La plupart conseillent de partir de là, pour arriver si possible et passer l’hiver à Phoïnix, un port de Crète regardant vers le sud-ouest et le nord-ouest.

Tempête et naufrage

13 Le vent du sud souffle doucement ; ils croient que leur projet va réussir. Ils lèvent l’ancre et voguent en côtoyant le Crète.
14 Mais presque aussitôt un vent de typhon, appelé Euraquilon, se déchaîne sur l’île.
15 Il entraîne le bateau, qui ne peut tenir tête au vent. Nous sommes emportés et nous allons à la dérive.
16 Le bateau file sous une petite île appelée Cauda ; à grand-peine avons-nous assez de force pour nous rendre maîtres de la chaloupe.
17 Après l’avoir hissée, ils usent des moyens d’urgence et ceinturent le bateau. Ils frémissent de s’échouer sur la Syrte, et laissent tomber l’ancre flottante. Ils vont ainsi à la dérive.
18 Le lendemain, la tempête va et se déchaîne contre nous. Ils procèdent au délestage de la cargaison.
19 Le troisième jour, de leurs propres mains, ils jettent à la mer les agrès du bateau.
20 Ni le soleil ni les étoiles ne se montrent pendant plusieurs jours. La tempête n’est pas peu déchaînée ; tout espoir de nous sauver est perdu.
21 Après longtemps sans nourriture, Paulos se lève au milieu d’eux. Il leur dit : « Hommes, il fallait m’en croire, et ne pas gagner le large de la Crète. Alors ce péril et cette perte auraient été évités.
22 Maintenant je vous y engage : soyez forts, car aucune de vos vies ne sera perdue, mais seulement le bateau !
23 Oui, s’est présenté à moi, cette nuit, de l’Elohîms à qui je suis et que j’adore, un messager.
24 Il m’a dit : ‹ Ne frémis pas, Paulos ! Oui, en face de Caesar, tu dois comparaître. Et voici, Elohîms t’a donné par chérissement tous ceux qui voyagent en bateau avec toi. ›
25 Aussi, hommes, soyez forts ! Oui, j’adhère à Elohîms : il en sera selon ce qui m’a été dit.
26 Mais nous devons échouer sur une île. »
27 Et c’est la quatorzième nuit de notre dérive sur l’Adria. Au milieu de la nuit, les matelots pressentent l’approche d’une terre.
28 Ils lancent une sonde et trouvent vingt brasses. Ils s’écartent un peu plus loin, la lancent de nouveau et trouvent quinze brasses.
29 Ils frémissent : « Allons-nous échouer sur des récifs ? Ils lancent de la poupe quatre ancres dans la mer, et ils appellent de leurs vœux la venue du jour.
30 Comme les matelots cherchent à se sauver du bateau, ils descendent la chaloupe à la mer, sous prétexte d’aller élonger les ancres à la proue.
31 Paulos dit au centurion et aux soldats : « Si ceux-là ne restent pas dans le bateau, vous ne pourrez pas être sauvés. »
32 Alors les soldats tranchent les cordes de la chaloupe et la laissent tomber.
33 Avant que le jour vienne, Paulos les exhorte tous à prendre de la nourriture. Il dit : « C’est aujourd’hui le quatorzième jour que vous attendez sans manger, sans rien prendre.
34 Aussi je vous exhorte à prendre de la nourriture : oui, c’est pour votre salut. Car aucun d’entre vous ne perdra un cheveu de sa tête. »
35 Il dit ces paroles, prend le pain, remercie Elohîms en face de tous, le partage et commence à manger.
36 Le cœur de tous s’affermit. Eux aussi prennent de la nourriture.
37 Nous sommes en tout deux cent soixante-seize personnes dans le bateau.
38 Ils mangent à satiété ; puis ils allègent le bateau en jetant à la mer le blé.
39 Quand le jour paraît, ils ne reconnaissent pas la terre, mais ils observent un golfe avec une plage sablonneuse. Ils décident d’y faire, si possible, échouer le bateau.
40 Ils arrachent les ancres et les abandonnent à la mer. Ils relâchent aussi les attaches des gouvernails ; puis ils mettent au vent la voile d’artimon et cinglent vers le rivage.
41 Ils heurtent un banc entre deux courants et font échouer le bateau. La proue s’y engage et reste immobile, tandis que la poupe se détruit sous la violence des vagues.
42 Les soldats sont d’avis de tuer les captifs, de crainte que l’un d’entre eux ne s’enfuie à la nage.
43 Le centurion veut sauver Paulos ; il s’oppose à leur dessein. Il ordonne : « Que ceux qui peuvent nager se jettent à l’eau et gagnent la terre les premiers !
44 Que les autres les suivent sur les planches et sur les débris du bateau. » Et c’est ainsi. Tous se sauvent à terre.

Texte de la Version André Chouraqui
Copyright © Édition du Cerf